DAN AUERBACH

De re­tour de va­cances, l’homme des Black Keys a re­cru­té quelques cé­lèbres gâ­chettes pour son deuxième Dan.

Rock & Folk - - Sommaire 599 - Jo­na­than Witt

L’an­nonce d’un nou­vel al­bum so­lo de Dan Auerbach, huit longues an­nées après “Keep It Hid”, en a sur­pris plus d’un. Pour en sa­voir plus, ren­dez-vous nous est don­né dans un hô­tel pres­ti­gieux de la ca­pi­tale, toute vi­brante de re­mous élec­to­raux. Une porte dé­ro­bée, un es­ca­lier sombre, et nous voi­là dans une chambre confor­table, face au pâle vi­sage de Dan, vi­si­ble­ment ha­ras­sé par le dé­ca­lage ho­raire mais guille­ret à l’idée d’évo­quer ses der­niers pro­jets.

Ex­pé­rience trau­ma­ti­sante

Pour­tant, sa der­nière vi­site sous nos cieux ne s’était pas ache­vée de la fa­çon la plus se­reine, puisque notre homme don­nait un concert ac­com­pa­gné

de The Arcs le soir du fu­neste 13 no­vembre : “Je me sou­viens de tout, c’était sur­réa­liste. Le meilleur show de la tour­née, une foule gé­niale. Et puis quand on s’est re­trou­vés backs­tage, que des vi­sages dé­vas­tés... C’était tel­le­ment bi­zarre. On a en­suite ap­pris ce qui s’était pas­sé. Le bâ­ti­ment était bou­clé, les si­rènes hur­laient à l’ex­té­rieur. Deux heures ont pas­sé et puis on a sau­té dans notre bus dès que pos­sible. Nous avions le même pro­mo­teur que les Eagles Of Death Me­tal et, à l’ori­gine, c’était nous qui de­vions jouer au Ba­ta­clan... Il a in­ver­sé les deux, sans trop sa­voir pour­quoi.” Cette ex­pé­rience pour le moins trau­ma­ti­sante a sans doute in­ci­té Dan à prendre du re­cul : “Oui, le break que j’ai pris a pro­ba­ble­ment un lien avec ce drame. D’autre part, j’avais été sur la route pen­dant si long­temps, j’en avais vrai­ment be­soin. C’était la pre­mière fois de­puis des an­nées que je pou­vais me po­ser à la mai­son, prendre du bon temps.”

Libre en­fin de tra­vailler à sa guise dans son stu­dio de Na­sh­ville, le rou­quin en pro­fite pour se rap­pe­ler au sou­ve­nir de ses amis. Par­mi eux Dave Fer­gu­son, an­cien in­gé­nieur du son de Rick Ru­bin sur les der­niers opus de John­ny Cash : “C’est l’une des pre­mières per­sonnes que j’ai ren­con­trées à Na­sh­ville, mais on s’est vrai­ment liés l’an­née der­nière. A chaque fois qu’on sor­tait, il me pré­sen­tait des gens. Si je lui di­sais que j’avais be­soin d’un bat­teur, il me don­nait le nu­mé­ro de ceux qu’il connais­sait. Idem pour les bas­sistes... Il a gran­di à Na­sh­ville, dans ce mi­lieu. Tous les mu­si­ciens qui fi­gurent sur mon al­bum étaient d’ailleurs ha­bi­tués à tra­vailler avec Cow­boy Jack Clement. Mon stu­dio est tem­po­rai­re­ment de­ve­nu leur re­fuge.” Et c’est ain­si que Dan Auerbach s’est re­trou­vé à écrire ses chan­sons avec des icônes coun­try comme John Prine, Ro­ger Cook (“Long Co­ol Wo­man In A Black Dress” pour les Hol­lies) ou Lar­ry Rus­sell Brown (Fran­kie Val­li And The Four Sea­sons, Ri­chard And The Young Lions), et à les gra­ver avec des poin­tures lo­cales comme le pia­niste Bob­by Wood ou le bat­teur Gene Ch­ris­man, an­ciens ac­com­pa­gna­teurs d’El­vis Pres­ley. Au sein de ce pres­ti­gieux aréo­page, on trouve aus­si le lé­gen­daire Duane Ed­dy, soixante

dix-neuf ans : “Mal­gré leur âge, ces gars sont en­thou­siastes comme des ados, très créa­tifs et ont tou­jours une bonne vieille his­toire à ra­con­ter. Il faut aus­si sa­voir cap­tu­rer la ma­gie de l’ins­tant, car à chaque fois qu’ils jouent, ils font quelque chose de dif­fé­rent. Par exemple, Gene ne sait pas ce qu’il va faire avant de com­men­cer, il se lance et voi­là. En ce qui concerne Duane, j’ai pu exa­mi­ner son style et il est in­croya­ble­ment per­son­nel. Dès qu’il prend sa gui­tare, ça sonne comme du Duane Ed­dy. Il y a une sim­pli­ci­té chez lui qui touche à la per­fec­tion. Je ne pour­rai ja­mais en faire au­tant.”

“Tra­vailler avec Cow­boy Jack Clement”

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