Bud­dy Guy

“The Blues Is Alive And Well”

Rock & Folk - - Disques Pop Rock -

SILVERTONE/SONY

Revenu de toutes les dé­faites et de toutes les conquêtes, Guy s’est po­sé sur le per­choir do­ré de Silvertone il y a presque 30 ans. Le gros de sa car­rière se concentre là, fi­na­le­ment. A in­ter­valles ré­gu­liers, il livre ces co­lis de plus en plus fu­nèbres, conte­nant tou­jours de bonnes choses, par­fois in­at­ten­dues. Dans ce­lui-ci, on trou­ve­ra bien une wah-wah plus fun­ky, un jump ta­chy­car­diaque, mais Guy campe sur­tout sur des blues lents et mé­lo­dieux ma­gni­fi­que­ment chan­tés, ar­ran­gés comme s’il n’y en au­rait plus ja­mais d’autres, quel­que­suns ber­cés par la brise de Muscle Shoals, et des blues-rock agres­sifs, un style dont il est un peu l’in­ven­teur. Fi­nies les piaille­ries ex­pres­sion­nistes des an­nées 80, fi­nis aus­si ces écor­chures de Stra­to plus sau­vages que belles. Chant et jeu, au­jourd’hui Guy s’épanche avec dé­cence, ne laisse dé­jan­ter sa gratte qu’en fin de chan­son. Les écho­tiers du rock au­ront leur content d’énu­ré­sies avec “Co­gnac” (les gui­tares de Guy, Jeff Beck et Keith Ri­chards), “You Did The Crime” (l’har­mo­ni­ca de Mick Jag­ger) et “Blue No More” (la voix de James Bay), mais les meilleurs mo­ments du disque sont ces mé­di­ta­tions an­gois­sées, “A Few Good Years”, “The Blues Is Alive And Well”, où Guy est in­éga­lable, et cette plon­gée vers les ra­cines qu’il en­tame six titres avant la fin, avec “Nine Be­low Ze­ro”, “Ooh Dad­dy” (le fa­meux jump), et qu’il ter­mine sur ce qui semble bien être une su­perbe chute de stu­dio de 0’57, Guy seul à la gui­tare : “Mil­king Mu­ther For Ya”. On au­rait tort de croire que les vieux lions sont la ri­sée des chiens. Guy a plus de 80 ans et chausse du 153. Il gagne une poin­ture à chaque nou­vel al­bum. CH­RIS­TIAN CASONI

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