150 mau­vaises rai­sons de ne pas ai­mer le foot.

À la base, on vou­lait faire 150 bonnes rai­sons d’ai­mer le foot, mais on n’a pas trou­vé.

So Foot - - SOMMAIRE - PAR LA RÉ­DAC­TION

Parce qu’on a une tête à re­gar­der des clam­pins cou­rir après un bal­lon? Parce que les chaus­settes mon­tées, c’est beau­coup trop ka­waii. Parce que c’est un sport de pauvres. Parce que ça de­vient un sport de riches. Parce que le di­manche ma­tin, c’est Le Jour du

Sei­gneur. Ou de la grasse mat. Parce que c’est rien d’autre qu’une heure et de­mie de gens qui si­mulent, on di­rait Nym­pho­ma­niac de Lars von Trier. Parce qu’on a lu une bio­gra­phie de foot­bal­leur: c’est écrit avec les pieds. Parce que si on vou­lait vrai­ment voir des crêtes et des ta­touages se foutre sur la tronche, on or­ga­ni­se­rait des com­bats de co­qs. Parce que Sar­ko­zy aime bien. Parce qu’il nous a dé­goû­tés de Se­ven Na­tion Ar­my, des White Stripes. Parce que le lun­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment les courses de la se­maine. Parce qu’on en a dans la tête nous, mon­sieur. Parce que Pa­trice nous l’a prou­vé cette an­née: il n’y a ja­mais eu d’amour dans le pré. Parce que ça sert plus à rien de­puis que Lou­lou Ni­col­lin n’est plus là. Parce que ça a un goût de dé­jà-vu un peu rance, cette his­toire d’étoiles cou­sues sur la poi­trine… Parce que “vous avez vu com­bien ils ont ache­té le Bré­si­lien, là, Ney­mar? 800 mil­liards d’eu­ros! Alors que notre beau-fils, il se casse le dos à l’usine toute la jour­née, il a même pas droit aux APL!!!” Parce qu’on craint des dé­bor­de­ments. Parce que le mar­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment de la zum­ba. Parce qu’on pré­fé­re­rait qu’il s’ex­cite un peu moins pen­dant les pro­lon­ga­tions et nous ex­cite un peu plus pen­dant les pré­li­mi­naires. Parce que, com­ment dire, on n’a ja­mais vu trois “T” noirs dans Té­lé­ra­ma pour un match de foot. Parce que Fran­çois Hol­lande aime bien. Parce qu’on a du mal à croire que les jour­na­listes spor­tifs puissent avoir le droit à un abat­te­ment fis­cal pour dé­bla­té­rer des fu­ti­li­tés à lon­gueur d’an­née. Parce que l’offre de casques au­dio ne se li­mite pas à Beats by Dre. Parce qu’“il y a un mo­ment, il faut re­pla­cer les choses. On vit

sur une pla­nète, dans un monde. Il n’y a pas que le foot, tu vois!” Pa­trick Mon­tel. Parce qu’il ne nous a ja­mais ai­més, lui. Parce que Pas­cal Praud en parle. Parce qu’on a une hy­per­tro­phie car­diaque. Parce qu’on était bien par­ti pour faire car­rière mais on s’est ins­crit en BTS force de vente, et fran­che­ment, la né­go, c’est plus pas­sion­nant qu’un sché­ma tac­tique. Parce que la sur­con­som­ma­tion de gel fixant fa­vo­rise le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique. Parce que le mer­cre­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment ter­mi­ner ce Po­werPoint pour la réunion du len­de­main. Parce qu’on est Do­nald Trump, et pour pro­té­ger notre camp, on as­pire à des murs un peu plus so­lides. Parce que Zem­mour aime bien. Parce qu’on en est à notre sixième du­plex de la jour­née pour dire qu’il ne se passe tou­jours rien à Clai­re­fon­taine. Parce qu’on est so­cha­lien(ne). Parce qu’on est un gros snob, voi­là pour­quoi. Parce qu’on nous a of­fert le troi­sième maillot des Gi­ron­dins de Bor­deaux. Parce qu’on est joueur du Stade Ren­nais. Parce qu’au moins à la guerre, on les bat les Al­le­mands. Parce que “le rug­by, c’est quand même meilleur

es­prit”. Parce que si on en re­garde trop, on risque d’avoir le même re­gard que Jacques San­ti­ni. Parce que Pierre Mé­nès le com­mente. Parce que Mark van Bom­mel est au mar­quage sur nous. Parce que le jeu­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment al­ler à cet af­ter­work. Parce que le short nous fait de grosses cuisses. Parce qu’on est par­ti dans le zig et qu’on nous l’a mise dans le zag. Parce que dans “sup­por­ter”, il y a “sup­po”. Parce que Alexandre Ruiz le pré­sente. Parce que Ma­cron aime bien. Parce que vous par­lez de cette ac­ti­vi­té qui re­tarde la sor­tie du pre­mier es­sai d’Ha­tem Ben Ar­fa? Parce que le film du di­manche soir sur TF1. Parce qu’on est en­core amou­reux. Parce que Mon­sieur Foote nous ar­bitre. Parce que le Stade de France ne res­semble ni à un stade, ni à la France. Parce qu’on ha­bite Mo­na­co. Parce qu’on n’a ja­mais com­pris ce que di­sait Luis Fernandez. Parce qu’on est sor­ti avec un joueur de foot. Parce que c’est le bor­del Porte de Saint-Cloud à chaque match du PSG à do­mi­cile. Parce qu’on ne re­garde que les sports où les Fran­çais gagnent. Parce que notre en­traî­neur en moins de 13 ans était tel­le­ment proche de ses joueurs qu’il a pris huit ans de ca­bane. Parce qu’on a tou­jours cru que ce ma­tin, c’était un Pa­pin qui avait tué un chas­seur. Parce qu’on est cul-de-jatte. Parce que Ram­zan Ka­dy­rov y joue. Parce qu’on “au­rait dû si­gner au Mi­lan, avant de se

