SUR LA NEIGE

Skieur Magazine - - Test 2018 -

On pour­rait croire que le Scratch tra­verse les an­nées comme si de rien n’était, chan­geant juste de robe d’une sai­son à l’autre, pro­fi­tant de l’au­ra res­plen­dis­sante de ses pré­dé­ces­seurs pour de­meu­rer une ré­fé­rence du cru, mais force est de consta­ter que Ros­si­gnol tente de res­ter dans le "game" avec une dose de double ro­cker de­puis peu. Bull­shit tech­no­lo­gie ou pas, le ski de park du géant fran­çais reste un ca­dor de la piste, fa­cile à prendre en main, stable et ac­cro­cheur même s’il faut dé­sor­mais lui ren­trer dans le lard pour le voir don­ner le meilleur de lui-même, jus­qu’à une cer­taine li­mite tout de même où les plus forts peuvent le faire décrocher. En switch, la conduite se fait mais avec un peu moins d’ai­sance, no­tam­ment de par sa ri­gi­di­té en pa­tin. Mal­gré son poids plume et son shape mo­derne, le Scratch ne de­meure pour­tant pas au mieux de sa forme et manque de lu­disme, en par­tie du fait de son pa­tin un peu raide qui ne fa­ci­lite pas la ma­noeuvre et de­mande de la pra­tique et de la puis­sance. Par contre, on ne le ré­pè­te­ra ja­mais as­sez mais ce Scratch reste im­pé­rial sur ki­cker, avec du pop en sor­tie de mo­dule, une très bonne ma­nia­bi­li­té et tou­jours ce flex bien ri­gide qui ras­sure en ré­cep­tion. Bien évi­dem­ment, et mal­gré un pa­tin qui s’élar­git un peu cette an­née, ce Scratch ne pour­ra pas vous em­me­ner bien plus loin que la piste et le snow­park, mais à 550 eu­ros fixé avec une SPX 12, c’est une va­leur sûre pour ce­lui qui cherche un bon free­style évo­lu­tif.

SUR LA NEIGE

À l’ins­tar du 1080 res­té des an­nées au ca­ta­logue de la marque, le NFX at­taque sa qua­trième sai­son et n’est tou­jours pas prêt à faire de com­pro­mis : “No Fu­cking Ex­cuse” qu’il dit ! C’est donc une vé­ri­table bombe que l’on re­trouve dès les pre­mières courbes sur la neige bé­ton du ma­tin, un ski plu­tôt fa­cile à prendre en main mais qui montre vite de quel bois il se chauffe lorsque l’on met un peu de rythme. In­ci­sif et ner­veux, il taille sur carre sans bron­cher, ac­cé­lère de fo­lie mais né­ces­site d’avoir les cuisses pour faire face à son exi­gence et ne pas se faire sor­tir entre deux courbes. Même topo en switch où, si vous n’avez ni la force ni le men­tal, la pru­dence est de mise. Ce tem­pé­ra­ment de boeuf se fait bien évi­dem­ment res­sen­tir en shred où il faut avoir ob­te­nu votre Hen­rik Har­laut d’or men­tion très bien pour es­pé­rer en faire quelque chose tant il manque de lu­disme et ne fait pas dans la den­telle en ma­tière de flex mal­gré un poids conte­nu qui fa­ci­lite sa ma­nia­bi­li­té. Mais s'il y a bien un do­maine où le NFX nous a tou­jours ré­ga­lé, c’est la mise en or­bite sur grosse table. Do­té d’un pop sur­vi­ta­mi­né et d’une ma­nia­bi­li­té sans pa­reil, il est le com­pa­gnon idéal du fan de ki­ckers, et peu im­porte la taille du trem­plin : il reste stable, donne en­vie de tri­co­ter et de pro­gres­ser, tout en ras­su­rant en ré­cep­tion, même à l’ar­rache. Bref, un pur park qui a du mal à sor­tir de son do­maine, ré­ser­vé avant tout aux bons et très bons skieurs, qui pré­fèrent s’en­voyer en l’air plu­tôt que de faire les dan­seuses à même la neige...

SUR LA NEIGE

Dis­pa­ru de la ca­té­go­rie free­style de­puis 2015, l’an­née du dé­part de Tom Wal­lisch, Scott re­vient ti­mi­de­ment dans cette gamme avec le Punisher 95, un ski pour­tant in­di­qué comme all-moun­tain au ca­ta­logue, mais faut-il vrai­ment s'at­ta­cher aux éti­quettes ? En re­vanche, le ski nous a été li­vré mon­té en po­si­tion free­ride bien comme il faut, ce qui n'a pas fa­ci­li­té son uti­li­sa­tion pur free­style... Sur piste, le Punisher 95 est un adepte du crui­sing tran­quille, gomme par­fai­te­ment bien le ter­rain mais son ro­cker avant très long ne l’aide pas en sta­bi­li­té ou en ac­croche, sur­tout lorsque l’on dé­cide de mon­ter dans les tours : on passe tout proche de la cor­rec­tion­nelle. Vu la po­si­tion des fixa­tions, c’est un peu la croix et la ban­nière en marche ar­rière où l’ab­sorp­tion du ter­rain reste de mise mais pas la ma­nia­bi­li­té. Si le Punisher de­meure as­sez flou en conduite, il ne s’en sort pas trop mal lors­qu’il s’agit de shred­der à la cool, “top pour mou­fler en avril” di­ront même cer­tains, avec un flex sym­pa­thique dû au double ro­cker qui per­met de s’amu­ser sans for­cer même si son poids ne le rend pas ul­tra ma­niable. Le ki­cker n’est pas vrai­ment son do­maine de pré­di­lec­tion à moins d’avoir le tem­pé­ra­ment et les nerfs so­lides pour domp­ter ce fai­néant qui pré­fère s’en­voyer en l’air en de­hors des pistes plu­tôt que sur le bé­ton du park. Mal­gré son com­por­te­ment pa­taud et pas fran­che­ment per­for­mant, le Punisher pos­sède ce pe­tit cô­té sym­pa­thique du all-moun­tain à tout faire avec le snow­park comme op­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.