Célestin, fac­teur sur la même tour­née pen­dant 40 ans

Toutes les Nouvelles (Versailles / Saint-Quentin-en-Yvelines) - - Autour De Versailles - Flo­rie Ce­do­lin

Ce ven­dre­di 10 no­vembre était un grand jour pour Célestin Jean-al­phonse. Ce fac­teur ef­fec­tuait sa « der­nière tour­née » à Jouy-en-jo­sas avant de prendre sa re­traite. Une tour­née qu’il a faite du­rant qua­rante ans !

Ce Mar­ti­ni­quais d’ori­gine a pas­sé le con­cours de la dis­tri­bu­tion le 21 mars 1977. Un an plus tard, le 21 mars 1978, il est af­fec­té à Jouy-en-jo­sas. Il se­rait bien res­té en Mar­ti­nique mais faute de tra­vail suf­fi­sant, il a fait par­tie de ces nom­breux Mar­ti­ni­quais ve­nus prê­ter main­forte à la mé­tro­pole. C’est donc dans la ville d’ober­kampf qu’il se­ra af­fec­té, sur la « tour­née nu­mé­ro 5 », soit en­vi­ron 13 km à par­cou­rir tous les jours. Et six jours sur sept en dé­but de car­rière, le mé­tier ayant de­puis évo­lué. « J’avais aus­si pas­sé le con­cours de doua­nier que j’ai réus­si », pré­cise ce­lui que les Jo­va­ciens ap­pellent Célestin.

Il a vu les Jo­va­ciens gran­dir

D’ailleurs, deux jours au­pa­ra­vant, ils sont une ving­taine de par­ti­cu­liers à s’être réunis pour lui or­ga­ni­ser une pe­tite fête. « Vous al­lez nous man­quer », « Ne par­tez pas ! » sont sans doute les phrases qui sont re­ve­nues le plus. Il faut dire que Célestin, avec ses 40 ans d’an­cien­ne­té, les connaît tous ou presque. « Ceux qui étaient en­fants au dé­but de ma car­rière sont main­te­nant pa­rents, sou­rit le fac­teur. Je les ai vus gran­dir », ex­plique-t-il dans la rue du Gé­né­ral-de-gaulle alors qu’il croise une Jo­va­cienne. Un pe­tit mot échan­gé sur la mé­téo maus­sade et Célestin ren­fourche son vé­lo. « Main­te­nant, nous avons des vélos à as­sis­tance élec­trique, c’est beau­coup plus fa­cile », se ré­jouit l’homme de 62 ans (63 ans en mars 2018).

Plus fa­cile aus­si les ho­raires. « Au dé­but, on com­men­çait les jour­nées à 5h45, se rap­pelle-t-il. On fai­sait le tri du cour­rier puis cha­cun ré­cu­pé­rait le cour­rier de son quar­tier. Main­te­nant, les ma­chines font la ma­jo­ri­té du tri. » Les ho­raires se sont donc ré­duits, de 7h à 12h30 nor­ma­le­ment. Mais il n’est pas rare que Célestin dé­borde. « J’aime bien dis­cu­ter avec les gens, avouet-il. Et puis, je les connais, je de­mande des nou­velles des en­fants, ils m’en de­mandent, etc. Je me sou­viens par exemple d’une vieille dame qui ha­bi­tait rue Beu­vron. À l’époque, je lui mon­tais ses sceaux de char­bon ! »

La ve­nue de Célestin, par­fois vé­ri­ta­ble­ment at­ten­due, est aus­si une pré­sence, une vi­site, chère à cer­tains Jo­va­ciens. Un mo­ment de convi­via­li­té, même fu­gace, que beau­coup at­tendent pour égayer leur jour­née. C’est ce rôle presque so­cial qu’a en­dos­sé Célestin du­rant qua­rante ans à Jouy-en-jo­sas, na­tu­rel­le­ment, ar­pen­tant les rues du Gé­né­ralde-gaulle, de la Li­bé­ra­tion ou en­core mon­tant des côtes très raides sur son vé­lo.

À la re­traite, Célestin es­père « pro­fi­ter » tout sim­ple­ment et « voya­ger » avec sa femme qui elle, se­ra en re­traite d’ici un an. Et bien en­ten­du, re­voir la Mar­ti­nique.

Ven­dre­di 10 no­vembre, Célestin Jean-al­phonse ef­fec­tue sa der­nière tour­née en tant que fac­teur à Jouy-en-jo­sas avant la re­traite.

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