Stop aux stan­ding ova­tions

Society (France) - - RÉUSSIR SA VIE -

De même que les classes moyennes, les ex­pé­riences moyennes sont tuées à pe­tit feu. Dans ce fau­teuil qu’il a mis des an­nées à ré­chauf­fer, le spec­ta­teur de la vie mo­derne –qui pour­tant note as­sez peu d’oc­ca­sions de dis­tri­buer beau­coup plus que des 10,5– se voit ré­gu­liè­re­ment im­po­ser le 18/20 d’une stan­ding ova­tion. Il lui faut alors une force men­tale hé­roïque pour ré­sis­ter au to­ta­li­ta­risme de cette horde le­vée et as­su­rer à ses fesses l’in­di­vi­dua­lisme d’une forme as­sise et mo­dé­rée. Libre.

Vous n’êtes pas un(e) hé­ros(ïne) et vous vous êtes le­vé(e)? Dites bon­jour au vor­tex: des spec­ta­teurs ap­plau­dis­sant pour faire re­ve­nir des ar­tistes, qui re­viennent pour se faire ap­plau­dir, don­nant sa­tis­fac­tion à des spec­ta­teurs qui ap­plau­dissent leur tech­nique pour faire re­ve­nir des ar­tistes. Et ce, mal­gré l’atroce dou­leur qui leur la­mine les oreilles, les jambes et les mains.

Car en­fin que sont les stan­ding ova­tions si­non la mé­thode la plus ef­fi­cace pour dé­ter­mi­ner qui a les hé­mor­roïdes les plus dou­lou­reuses? A-t-on dé­jà vu quel­qu’un se mettre les paumes en sang après l’en­voi réus­si d’un re­com­man­dé à La Poste? Et en­fin, c’est bien beau tout ça, mais qui pense aux han­di­ca­pés?

Spec­ta­teurs, spec­ta­trices, unis­sons-nous et, en­semble, en­voyons les stan­ding ova­tions aux as­sises.

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