LES RÉ­PONSES DE LA MÉ­DE­CINE

Toutes les Nouvelles (Rambouillet / Chevreuse) - - Le Dossier De La Semaine - Pro­pos re­cueillis par Mi­chel Sei­man­do

Yvonne Qué­rard est gy­né­co­logue mé­di­cale et obs­té­tri­cienne dans les Yve­lines (Saint-ger­main-en-laye). Elle parle au nom du centre ré­fé­rent de l’ouest-pa­ri­sien, l’hô­pi­tal Pom­pi­dou.

1. Où en sommes-nous de la pré­ven­tion sur le can­cer du sein au­jourd’hui ?

Il y a la pré­ven­tion dite de masse pour les femmes à par­tir de 50 ans. C’est une prise en charge dé­par­te­men­tale, gra­tuite. Tous les deux ans, la pa­tiente est in­vi­tée à faire une mam­mo­gra­phie et ou une écho­gra­phie. C’est le tra­vail louable d’oc­tobre rose, de l’arc, de toutes ces as­so­cia­tions qui font un tra­vail re­mar­quable.

2. Et pour les autres femmes ?

Pour les femmes de 40 à 49 ans, nous tra­vaillons sur la per­son­na­li­sa­tion du pa­tient. Nous in­vi­tons les femmes qui ap­par­tiennent à cette tranche d’âge à faire exa­mi­ner leurs seins par leur mé­de­cin ré­fé­rent. La pal­pa­tion ain­si que l’in­ter­ro­ga­toire sont né­ces­saires. En­fin, il y a la po­pu­la­tion à risque : nous pre­nons en compte les an­té­cé­dents fa­mi­liaux pri­maires - la mère ou la soeur - et les femmes qui ont eu une gros­sesse tar­dive, de 38 à 40 ans. Nous rap­pe­lons que la gros­sesse est un grand bou­le­ver­se­ment im­mu­ni­taire et hor­mo­nal. L’âge ac­croît la dé­fi­cience cel­lu­laire.

3. L’opé­ra­tion Oc­tobre rose sert à in­for­mer sur le su­jet ?

Face à la di­mi­nu­tion du nombre de mé­de­cins spé­cia­listes, les gy­né­co­logues dis­pa­raissent peu à peu, il faut que les femmes soient de plus en plus aver­ties. Il faut sou­li­gner l’énorme tra­vail, d’oc­tobre rose, de l’arc… dans la lutte contre le can­cer.

4. Les tech­no­lo­gies nou­velles sont, je crois, des avan­cées gi­gan­tesques ?

Jus­qu’à présent nous avons la ra­dio­lo­gie pour seul élé­ment de diag­nos­tic du can­cer du sein. Sur le plan de la per­cep­ti­bi­li­té du can­cer et d’un point de vue ra­dio­lo­gique, nous avons entre six et huit ans de re­tard. Avec les tech­no­lo­gies nou­velles, nous se­rons très, très pro­chai­ne­ment dans une forme de diag­nos­tic pré­dic­tif. Nous al­lons amé­lio­rer la pré­co­ci­té des diag­nos­tics. Nous pou­vons par­ler éga­le­ment du dé­ve­lop­pe­ment de L’IRM, de la mam­mo­gra­phie 3D to­mo­syn­thèse cou­plée à l’écho­gra­phie (son in­té­rêt ré­side dans le fait qu’elle per­met une image plus claire et plus nette du sein. Ain­si les ra­dio­logues peuvent analyser plus pré­ci­sé­ment la taille, la forme, la localisation et le nombre d’ano­ma­lies, N.D.L.R.). L’autre pro­grès, c’est la bio­lo­gie mo­lé­cu­laire. Elle per­met de mieux ap­pré­hen­der le po­ten­tiel évo­lu­tif de chaque can­cer, une pa­tho­lo­gie re­mar­qua­ble­ment hé­té­ro­gène. A terme, elle per­met­tra d’éta­blir de nou­veaux cri­tères thé­ra­peu­tiques dé­ci­sion­nels au cô­té de ceux uti­li­sés dans la pra­tique cli­nique quo­ti­dienne (âge, taille tu­mo­rale, en­va­his­se­ment gan­glion­naire, grade, sta­tut des ré­cep­teurs hor­mo­naux…).

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