Mathieu Bas­ta­reaud

Dys­lexie, in­som­nies, bou­li­mie, dé­pres­sion et ten­ta­tive de sui­cide. Avant d’être le trois-quarts le plus puis­sant de la pla­nète, Mathieu Bas­ta­reaud, qui s’ap­prête à dis­pu­ter sa pre­mière Coupe du monde avec le XV de France, est un homme aus­si tor­tu­ré qu’att

Tampon! - - SOMMAIRE - PAR ANTOINE MESTRES, QUEN­TIN MOY­NET ET MAT­THIEU PÉ­COT PHOTOS: RENAUD BOU­CHEZ POUR TAM­PON! ET ICONS­PORT

Der­rière un phy­sique de gros nou­nours ta­toué, le bull­do­zer de l’équipe de France cache un coeur tendre et une âme tour­men­tée. Ren­contre avec un homme at­ta­chant qui cherche le som­meil et un sens à sa vie.

Étampes, dé­par­te­ment de l’es­sonne, un lun­di 3 août 2015 comme un autre. Dans ce 91 qui l’a vu gran­dir, Mathieu Bas­ta­reaud pleure de dou­leur et est à deux doigts de se les mettre au fond de la gorge pour s’ai­der à vo­mir. Une re­chute? Tout le contraire: en plein stage avec l’équipe de France pour pré­pa­rer la Coupe du monde en An­gle­terre de cet au­tomne, le trois­quarts centre par­ti­cipe avec ap­pé­tit à une ac­ti­vi­té GIGN cen­sée fé­dé­rer le groupe. Au me­nu: une mis­sion com­man­do où les hommes de Phi­lippe Saint-an­dré doivent sau­ver un otage fic­tif dans une grotte plon­gée dans le noir et par­fu­mée au gaz la­cry­mo­gène. À cette épreuve, le Tou­lon­nais au­ra la même ré­ac­tion phy­sique que le com­mun des 35 autres mor­tels pré­sé­lec­tion­nés par PSA. Car au­jourd’hui, Bas­ta­reaud sait se fondre dans la masse ou, du moins, faire sem­blant. Il a tou­te­fois re­te­nu une le­çon par coeur: le XV de France ne se­ra ja­mais sa deuxième fa­mille, pas plus que sa troi­sième. La faute à une soi­rée ar­ro­sée qui a mal tour­né, en juin 2009, en Nou­velle-zélande, et qu’il est condam­né à traî­ner comme son bou­let de­puis.

“C’est une conne­rie de jeu­nesse, confesse-t-il. Dans ma tête, je me suis dit: ‘Le nombre de fois où j’ai vu des ba­garres rue de la Soif... Je vais ra­con­ter que je me suis fait agres­ser dans la rue et ça va pas­ser tout seul.’ Quand je me suis re­trou­vé au té­lé­phone avec le chef de la po­lice de Wel­ling­ton, Peter Co­wan là, c’est to­ta­le­ment par­ti en couilles…” La suite de la tour­née néo-zé­lan­daise du joueur de 20 ans, amo­ché à l’oeil, a été dé­rou­lée des di­zaines de fois. La fé­dé­ra­tion néo-zé­lan­daise condamne l’agres­sion, la po­lice lo­cale mène l’en­quête, une ca­mé­ra de l’hô­tel prouve que le joueur n’a pas été as­sailli dans la rue comme il l’a pré­ten­du, scan­dale d’état, Bas­ta­reaud ex­plique être en fait tom­bé sur sa table de nuit, le Pre­mier mi­nistre Fran­çois Fillon pré­sente ses ex­cuses à son ho­mo­logue John Key, des ru­meurs de ba­garre avec des co­équi­piers font sur­face, les com­mu­ni­qués de presse s’en­chaînent en même temps que les dé­men­tis, puis le black-out, la dé­pres­sion et une ten­ta­tive de sui­cide. Mais pour­quoi donc Mathieu Bas­ta­reaud s’est-il em­pê­tré dans

“Dans ma tête, je me suis dit: ‘Le nombre de fois où j’ai vu des ba­garres rue de la Soif... Je vais ra­con­ter que je me suis fait agres­ser dans la rue et ça va pas­ser tout seul’” Mathieu Bas­ta­reaud, à pro­pos de sa fausse agres­sion à Wel­ling­ton

