Wi­ki­pé­dia. Mais qui sont ses contributeurs qui ré­digent les no­tules?

Il y a eu l’encyclopédie, le Quid puis En­car­ta. Il y a dé­sor­mais Wi­ki­pé­dia, sep­tième site le plus consul­té de France, au­quel par­ti­cipent plus de 15000 contributeurs. Qui dé­voilent leurs mo­ti­va­tions.

Society (France) - - SOMMAIRE -

Jour de fête. Es­telle se pré­pare pour le ma­riage d’une amie à Ar­men­tières, dans le Nord. Mais elle craint dé­jà que Tho­mas ne par­tage pas sa joie. C’est que son pe­tit ami re­doute par-des­sus tout les dis­cus­sions de ri­gueur lors de ce genre d’évé­ne­ments. Lui est plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Il y a même dé­dié une bonne par­tie de sa vie, en dé­ci­dant de de­ve­nir contri­bu­teur as­si­du de Wi­ki­pé­dia. Deuxième du clas­se­ment fran­çais en termes de nombre de contri­bu­tions, Tho­mas, qui of­fi­cie sous le pseu­do Vlaam, en a dé­jà réa­li­sé près de 660 000. Des cor­rec­tions au­to­ma­tiques pour la plu­part, mais aus­si de la ré­dac­tion d’ar­ticles sur ses su­jets de pré­di­lec­tion: le Nord, la Bel­gique, les com­munes d’al­le­magne et du Royaume-uni, ou en­core le vé­lo –sur­tout Faus­to Cop­pi, cy­cliste ita­lien des an­nées 40-50 à qui il a consa­cré son ar­ticle le plus abou­ti, sa “plus grande fier­té à ce jour”. Mys­té­rieu­se­ment, l’une de ses pas­sions ne lui a ja­mais don­né en­vie d’écrire: le me­tal, bien re­pré­sen­té par les mul­tiples al­bums qui ornent les éta­gères de son ap­par­te­ment amié­nois et dont il ar­bore les prin­ci­paux signes dis­tinc­tifs, bra­ce­lets et t-shirt du Hell­fest in­clus. “On m’a sou­vent de­man­dé pour­quoi je ne contri­buais pas sur le me­tal. Ce­la consti­tue sim­ple­ment mon jar­din se­cret”, pré­ci­set-il, le re­gard au loin.

Che­vaux, elfes et sens de la syn­thèse

À la force du cla­vier, Vlaam a fi­ni par se faire une place de choix au sein d’une com­mu­nau­té de contributeurs aux rôles bien dé­ter­mi­nés. En tant qu’ad­mi­nis­tra­teur aver­ti, il exerce ses ca­pa­ci­tés par­mi les “wi­ki­gnomes” et “wi­ki­fées”, les pa­trouilleurs, ga­rants du res­pect de l’or­tho­graphe, tra­queurs de toute ten­ta­tive de “van­da­lisme” –le fait de dé­na­tu­rer vo­lon­tai­re­ment un ar­ticle–, mais aus­si les “au­rochs”, “mé­ga­lo­cé­ros”, “grif­fons” et “drontes de Mau­rice”, des grades at­tri­bués en fonc­tion de l’an­cien­ne­té. Lui-même “glyp­to­don” grâce à ses neuf an­nées de bons et loyaux ser­vices, Vlaam ne voit pas dans son propre grade une source quel­conque de fier­té. Au contraire: à l’évo­ca­tion de son clas­se­ment, il es­quisse un sou­rire gê­né. “J’aime beau­coup ce que je fais mais je pré­fè­re­rais que l’on ne sache pas que j’ai pas­sé au­tant de temps sur Wi­ki­pé­dia”, dit-il. Diag­nos­ti­qué au­tiste As­per­ger il y a peu, Vlaam pré­sente

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