Grands mil­lé­simes ET BEAUX ES­POIRS

On ne peut rien NOUS CA­CHER. Pas même Jeff Koons.

Vanity Fair (France) - - Éditorial -

Pour­quoi fait- on tout un plat au­tour des chiffres ronds ? J’ai 69 ans et je n’ai pas en­vie d’en avoir 70. En fê­tant ces an­ni­ver­saires ron­douillards, on fait des bi­lans, on re­garde le pas­sé et je n’aime pas trop ça. Vade re­tro ! Voir l’ave­nir dans ce qui existe dé­jà donne, en re­vanche, de l’al­lure au pas­sage de la vie. La nouvelle gé­né­ra­tion de Ca­nal+ (30 ans cette an­née) en est la preuve. Cette chaîne que j’ai vu naître (à 39 ans, donc, et pas à 40 !) et gran­dir a été un porte-avions ex­cep­tion­nel pour les ta­lents. Le ci­né­ma fran­çais s’en nour­rit, la liste des ac­trices et ac­teurs qui en sont is­sus est plus sé­dui­sante que bien des cas­tings : Les Nuls d’abord ; Édouard Baer, Ja­mel, Omar et Fred évi­dem­ment ; Guillaume Gal­lienne, qui oc­cupe une place à part. La mé­téo découvre tous les deux ans une nouvelle ac­trice : Do­ra Tillier la der­nière en date, la fa­bu­leuse Char­lotte Le Bon que je pré­fère à Anne Ha­tha­way, Louise Bour­goin qui re­nie son pas­sé de miss mé­téo pour mieux s’af­fai­rer sur grand écran... Dans ce nu­mé­ro, ils ont la part belle. On en re­par­le­ra dans vingt-neuf ou trente ans. Ce mois- ci, Loïc Prigent, qui mieux que qui­conque donne du mor­dant au brillant de la mode, signe un por­trait de Vic­toire de Cas­tel­lane, créa­trice de joyaux hors pair. Elle a une âme d’en­fant qui « cherche la cou­leur du bon­bon qu’elle a su­cé » pour créer des bi­joux de fa­mille « sym­boles de vio­lence, de pas­sion, vol, meurtre, rup­ture, haine ! » Ceux de Jeff Koons font face à l’ob­jec­tif d’An­nie Lei­bo­vitz (on ne peut rien ca­cher à An­nie) pour un ar­ticle si­gné In­grid Sis­chy. Deux ex­po­si­tions de l’ar­tiste fe­ront l’évé­ne­ment cet au­tomne à Pa­ris. In­grid, qui connais­sait Jeff avant ses dé­buts, ra­conte com­ment les prises de risque l’ont pro­pul­sé au pi­nacle de la cul­ture pop et de la courbe des prix : son Bal­loon Dog a été ad­ju­gé à 58,4 mil­lions de dol­lars ! Mais il y a plus cher qu’un Koons, vous di­ra-t- on page 82 : les jambes du foot­bal­leur Cris­tia­no Ro­nal­do sont as­su­rées pour 144 mil­lions de dol­lars alors que les poils du torse de Tom Jones ne valent que 7 mil­lions. Ça fait beau­coup de chiffres mais les bons mil­lé­simes existent et il faut en pro­fi­ter. « En­joy ! » comme on dit en Amé­rique. �

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