le men­songe? Six ans plus tard, Émile Nta­mack, ad­joint du sé­lec­tion­neur Marc Liè­vre­mont à l’époque, pa­raît tou­jours aus­si désa­bu­sé: “Tout est al­lé très vite. Nous, sur le coup, on a été ex­trê­me­ment dé­çus. Des gars comme Alexis Pa­lis­son et Cé­dric Hey­mans sont res­tés avec lui toute la nuit où c’est ar­ri­vé, l’ont sou­te­nu. Mais les ver­sions chan­geaient tout le temps. Il s’est fou­tu de la gueule de tout le monde et nous a mis dans la merde. Après, qui n’a pas fait de conne­rie dans sa jeu­nesse? Je vais vous dire, au­jourd’hui en­core, je ne sais même pas ce qui s’est pas­sé.” Joueurs et membres du staff hé­ber­gés à l’hô­tel Ho­li­day Inn cette nuit-là ne se sont ja­mais fa­ti­gués à dé­bi­ter autre chose que cette ver­sion de la table de nuit. Loin de cette vé­ri­té of­fi­cielle, Patrick Boul­let, édu­ca­teur de Bas­ta­reaud à Cré­teil pen­dant une di­zaine d’an­nées, en­dosse le cos­tume d’avo­cat de l’ac­cu­sé. “Mathieu était cé­li­ba­taire, seul, jeune, dans un groupe avec des mecs ma­riés. Il y avait peut-être des choses à pas­ser sous si­lence, laisse-t-il en­tendre. Des joueurs plus in­tou­chables…”

“La vie m’a ni­qué!”

Une se­maine plus tard, le tour­billon mé­dia­tique pousse le Gua­de­lou­péen d’ori­gine à bout. “Un soir, j’étais dans ma chambre, de­vant l’or­di­na­teur. En sur­fant sur In­ter­net, je suis tom­bé sur une page où l’on se dé­fou­lait sur moi. Pas un ar­ticle mais des com­men­taires ano­nymes. J’y ai lu les pires hor­reurs. C’était d’une telle vio­lence… D’un coup, c’en était trop. J’ai eu en­vie de par­tir. De dire stop, c’est fi­ni. Alors, je me suis di­ri­gé d’un pas dé­ci­dé vers la cui­sine. J’ai sai­si un grand cou­teau et je me suis tran­ché les veines”, ré­vèle-t-il dans sa bio­gra­phie of­fi­cielle sor­tie en juin. Ar­naud Ram­say, qui l’a ac­com­pa­gné dans l’écri­ture, ad­met que la confes­sion est sor­tie de la bouche de son in­ter­lo­cu­teur “au bout d’une tren­taine d’heures d’en­tre­tien, lors d’un des der­niers ren­dez-vous”, juste avant que l’au­teur ne rende son tra­vail à l’édi­teur.

À l’hô­pi­tal, Mathieu Blin est le pre­mier co­équi­pier à pas­ser voir l’autre Mathieu B. “avant qu’il n’entre en mai­son de re­pos. Il avait sim­ple­ment be­soin de sou­tien. On était tous très cho­qués.” Après avoir en­vi­sa­gé l’ir­ré­pa­rable, Bas­ta­reaud songe à pla­quer sa car­rière. Mais Da­nia, sa ma­man, trouve les mots pour l’en dis­sua­der. “Il m’a dit: ‘Je crois que je vais ar­rê­ter le rug­by, je vais prendre une an­née sab­ba­tique.’ Je lui ai dit: ‘Non! Tu crois que si tu t’ar­rêtes, tu vas pou­voir re­par­tir comme ça? C’est pas une chose à faire.’ Je l’ai bien en­cou­ra­gé, bien boos­té.” Lors de la re­prise, tout le monde est aux pe­tits soins avec le sur­vi­vant. “J’al­lais le voir, je le for­çais à ve­nir man­ger un mor­ceau ou boire un verre, re­si­tue Ra­bah Sli­ma­ni. Il re­fu­sait et quand on le connaît, on sait que ce n’est pas une ré­ac­tion nor­male.” Le pi­lier fran­ci­lien dit vrai. De­puis tout pe­tit, Mathieu en­tre­tient une re­la­tion amou­reuse avec la nour­ri­ture. “Il a un bon coup de four­chette”, va­lide Jé­rôme Fillol, an­cien par­te­naire au Stade Fran­çais et pro­prio du Mil’a, bar à tapas du Ier ar­ron­dis­se­ment de la ca­pi­tale. Le QG de Bas­ta se trouve à un ki­lo­mètre de là, au Sous Bock, où l’on pro­pose la “Bas­ta Pinte”, un grand verre d’un litre de bière. Avec ses potes, il y vient aus­si pour dé­gus­ter une en­tre­côte ou une côte de boeuf sans tran­si­ger sur la cuis­son: sai­gnante. Dans un monde idéal, Mathieu man­ge­rait sans être ju­gé. Mais ce monde n’existe pas. “Toute ma vie, on m’a mis au ré­gime. Je n’ai pas le même mé­ta­bo­lisme que tout le monde. Si je bouffe de la merde pen­dant une se­maine, je peux prendre dix ki­los. La vie m’a ni­qué! J’ai tou­jours dû faire at­ten­tion. À un mo­ment, on ne par­lait que de ça. J’avais en­vie de dire: ‘Mais qu’est-ce que ça peut te foutre?’”

