Ar­cade Fire

“Eve­ry­thing Now”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock - JO­NA­THAN HUME

Un temps, Ar­cade Fire fut un groupe fé­dé­ra­teur. Grâce à un rock wor­king class gé­né­reux, à forte charge émo­tion­nelle, et à une dy­na­mique de troupe à l’éner­gie com­mu­ni­ca­tive, le groupe em­me­né par le cha­ris­ma­tique Win But­ler fai­sait presque l’una­ni­mi­té. Adou­bés par Da­vid Bo­wie, cé­lé­brés par la presse, Ar­cade Fire était l’es­poir d’un monde en pé­nu­rie de rock star. Mal­heu­reu­se­ment, le ba­teau com­mence bien vite à prendre l’eau. Le groupe tente d’al­ler là où ne l’at­tend pas avec une telle fer­veur qu’il se re­trouve exac­te­ment là où l’on pou­vait craindre de le voir al­ler : vers la fa­ci­li­té. “Eve­ry­thing Now” n’est pas une ca­tas­trophe, c’est une suite lo­gique et at­ten­due de “Re­flek­tor” : un al­bum de dance par­fois ins­pi­ré, sou­vent cris­pant, uni­la­té­ra­le­ment vain. Le vrai pro­blème de ce disque, et il est cru­cial, c’est le chant. Tant au ni­veau des pa­roles, d’une bê­tise par­fois gê­nante, que des mé­lo­dies presque in­exis­tantes, Win But­ler a per­du la fièvre qui en fai­sait un per­for­mer convain­cant, entre Bruce Spring­steen et Da­vid Byrne. Le ta­bleau n’est ce­la dit pas to­ta­le­ment noir. On note çà et là quelques belles idées d’ar­ran­ge­ments, de chouettes vi­rages in­at­ten­dus (ne me­nant sou­vent nulle part, mal­heu­reu­se­ment), des in­fluences élé­gantes (de Te­le­vi­sion aux Tal­king Heads en pas­sant par AB­BA) mais l’en­semble manque trop de corps et de coeur pour convaincre.

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