faire les croi­sés.” Parce que quitte à voir des couillons ne rien faire de leur vie et en­chaî­ner les fautes de fran­çais en in­ter­view d’après-match, au­tant re­gar­der Les Anges ou Les Mar­seillais. Parce que le short nous fait un gros cul. Parce que Xa­vier Gra­ve­laine ne com­mente plus sur France Té­lé. Parce que le ven­dre­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment fê­ter le dé­but du week-end. Parce qu’on s’est pris une balle en mousse gor­gée d’eau dans la tête en pri­maire. Parce qu’il pa­raît que c’est l’opium du peuple et que, clai­re­ment, on est plus co­caïne. Parce que le foot, c’est ma­gouille et com­pa­gnie. Parce que votre en­fant est né le 12 juillet 1998 à 20h45. Parce que la ola du Stade de France à 0-0 et à la cin­quième mi­nute de jeu. Parce que quand la po­lice de la RATP nous ex­pulse du mé­tro, elle ne nous de­mande pas si cette main était vo­lon­taire ou pas. Parce que c’est pu­tain de pé­nible de de­voir em­me­ner son gosse à l’en­traî­ne­ment les sa­me­dis ma­tin. Il est nul en plus, ce con. Parce que le sur­vêt, chez nous, c’est une te­nue de re­pos. Parce qu’un jour, un en­traî­neur nous a de­man­dé de jouer en tri­angle à quatre. Parce qu’il y a beau­coup de choses plus im­por­tantes que les trois points. Parce que notre femme s’est bar­rée, que notre fils se drogue, et que notre fille nous traite de bo­loss. Donc non, le groupe ne vit pas bien. Parce qu’on n’aime pas trop le prin­cipe de se faire sif­fler quand on se trompe. Parce que le sa­me­di, on a autre chose à faire, no­tam­ment dî­ner chez des amis. Parce que Ben Ar­fa ne joue pas. Parce que Trump y a joué ado­les­cent. Parce qu’on est rui­né à cause des pa­ris spor­tifs. Parce que c’est fa­ti­gant. Parce que vous avez dé­jà vu Trois zé­ros? Parce qu’on des­cend tou­jours du bus. Parce qu’on est prof d’EPS et qu’on pré­fère le hand­ball. Parce qu’on ne connaît qu’un Schu­ma­cher, le skieur. Parce que la main de Dieu, la vraie, est cru­ci­fiée. Parce qu’on dé­teste être sur­nom­mé “pe­tit bon­homme”. Parce qu’on est pour la pro­tec­tion des es­paces verts. Parce qu’on est amé­ri­cain et que pour nous, le foot­ball se joue avec un bal­lon ovale, des casques et des sté­roïdes. Parce qu’on suit Pa­trice Évra sur Ins­ta­gram. Parce que Gi­lar­di n’est plus là pour com­men­ter. Parce qu’on a des troubles de l’at­ten­tion et que 90 mi­nutes, c’est beau­coup trop long. Parce que ces petites rou­geurs sur le ti­bia pro­vo­quées par le frot­te­ment des pro­tège-ti­bias. Parce que les petites billes noires des pe­louses syn­thé­tiques qui se coincent entre les lattes du par­quet. Parce qu’on com­prend tou­jours pas la règle du hors-jeu. Parce que le di­manche, on a autre chose à faire, no­tam­ment des cla­fou­tis. Parce qu’on est une per­sonne libre, on se ba­lade où on veut, peu im­porte la po­si­tion du der­nier dé­fen­seur. Parce qu’on vit dans le Sud-Ouest et qu’on ai­me­rait s’in­té­grer à la po­pu­la­tion. Parce qu’on est le mo­dé­ra­teur du Twit­ter de Jean-Mi­chel Au­las. Parce qu’on est gros et qu’on fi­nit tou­jours aux buts. Parce qu’on pré­fère prendre les choses dans le désordre plu­tôt que les unes après les autres. Parce qu’il n’y a qu’un sport, la pé­tanque, et Dy­lan Ro­cher est son pro­phète. Parce qu’on est Xa­vier Du­pont de Li­gon­nès et qu’on n’a pas que ça à faire. Parce que Des­proges ne l’ai­mait pas et que Ti­toff si. Parce qu’on n’aime pas les bars à chi­cha. Parce qu’on n’aime pas la vie. Parce qu’on est ar­bitre.

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