À la fin de l’ado­les­cence, joueur à Mas­sy et au pôle France à Mar­cous­sis, Mathieu Bas­ta­reaud est bou­li­mique. Tous les week-ends pas­sés au­près de sa ma­man à goû­ter son co­lom­bo de pou­let et ses dom­brés (ha­ri­cots rouges créoles) se ter­minent par le même ri­tuel: il se fait vo­mir en pen­sant à la pe­sée qui pointe son nez. Et quand ce n’est plus la bou­li­mie, il y a cette ad­dic­tion à la junk food. Au­jourd’hui, Mathieu doit vivre avec ses 120 ki­los et une éti­quette col­lante d’adepte des me­nus XXL. Sou­lé, ami d’en­fance, vole à son se­cours. “Quand on va au Mcdo, moi je prends mon me­nu nor­mal, lui juste un milk­shake va­nille”, as­sure l’em­ployé de banque. Hé­ri­tage d’une grand-mère pa­ter­nelle bien char­pen­tée, la sil­houette du gar­çon, joueur hy­bride et in­tri­gant dont il est dif­fi­cile de par­ler sans ré­veiller des cli­chés, sert au­tant d’ar­gu­ment à la presse pour ex­pli­quer une mau­vaise per­for­mance qu’une vic­toire. Triple cham­pion d’eu­rope en titre avec le RC Toulon, Mathieu Bas­ta­reaud pour­rait se bou­cher les oreilles et être sûr de sa force. Mais non, il baisse les yeux et doute. Il se­ra tou­jours ques­tion de souf­france avec ce grand sen­sible. Et les re­grets peuvent sur­gir à n’im­porte quel mo­ment. “J’au­rais dû prendre une bière, dé­plore-t-il en voyant dé­bar­quer son Co­ca. Ça va, il y au­ra d’autres tour­nées.” Ar­ri­vé quelques minutes plus tôt au Sous Bock, cas­quette sur la tête, ca­puche sur la cas­quette et ciel gris sur la ca­puche, le Cris­to­lien a le re­gard triste et dis­trait. “Je ne suis pas un grand sou­riant, s’ex­cuse-t-il. Quand tu vois un mec dans son coin, son at­ti­tude peut être mal in­ter­pré­tée. C’est mon pro­blème. Ce que je peux dé­ga­ger ne re­flète pas for­cé­ment ce que je pense ou qui je suis. Je ne me force à rien. Là, par exemple, si ça me fait chier, je me lève et je me barre. Je m’as­sume”, sou­rit-il en coin. Voi­là qui est clair.

La ren­contre de la ban­lieue

et du rug­by cas­sou­let

De­puis qu’il a re­joint le Var en 2011, Mathieu Bas­ta­reaud confie tou­te­fois avoir trou­vé un peu de sé­ré­ni­té et de lé­gè­re­té. Une vie de proxi­mi­té et d’ha­bi­tudes. Tous les jours, il re­joint le centre d’en­traî­ne­ment du RCT à Berg en scoo­ter, puis ar­pente seul les plages du Mou­rillon. Le per­mis B et la vie de couple vien­dront plus tard. “J’avais une co­pine mais je suis cé­li­ba­taire de­puis peu. Je suis un gros consom­ma­teur. Je pro­fite. J’ai fait le ca­len­drier des Dieux du Stade. J’ai fait rê­ver les gon­zesses”, ri­gole-t-il en bais­sant la tête. Si le gar­çon se donne par­fois des faux airs de Tan­guy

“J’al­lais le voir, je le for­çais à ve­nir man­ger un mor­ceau ou boire un verre. Il re­fu­sait et quand on le connaît, on sait que ce n’est pas une ré­ac­tion nor­male” Ra­bah Sli­ma­ni, an­cien co­équi­pier au Stade Fran­çais

fou­traque, son ap­par­te­ment où rien ne dé­passe ra­mène vite à ses dé­mons in­té­rieurs. Ma­ga­zines, té­lé­com­mandes, yaourts dans le fri­go, tout doit y être ali­gné. “J’es­saye d’être moins dé­pen­dant de mes émo­tions, mais j’ai plein de TOC. Là, par exemple, il y a des trucs qui me choquent sur la table. C’est pas ali­gné et ça m’énerve. J’ai be­soin de me ras­su­rer comme je peux parce que je suis vite in­quiet. En ce mo­ment, j’ai un ré­tro­pro­jec­teur chez moi. L’image n’est ja­mais droite. Ça m’agace tel­le­ment que je n’ar­rive pas à re­gar­der un film jus­qu’au bout. Je coupe et je passe à autre chose. Je compte vite le vendre, d’ailleurs.” Sur son ré­tro de tra­vers, il au­ra re­gar­dé peu de rug­by. “J’en bouffe dé­jà tous les jours... À part les gros matchs in­ter­na­tio­naux ou le Su­per 15, ça ne m’in­té­resse plus.” Loin du ga­min qui pas­sait des heures à ra­con­ter ses matchs à sa mère. “Chaque fois qu’il fi­nis­sait un match, il fal­lait qu’il me té­lé­phone et qu’il me de­mande: ‘Alors ma­man, t’en as pen­sé quoi? Com­ment tu m’as trou­vé? Est-ce que j’ai bien joué?’ Il se confiait beau­coup”, se sou­vient Da­nia. Pour­quoi ce désa­mour? En­core cette fou­tue nuit en Nou­velle-zélande? Évi­dem­ment. “Après, il a fait une dé­pres­sion très sé­vère, très longue, il est de­ve­nu pa­ra­noïaque, ago­ra­phobe, confie Faï­sal Ar­ra­mi, son coach men­tal de­puis jan­vier. Il s’est mis à dé­tes­ter le rug­by. C’est quel­qu’un d’ul­tra­sen­sible.” Le genre à se bra­quer et quit­ter un en­traî­ne­ment si un mot lui dé­plaît. “Il était par­ti bou­der avant notre quart de H-cup contre le Stade Tou­lou­sain parce que Mathieu Blin l’avait cham­bré sur un nom de com­bi­nai­son. Il était ca­pable de ça, Dou­dou, sou­rit Jacques Del­mas, son en­traî­neur à Paris en 2010 qui l’a re­trou­vé au RCT. Mais ça ne du­rait ja­mais long­temps. Il fal­lait sim­ple­ment trou­ver les mots justes et il re­ve­nait vite.”

