CANNAL HIS­TO­RIQUE

Et vous pen­siez tout sa­voir sur le fes­ti­val ?

Technikart - SuperCannes - - News - JO­NA­THAN BRODA

De Berg­man à Fer­ra­ra et d’Oshi­ma à Ke­chiche, quand le fes­ti­val a chaud ce n’est pas tou­jours à cause du so­leil. Re­vue de dé­taille des films les plus Hot d’un fes­ti­val en or.

Au­jourd’hui deux films « sexy » sont en com­pé­ti­tion, L’Amant double de Fran­çois Ozon et Aus Dem Nichts de Fa­tih Akin. Es­pé­rons que ces films com­ble­ront nos at­tentes tor­rides, un peu dé­çues par les Proies de So­fia Cop­po­la. En­core sous le coup de cette émo­tion plus es­thé­tique qu’éro­tique on s’in­ter­roge sur la re­pré­sen­ta­tion du sexe à Cannes. Et comme dé­jà ex­pli­qué dans cette rubrique, jus­qu’en 1972 ce sont les mi­nistres qui choi­sissent les films sé­lec­tion­nés. Et c’est donc très sage : un lé­ger par­fum d’éro­tisme avec Sou­rires d’une nuit d’été Ing­mar Berg­man en 1956, une bai­gnade dans une fon­taine de Rome avec Ani­ta Ek­berg dans la Dolce Vi­ta en 1960…

Mais c’est en 1973 que les choses sé­rieuses vont com­men­cer. Dé­sor­mais le fes­ti­val a pris sont in­dé­pen­dance et pro­jette des films qui dé­fient la mo­rale, la cen­sure et l’ordre. La grande bouffe de Mar­co Fer­re­ri et La ma­man et la pu­tain de Jean Eus­tache illu­mine et scan­da­lise cette édi­tion.

En 1974, Les mille et une nuit de Pa­so­li­ni et Por­tier de Nuit de Ca­va­ni pour­suivent l’hy­bri­da­tion sé­mio-éro­tique can­noise. Alors que L’em­pire des sens de Na­gi­sa Oshi­ma, bien que sé­lec­tion­né à la Quin­zaine des réa­li­sa­teurs, marque le fes­ti­val 1976. Sa suite L’em­pire des pas­sions en com­pé­ti­tion of­fi­cielle en 1978 lais­se­ra pour­tant le Ju­ry tout moue.

Les an­nées 80 com­mencent fort avec le film d’ani­ma­tion co­quin, Le chaî­non man­quant de Pi­cha. Sui­vit l’an­née d’après par le tor­ride re­make du Fac­teur sonne tou­jours deux fois de Bob Ra­fel­son. Avec le couple le plus sexy du mo­ment : Jes­si­ca Lange et Jack Ni­chol­son. 1982, c’est Iden­ti­fi­ca­tion d’une femme d’An­to­nio­ni qui re­çoit un Prix et nous trouble en­core au­jourd’hui. Alors qu’en 1983, Les pré­da­teurs de To­ny Scott (De­neuve et Bo­wie sous la douche) et Fu­ryo de d’Oshi­ma en­core font mon­ter la tem­pé­ra­ture. Un film en Com­pé­ti­tion qui ne cache pas on ho­moé­ro­tisme avec Da­vid Bo­wie tou­jours, dé­ci­dem­ment om­ni­sexy.

Sexe men­songes et vi­déo de Ste­ven So­der­bergh, Palme d’or 1989, clôt la dé­cen­nie. Mais se ré­vèle bien plus sage que son titre. Alors que Do the right thing de Spike Lee, plus sub­ver­sif et clair­voyant, fait chou blanc. Et mé­rite de fi­gu­rer dans cette sé­lec­tion pour son simple gé­né­rique dan­sé par la bouillon­nante Ro­sie Per­rez sur du Pu­blic Ene­my.

Les an­nées 90 sont mar­quées par les Hots d’or (1992-2001), les os­cars de la por­no­gra­phie… En 1992, la soi­rée avait eu lieu dans les sous-sols du No­ga Hil­ton, à quelques mètres de la salle de la Quin­zaine des Réa­li­sa­teurs. Pas­sé cet émoie que dire de ces soi­rée, longue, étouf­fante et fi­na­le­ment bien pauvre, quand on pense au mil­lions gé­né­rées cet ap­pen­dice de l’in­dus­trie ci­né­ma­to­gra­phique. Peu de choses à re­te­nir, donc, de cette pé­riode faus­se­ment Hot. A part peut être la par­touze fil­mée fa­çon France 3 ré­gion de The Idiots de Lars Van Triers.

Plus près de nous, c’est un autre scan­dale qui se­coua le fes­ti­val 2011 pré­si­dé par Ro­bert de Ni­ro. Il s’est qua­si­ment ar­rê­té pen­dant deux jours pha­go­cy­té par les évé­ne­ments de la suite 2806 de l’Hô­tel So­fi­tel de New York... Do­mi­nique Strauss Kahn dé­clen­cha un scan­dale que même Lars von Trier, tou­jours lui, et ses dé­cla­ra­tions gê­nantes sur Hit­ler ne purent sur­pas­ser.

Deux ans plus tard, le fes­ti­val ne sé­lec­tion­ne­ra pas le film sur DSK d’Abel Fer­ra­ra avec Gé­rard De­par­dieu. Mais Wild Bunch, son pro­duc­teur-dis­tri­bu­teur ame­na Bien­ve­nue à New York au Fes­ti­val quand même. La soi­rée a bien ten­té de faire le buzz pour une sor­tie di­recte en VOD, sans que ce­la ne scan­da­lise per­sonne !

Entre les deux, en 2013, Jeune et jo­lie avec la ra­vis­sante Ma­rine Vacht scan­da­lise les amé­ri­cains. Son réa­li­sa­teur Fran­çois Ozon avait osé dire que «la pros­ti­tu­tion fai­sait par­tie des fan­tasmes de nom­breuses femmes.» Mais c’est le tout aus­si bouillant et en­core plus fron­tal La vie d’Adèle d’Ab­del­la­tif Ke­chiche qui rafle, cette an­née là, la Palme la plus Hot.

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