Comment boire son urine en toute sé­cu­ri­té?

Society (France) - - RÉUSSIR SA VIE - MARC BEAUGÉ

Ce­la fait plu­sieurs heures que vous mar­chez dans le dé­sert du Ka­la­ha­ri, la gorge sèche, le dos les­té d’un lourd sac à dos, les pieds en­do­lo­ris par cette paire de bas­kets un peu trop ser­rées, et vous com­men­cez sé­rieu­se­ment à vous po­ser des ques­tions. Était-ce une bonne idée de se lan­cer dans cette ran­don­née seul(e) et sur un coup de tête? N’y avait-il pas mieux à faire par 50 de­grés à l’ombre? Et puis, per­sonne n’a un truc à boire!? Après quelques se­condes d’un si­lence as­sour­dis­sant, une nouvelle ques­tion vous vient à l’es­prit: bor­del, que faire pour ne pas mou­rir de déshy­dra­ta­tion dans les heures qui viennent? Boire son urine, bien sûr! Mais comment s’y prendre? Avant toute chose, sa­chez vers quoi vous vous aven­tu­rez. Liquide or­ga­nique sé­cré­té par les reins par fil­tra­tion du sang, l’urine contient prin­ci­pa­le­ment de l’eau (95%) et de l’urée (2%) is­sue de la dé­gra­da­tion des pro­téines de l’or­ga­nisme. On y trouve éga­le­ment des sels mi­né­raux, des acides ami­nés, des en­zymes, des vi­ta­mines, de l’acide urique, de l’al­lan­toïne, de la DHEA et d’autres pro­téines de pe­tite taille. Vous avez tou­jours soif? Si vous ne souf­frez pas d’in­fec­tion uri­naire, fon­cez! Pour bien faire les choses et li­mi­ter le risque de conta­mi­na­tion par d’éven­tuelles bac­té­ries, éli­mi­nez les pre­mières gouttes, car celles-ci contiennent des mi­croor­ga­nismes com­men­saux. Une fois votre be­soin fait et votre verre rem­pli, ré­ga­lez-vous sans tar­der. En ef­fet, l’urine se conserve très mal et perd sa sté­ri­li­té en moins d’une de­mi-heure, de­ve­nant alors une vé­ri­table culture à bac­té­ries. Alors, vous ai­mez le goût? La bonne nouvelle est qu’un être hu­main pro­duit en moyenne 1,5 à deux litres d’urine au cours de cinq à six mic­tions quo­ti­diennes. La mau­vaise est que, si vous ne buvez rien d’autre, votre pi­pi de­vien­dra au fil des heures de plus en plus concen­tré en dé­chets et sels mi­né­raux. Au bout de trois jours, il pour­rait même être com­plè­te­ment toxique et pro­vo­quer votre propre em­poi­son­ne­ment puis, iné­luc­ta­ble­ment, votre mort. Ce qui se­rait un coup dur pour vous. Mais aus­si pour les In­diens, qui sur­nomment l’urine “le nec­tar de l’im­mor­ta­li­té”. –

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