De­puis la nuit d’ivresse de Wel­ling­ton, le centre in­ter­na­tio­nal s’est fait une re­li­gion sur ce drôle de mi­lieu. “J’ai com­pris que le pe­tit monde du rug­by n’était pas vrai­ment la grande fa­mille dé­crite. Quand tout va bien, quand t’es en haut, t’as beau­coup d’amis. Mais quand tu tombes... Des per­sonnes qui se di­saient mes amis ont dit: ‘ Ça ne m’étonne pas, vu où il a gran­di.’ Je me suis ren­du compte qu’il y avait beau­coup de per­sonnes qui vou­laient me voir tom­ber.” Mathieu n’a ja­mais di­gé­ré que des jour­na­listes éta­blissent un lien de cause à ef­fet entre la

“Après, il a fait une dé­pres­sion très sé­vère, très longue, il est de­ve­nu pa­ra­noïaque, ago­ra­phobe. Il s’est mis à dé­tes­ter le rug­by. C’est quel­qu’un d’ul­tra­sen­sible” Faï­sal Ar­ra­mi, son coach men­tal

Nou­velle-zélande et son vé­cu de mec de ci­té du Vieillet, à Quin­cy-sous-sé­nart, à 25 ki­lo­mètres au sud-est de Paris. Son pro­fil de ban­lieu­sard a beau dé­ton­ner dans le rug­by cas­sou­let de­ve­nu ce­lui des com­mu­ni­cants pour banques et as­su­rances, le Fran­ci­lien ne s’est ja­mais ser­vi de ses ori­gines so­ciales comme fonds de com­merce. “C’est un quar­tier, il y a des im­meubles… Quand j’en­tends ou lis des choses, j’ai l’im­pres­sion que c’était le Bronx. Ça me fait rire”, souf­flet-il. Ra­bah Sli­ma­ni, en­fant de Sar­celles, ac­quiesce: “C’est fa­ti­gant d’être ré­su­mé à ses ori­gines. Que ce soit Mathieu ou moi, on n’a pas droit à un ar­ticle qui ne rap­pelle pas qu’on est is­sus de la ban­lieue. Est-ce que quand quel­qu’un vient de la campagne, on s’en sert pour ex­pli­quer cha­cun de ses faits et gestes?”

