A QUAND LA COKE LIGHT?

NOTRE CHRO­NI­QUEUR LE SAIT : PAS UN PRO­DUIT DE CONSOM­MA­TION COU­RANTE SANS SA VER­SION LIGHT. ALORS UNE FOIS LA SCHNOUF LÉ­GA­LI­SÉE...

Technikart - - DOSSIER - MEL­CHIOR RIANT

La ten­dance est à la conscience lé­gère cher ami : des clopes sans gou­drons, du beurre sans gras, de l’herbe qui n’en est pas et des femmes sans glu­ten. Ou le pa­ra­dis du comp­table nor­vé­gien mor­tel et mo­ra­liste, mais

se­crè­te­ment bou­li­mique et sa­do­ma­so­chiste.

Parce que le « light », c’est avant tout du mi­mé­tisme ra­té, une ma­nière d’édul­co­rer les choses pour presque les faire sans ja­mais les faire vrai­ment, un moyen d’as­sou­vir un dé­sir mal­sain et au­to-des­truc­teur tout en se pour­lé­chant l’ego de n’avoir rien fait de mal (lire Mé­moire d’une grosse

en ca­vale aux édi­tions Gras­souillet).

Alors bien sûr, en ces temps de confu­sion ex­trême, il est par­fai­te­ment pro­bable qu’un bio­lo­giste en gueule de bois in­vente sans faire ex­près une coke sans coke, même goût, même odeur de ga­soil, même diar­rhée post­trau­ma­tique, mais sans au­cun ef­fet nar­co­tique. Pour­quoi

faire simple quand on peut faire dé­bile ?

BI­BE­RON MA­GIQUE

Il le ven­drait alors comme un moyen de s’amu­ser en âme et conscience et nous ver­rions bien­tôt des pubs à la té­lé­vi­sion avec une qua­ran­te­naire ha­billée en prof d’es­pa­gnol ar­ri­ver à un dî­ner avec un sac pou­belle rem­pli de coke light en gueu­lant ; « j’ai ap­por­té le des­sert ! ». Et toute l’as­sis­tance de ri­go­ler en se ta­pant sur les ge­noux, parce que c’est vrai qu’elle est mar­rante Thé­rèse. Il fau­drait alors peu de temps aux ados pré-pu­bères pour s’ap­pro­prier cette nou­veau­té comme ils se sont ap­pro­priés la va­po­rette, nou­veau bi­be­ron ma­gique qui les aide à dé­cou­vrir leurs sexua­li­tés en su­ço­tant un ther­mo­mètre qui pète de la fumée toute la jour­née. Qui em­pê­che­ra, ce mo­ment ve­nu, les jeunes light de­ve­nus des vieux cons d’épou­ser une pe­luche de chanvre bio en ca­res­sant la tête de leur nou­veau-né ache­té un peu plus tôt sur adopte un pauvre. in dia parce qu’ils avaient 40% de ré­duc­tion s’ils don­naient ac­cès à leurs mes­sages et

pho­tos per­son­nels ?

Ar­rê­tons les conne­ries : à quand la coke light ? Pi­tié, ja­mais. C’est dé­jà as­sez la merde dans le monde pour qu’on aille pas en créer une autre. Lais­sez-nous boire et pis­ser tran­quille, nous sommes in­cons­cients et très heu­reux de l’être.

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