Vod­ka, Red Bull et Ber­nard Laporte

Quand on chute, qu’on perd la foi en soi et les autres, à quoi tient fi­na­le­ment un des­tin? À l’ins­tinct et quelques bonnes ren­contres. La sai­son 2010/2011 est, de l’aveu de tous ses proches, la pire de la car­rière de Mathieu Bas­ta­reaud. Le nou­veau coach aus­tra­lien du Stade Fran­çais, Mi­chael Chei­ka, pra­tique un ma­na­ge­ment an­glo-saxon, froid et dis­tant. Évi­dem­ment, la re­la­tion entre les deux hommes ne dure pas bien long­temps. “Mathieu, il faut prendre le temps de le com­prendre. Je ne crois pas que Chei­ka ait es­sayé”, se re­mé­more son an­cien co­équi­pier Pierre Ra­ba­dan. L’équipe va mal, et son in­ter­na­tio­nal n’a be­soin de per­sonne pour sa­voir qu’il est “très mau­vais. Si je fai­sais un match de merde, je jouais quand même le sui­vant parce qu’il n’y avait pas de concur­rence. Alors, in­cons­ciem­ment, j’ai lâ­ché.” Y com­pris l’équipe de France, qu’il avait pour­tant re­trou­vée lors du Tour­noi des VI Na­tions 2010 avec un dou­blé contre l’écosse lors d’un match plein de res­sen­ti­ment. “Je n’avais pas la bonne men­ta­li­té. J’avais la haine. Le pre­mier es­sai, heu­reu­se­ment que je me mords la langue, si­non il y au­rait eu un deuxième in­ci­dent di­plo­ma­tique. J’avais la rage. Je me men­tais à moi-même. J’es­pé­rais m’ins­tal­ler dans cette équipe mais j’étais dé­jà sur la mau­vaise pente.” Sur­tout, ses ex-co­équi­piers de Mas­sy et des es­poirs du Stade Fran­çais sont en­core étu­diants. Ré­sul­tat: Mathieu Bas­ta­reaud dis­pa­raît len­te­ment des en­traî­ne­ments et passe sa vie à pi­co­ler avec eux des vod­ka-red Bull au ca­fé Oz à Grands-bou­le­vards, au Mil­liar­daire ou au Queen. “Ça m’a ni­qué, ça. J’avais conscience que ce qui m’ar­ri­vait était ex­cep­tion­nel, mais pour me sen­tir nor­mal, je pré­fé­rais traî­ner avec ceux de mon âge. C’était na­tu­rel. C’étaient mes potes. Sauf qu’eux jouaient en es­poirs. Moi, j’avais une vie pro­fes­sion­nelle. Paris, c’est pe­tit. On a com­men­cé à me faire une ré­pu­ta­tion...” Ra­pi­de­ment, Mathieu sent que son ave­nir est ailleurs et se trouve une nou­velle lu­bie: Toulon, où on lui pro­met une aven­ture hu­maine et spor­tive hors norme. Dans un mi­cro­cosme où les in­fos cir­culent en­core plus vite? Peu im­porte. “Je suis un af­fec­tif. Quand il y a une his­toire forte, je me sens épa­noui, je sen­tais qu’il fal­lait vrai­ment que j’aille à Toulon. Pour­quoi? Je ne sau­rais pas l’ex­pli­quer”, avance-t-il. À l’été 2011, Ber­nard Laporte, qui cherche avec Max Guaz­zi­ni un re­pre­neur pour un Stade Fran­çais au bord du dé­pôt de bi­lan, s’y op­pose for­mel­le­ment. Pas Tho­mas Sa­vare, le re­pre­neur du club, qui com­prend vite que l’en­vie du joueur de par­tir est trop forte. Dé­but juillet, Mathieu Bas­ta­reaud re­joint Mou­rad Boud­jel­lal et sa clique pro­ven­çale for­mée des meilleurs joueurs du monde. Quelques mois plus tard, Phi­lippe Saint-an­dré est nom­mé sé­lec­tion­neur et Laporte dé­barque à Mayol à la sur­prise gé­né­rale, quatre ans après avoir pris sa re­traite d’en­traî­neur. Un nou­veau pa­ri réus­si pour Boud­jel­lal. “Ber­nie le dingue” re­met dou­ce­ment le tour­men­té en selle, l’ins­talle au centre de son at­taque entre Jon­ny Wil­kin­son et Matt Gi­teau et le re­place sur la carte des centres ban­kable de l’équipe de France, qu’il ré­in­tè­gre­ra à l’oc­ca­sion du Tour­noi 2013. Peu­têtre parce que Mathieu cherche de l’amour, de la pas­sion et un guide et que Laporte n’a ja­mais été que ça de toute sa vie. Peut-être aus­si parce que leur pre­mière ren­contre s’était sol­dée par un la­pin. C’était en 2007. Mathieu, 18 ans, ex­hi­bait ses dread­locks en Fé­dé­rale 1 à Mas­sy et le Laporte sé­lec­tion­neur vou­lait l’em­me­ner en tour­née en Nou­vel­leZé­lande. “À cette époque, je le voyais à Mar­cous­sis tous les jours, je sa­vais qu’il était com­plè­te­ment prêt. Dans sa tête, il était aus­si bien ar­mé pour jouer ce type de match que les joueurs qui étaient dé­jà dans le groupe. Je ne l’au­rais pas grillé, mais j’avais l’in­ten­tion de le mettre en face des All Blacks pour ac­cé­lé­rer un peu plus sa pro­gres­sion.” Lors du der­nier match de l’an­née à Lan­ne­me­zan, Mathieu se blesse et loupe le voyage en Océa­nie. Ce n’est que par­tie re­mise. Au­jourd’hui, le duo est une af­faire qui tourne. Le se­cret de la re­la­tion? “Mathieu n’est pas quel­qu’un de si com­plexe. Il a be­soin d’af­fec­tif, il a be­soin qu’on l’aime. Moi, j’aime lui dire qu’il est unique, ce qui est vrai”, ré­vèle l’an­cien se­cré­taire d’état char­gé des Sports.

Un di­vorce et des pa­pas

À y re­gar­der de près, Mathieu Bas­ta­reaud a tou­jours cher­ché une se­conde fi­gure pa­ter­nelle. La pre­mière n’est pas très ba­varde. Chef de tra­fic dans une so­cié­té de li­vrai­son de co­lis, Jacques Bas­ta­reaud connaît peu le rug­by. Lors­qu’il se dé­place dans un stade pour voir son fils, il reste dis­cret, dans un coin, sans ja­mais rien dire. Au mo­ment où Mathieu lui an­nonce qu’il est sé­lec­tion­né avec les moins de 18 ans na­tio­naux pour une tour­née en Afrique du Sud, Jacques mar­monne quelques mots de fé­li­ci­ta­tions, scot­ché au ca­na­pé. Le jour où il lui pro­pose de le prendre à charge parce que ses pre­miers gros sa­laires le lui per­mettent, Jacques re­fuse. “C’est un père à l’an­cienne, dé­crit Faï­sal Ar­ra­mi. Un An­tillais, avec l’or­gueil qui va avec, qui est très fier de son fils mais n’ar­rive pas à ex­pri­mer ses sen­ti­ments. Sans doute parce qu’il per­çoit cette dé­marche comme une fai­blesse. C’est trou­blant pour un ado. D’au­tant qu’un fils est constam­ment dans l’imi­ta­tion.” D’ailleurs, au re­gard de quelques branches de son arbre gé­néa­lo­gique, “Bas­ta­ro­cket” au­rait pu bi­fur­quer vers le foot. Son cou­sin ger­main s’ap­pelle William Gal­las, cham­pion d’an­gle­terre avec Chelsea et fi­na­liste de la Coupe du monde 2006. Mais sur­tout, son père, Jacques donc, a joué en Gua­de­loupe avec Ma­rius Tré­sor. Au dé­but des an­nées 70, il ne passe pas loin d’un contrat pro mais ses es­sais à Saint-étienne et Ajac­cio ne donnent rien. Sa car­rière en D3 au Havre ne s’éter­nise pas. “Il s’est chi­bré le ge­nou”, dé­taille son fils, qui hé­ri­te­ra plus du ca­rac­tère si­len­cieux du pa­ter­nel que de ses pieds. Mathieu Bas­ta­reaud en­tre­tient en re­vanche une re­la­tion fu­sion­nelle avec sa mère avec qui il a pas­sé l’es­sen­tiel de son temps en­fant après le di­vorce des pa­rents. Il avait 3 ans au mo­ment de la sé­pa­ra­tion et n’en a ja­mais fait un drame. “Ça ne m’a pas plus mar­qué que ça”, ex­pé­die-t-il.

Un ma­tin, alors que Mathieu a 5 ans, Patrick Boul­let, en­traî­neur des mi­ni-pous­sins de l’en­tente Cré­teil-choi­sy, passe le ré­cu­pé­rer à La Poste, où sa femme bosse avec Da­nia. Il l’amène à l’en­traî­ne­ment avec pour pre­mier ob­jec­tif de bri­ser cette ti­mi­di­té dé­jà fla­grante. “Il avait peur quand je l’ai pré­sen­té à l’équipe. Il était très in­tro­ver­ti, ne di­sait rien”, se sou­vient l’édu­ca­teur. “À cet âge-là, j’étais dé­jà un grand so­li­taire, avoue Bas­ta­reaud. Mais là, pour la pre­mière fois, j’ai dé­cou­vert qu’il était fa­cile de se faire des amis au rug­by. C’est cette am­biance bande de potes que

“Mathieu n’est pas quel­qu’un de si com­plexe. Il a be­soin d’af­fec­tif, il a be­soin qu’on l’aime. Moi, j’aime lui dire qu’il est unique, ce qui est vrai” Ber­nard Laporte, son ma­na­ger à Toulon

j’ai­mais plus que tout.” Et l’oc­ca­sion de s’éva­der de l’école où il n’est pas l’élève le plus heu­reux. “Il était dys­lexique, confie sa mère. Il a été sui­vi par un or­tho­pho­niste. Il en a peut-être un peu souf­fert quand il était à l’école et que la maî­tresse l’en­voyait au ta­bleau pour écrire des mots, il sa­vait pas trop...” Sur un ter­rain, c’est lui qui fait souf­frir les autres avec son phy­sique très vite gaillard. “La pro­blé­ma­tique, c’était de sa­voir se ser­vir de sa force au ser­vice d’un col­lec­tif. Il vou­lait mar­quer ses dix es­sais par match et ga­gner. Si je vou­lais le pu­nir, je le lais­sais de cô­té. Il était tel­le­ment éner­vé qu’il écra­sait tout le monde en­suite. Les ga­mins d’en face, pour lui, c’était un jeu de quilles. Il a tou­jours por­té l’équipe”, re­con­naît son men­tor. Ques­tion: mais pour­quoi der­rière? “Chez les mi­ni-pous­sins, les mê­lées, c’étaient trois joueurs de­bout face à face. On ne pous­sait évi­dem­ment pas. Je me suis dit qu’il va­lait mieux mettre les pe­tits de­vant et les cos­tauds der­rière pour in­ver­ser le rap­port de force. Fa­ta­le­ment, les pe­tits trois-quarts d’en face se re­trou­vaient face à Mathieu... C’est un coup tac­tique.” Bien vu. Chez les mi­nimes, Ré­mi Bon­fils, son fu­tur par­te­naire au Stade Fran­çais, alors dé­bu­tant à Villiers-sur-marne, se heurte à la ter­reur des ter­rains d’île-de-france: “Tous les mecs avec qui je jouais me di­saient: ‘Il y a un mec su­per­cos­taud en face, il fait su­per­mal, at­ten­tion.’ Et ça s’est avé­ré vrai. Même à cet âge­là, à 14-15 ans, c’était pas drôle du tout de se le prendre dans la face.” Quand ma­man Bas­ta­reaud tra­vaille, Patrick Boul­let s’oc­cupe du fils, le ré­cu­père le mer­cre­di en dé­but d’après-mi­di, puis le ra­mène en fin de jour­née, quand il ne dort pas car­ré­ment chez lui. Il n’est tou­te­fois pas le seul à pou­voir re­ven­di­quer la pa­ter­ni­té spi­ri­tuelle de Mathieu. Alain Ga­zon, qui l’a en­suite fait ve­nir à Mas­sy, le re­con­naît non sans mal: “J’ai tou­jours eu un cô­té pa­ter­na­liste avec lui. Quand il a in­té­gré le pôle France de Mar­cous­sis, pen­dant deux ans, j’al­lais le cher­cher le ven­dre­di ma­tin parce que j’étais pas loin. Il man­geait à la mai­son, puis ren­trait chez lui.” À l’époque, Mathieu Bas­ta­reaud connaît ses pre­mières crises d’an­goisse. La peur de dé­ce­voir, en­core et tou­jours. “À chaque fois que je rentre sur un ter­rain de­puis que je suis pe­tit, je dois faire ga­gner l’équipe. On a tou­jours beau­coup at­ten­du de moi et je me suis constam­ment mis une énorme pres­sion”, ex­plique-t-il.

At­tra­per les rêves

La der­nière crise date de dé­cembre der­nier, quand le gros bé­bé craque au mi­cro de Canal + après un Stade Fran­çais-toulon ra­té. “Il faut re­gar­der les choses en face. De­puis le dé­but de la sai­son, je suis un zom­bie, je n’ar­rive pas à re­trou­ver mon ni­veau. Je pense que par­fois, il faut sa­voir dire stop. Je suis ar­ri­vé au point de rup­ture”, an­non­çait-il, lais­sant cou­ler deux grosses larmes sur ses deux grosses joues. Une sor­tie ra­ris­sime dans un mi­lieu qui ac­cepte peu les doutes et les fai­blesses per­son­nelles, du moins au grand jour. “C’était la pé­riode, se jus­ti­fiet-il. Je re­ve­nais de va­cances, j’avais pas­sé une se­maine à Londres dans un ano­ny­mat com­plet. Je m’étais ren­du compte que cette vie me plai­sait bien, être une per­sonne lamb­da, être tran­quille... Et j’ai fait un burn out.” À vrai dire, Mathieu n’est ja­mais en paix. “Je ne dors pas beau­coup. Maxi­mum quatre ou cinq heures par nuit. Je me force à me cou­cher entre 23h et mi­nuit. Je me pose sur le lit et me ra­conte des his­toires pour m’en­dor­mir. Gé­né­ra­le­ment, je co­gite sur la jour­née qui est pas­sée.” Dans sa mé­moire, les pre­mières nuits blanches ar­rivent lors de sa seule an­née de sport-études au ly­cée La­ka­nal de Sceaux. Il prend alors conscience que ses pa­rents ont consen­ti à des ef­forts pour lui payer l’ins­crip­tion. Et il met à pro­fit ses pe­tites heures de som­meil pour se for­ger la glo­rieuse ré­pu­ta­tion de plus gros ron­fleur du rug­by fran­çais. Ce qui ex­plique son iso­le­ment à chaque ras­sem­ble­ment à Mar­cous­sis, où ses co­équi­piers sont ré­par­tis par deux dans chaque chambre. Ra­bah Sli­ma­ni a beau l’avoir dé­si­gné comme par­rain de son fils Luis, il re­fuse ca­té­go­ri­que­ment de dor­mir dans la même pièce. Le mois der­nier, le ri­tuel était tou­jours le même: “Je pas­sais le voir dans sa chambre mais je par­tais le soir. Il me de­man­dait d’éteindre la lu­mière et de lais­ser la porte en­trou­verte”, ra­conte le pi­lier. Ses an­goisses chro­niques, en­core. “À une pé­riode, je pre­nais des mé­di­ca­ments pour m’ai­der à m’en­dor­mir mais plus main­te­nant”, pro­met “Bas­ta”. Plus be­soin au­jourd’hui, puisque Cé­dric Abel­lon, son ta­toueur exclusif et ac­ces­soi­re­ment chan­teur du Pi­lou-

La pan­thère mo­rose.

“Si je vou­lais le pu­nir, je le lais­sais de cô­té. Il était tel­le­ment éner­vé qu’il écra­sait tout le monde en­suite. Les ga­mins d’en face, pour lui, c’était un jeu de quilles” Patrick Boul­let, son en­traî­neur chez les mi­ni-pous­sins de Cré­teil-choi­sy

Pi­lou à Mayol, lui a tra­cé sur la peau de quoi se dé­bar­ras­ser de ce pro­blème. “Sa der­nière pas­sion, c’est les at­trape-rêves”, dé­crit ce­lui qui ouvre ex­cep­tion­nel­le­ment son sa­lon Coeur d’encre les mer­cre­dis après-mi­di quand l’en­vie prend le joueur du RCT de se faire co­lo­rier. Et si l’at­trape-rêves fait mal son job, Mathieu re­garde des épi­sodes de Dex­ter ou de Sons of Anar­chy. Sou­vent, il lit des man­gas, son plai­sir so­li­taire fa­vo­ri. Oc­ca­sion­nel­le­ment, il se lève et fait les cent pas dans sa ré­si­dence du Cap Brun. Il ob­serve alors cette im­mense toile qui re­couvre le mur de son sa­lon. L’oeuvre, qu’il a com­man­dée à un ar­tiste du coin, re­groupe en vrac Mike Ty­son, Éric Can­to­na, Jo­nah Lo­mu, Mo­ha­med Ali et Mi­chael Jor­dan mais aus­si Ni­cky Lar­son, Na­ru­to, Go­ku et Luf­fy, hé­ros de One Piece, entre Bob Mar­ley, la tour Eif­fel et ce que l’on de­vine être la Gua­de­loupe. Oui, Bas­ta­reaud est un im­mense fan de culture ja­po­naise. Un hé­ri­tage qu’il doit da­van­tage à son grand frère, JeanMarc, qu’au re­gret­té Dé­si­ré Bas­ta­reaud, vieux cou­sin an­tillais at­teint de na­nisme et qui a mar­qué une gé­né­ra­tion grâce à son per­son­nage de Giant Coo­coo dans Le Miel et les Abeilles. Au­pa­ra­vant, dès le mi­lieu des an­nées 70, Dé­si­ré avait fait son trou dans le por­no, avec comme pic de car­rière L’in­con­nue, film où il offre la ré­plique et pas que la ré­plique à Ca­the­rine Rin­ger. “J’étais très Club Do­ro­thée”, en­chaîne Jean-marc, ar­tiste touche-à-tout de 35 ans. “Jean-marc, il a été dan­seur, il a été mu­si­cien, il a tout fait. Il fai­sait de la basse et de la bat­te­rie. Il a même été dans un groupe de pop ja­po­naise où la chan­teuse était en ki­mo­no”, ba­lance Mathieu. Re­ca­drage de ce­lui que l’on nom­mait Ji-flexx lors­qu’il par­cou­rait l’eu­rope grâce à ses ta­lents de dan­seur: “Ce n’était pas de la pop et on n’a fait ça qu’à l’oc­ca­sion de la fête de la Mu­sique. Si­non, moi, je suis plus funk, plus Prince, des choses comme ça. Et puis, le Ja­pon, c’était mon truc, mais mes potes sont al­lés beau­coup plus loin dans ce dé­lire. L’un d’eux s’est ma­rié avec une Ja­po­naise.” Dé­sor­mais em­ployé de mai­rie, Ji-flexx a as­sez in­fluen­cé son fran­gin pour que ce der­nier dé­clare en mai der­nier en­vi­sa­ger de ter­mi­ner sa car­rière au pays du Soleil-le­vant. Pour l’heure, il pro­fite de la dou­ceur de la vie dans le Var, où il s’est fa­bri­qué un pal­ma­rès de mam­mouth et quelques ami­tiés so­lides avec des co­équi­piers comme De­lon Ar­mi­tage ou Jon­ny Wil­kin­son. La fer­veur des fans du RCT l’oblige par­fois à vivre ca­ché, mais ce­la lui convient fi­na­le­ment très bien. De temps en temps, il re­monte sur Paris re­trou­ver ses co­pains. Et les cuites qui peuvent ac­com­pa­gner ces re­trou­vailles sont bien loin de cette époque post-2009 moins glo­rieuse où il fi­nis­sait par­fois seul ac­cou­dé au comp­toir. “C’est pas quel­qu’un qui aime l’al­cool, dé­taille Faï­sal Ar­ra­mi. Boire de l’al­cool, c’est pas son truc ; c’est sur­tout l’en­tou­rage, les gens qui vont être au­tour de lui qui vont lui plaire. C’est l’ef­fet dés­in­hi­bant qu’il cherche. Il se sent mieux, moins com­plexé.” Comme la plu­part des ti­mides, Mathieu Bas­ta­reaud pi­cole en fait pour trou­ver l’amour. “Je vais avoir 27 ans. Ra­bah, il a trois gosses, Ré­mi (Bon­fils), ça va pas tar­der, Wes­ley (Fo­fa­na) vient d’être pa­pa, De­lon en a deux. Ça donne en­vie.” En at­ten­dant, il cherche un scé­na­rio où il peut. “J’ai lu tous les tomes de Twi­light. C’est un beau livre, une belle his­toire. Des vam­pires, des loups-ga­rous…”

“Je ne dors pas beau­coup. Maxi­mum quatre ou cinq heures par nuit. Je me force à me cou­cher entre 23h et mi­nuit. Je me pose sur le lit et me ra­conte des his­toires pour m’en­dor­mir” Mathieu Bas­ta­reaud, pe­tit dor­meur

Bet­ween the Bars.

The Wire.

At­ta­qué par un punk à chien.

Stef­fon Ar­mi­tage.

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