Les nou­velles vies d’an­ge­li­na

Syd­ney, Aus­tra­lie, décembre 2013. C’est le dé­but de l’été sur l’île Co­cka­too. Une femme, svelte et coif­fée d’un cha­peau de paille,

Vanity Fair (France) - - La Une -

Par­tie I

Alors que sort son film In­vin­cible, une ode au cou­rage, An­ge­li­na Jo­lie se confie sur sa vie de mère de six en­fants et d’épouse de Brad Pitt. Sur­tout, la su­per­star ex­plique à la re­por­ter de guerre JA­NINE DI GIO­VAN­NI ses en­ga­ge­ments hu­ma­ni­taires et évoque un in­évi­table ave­nir po­li­tique.

at­tend au mi­lieu d’un plateau de tour­nage cou­vert de pous­sière. Elle fixe le ciel gris-bleu tout en se pro­té­geant les yeux d’une main. Elle ai­me­rait que les nuages se dis­sipent. « Le pa­ra­chute ne tombe ja­mais au bon en­droit », mar­monne- t- elle, à moi­tié pour el­le­même, à moi­tié pour les per­sonnes qui l’en­tourent. « On va faire d’autres prises, en at­ten­dant que le pa­ra­chute at­ter­risse. »

Cette femme, qui porte un slim noir et des bottes crot­tées, n’est autre qu’An­ge­li­na Jo­lie. Au­tour d’elle, une ar­ma­da de gaillards mal ra­sés, en short et chaus­sés, eux aus­si, de lourdes bottes. La plu­part sont des Aus­tra­liens em­bau­chés pour tra­vailler sur le plateau. Un peu plus loin, quelques ac­teurs fument des Ca­mel sans filtre. Ils semblent ter­ri­ble­ment maigres. « On a em­bau­ché tout un tas de grin­ga­lets », ex­plique Jo­lie, presque en plai­san­tant. Ces fi­gu­rants doivent in­ter­pré­ter des soldats amé­ri­cains faits pri­son­niers pen­dant la Se­conde Guerre mon­diale dans un camp d’in­ter­ne­ment ja­po­nais près de To­kyo. Ils ont l’air af­fa­més, fu­rieux, an­xieux.

Confor­ta­ble­ment ins­tal­lée sur cette île du port de Syd­ney, An­ge­li­na Jo­lie tourne In­vin­cible. Ti­ré du best-sel­ler de Lau­ra Hillen­brand, ce film re­trace la vie de Louis Zam­pe­ri­ni, petit Amé­ri­cain ba­gar­reur d’ori­gine ita­lienne de­ve­nu cou­reur olym­pique, puis pi­lote de chasse et hé­ros de guerre. En 1943, Zam­pe­ri­ni, in­car­né à l’écran par l’ac­teur bri­tan­nique Jack O’Con­nell, s’écrase en plein océan Pa­ci­fique. Pré­su­mé mort par les au­to­ri­tés amé­ri­caines, il passe qua­rante-sept jours en mer, à dé­ri­ver sur un ca­not de sau­ve­tage, avant d’être cap­tu­ré par les Ja­po­nais. Les deux an­nées sui­vantes, il su­bit les pires sé­vices, avant d’être li­bé­ré en 1945.

Pen­dant le tour­nage d’In­vin­cible, An­ge­li­na Jo­lie et Louis Zam­pe­ri­ni, mort en juillet 2014 à l’âge de 97 ans, sont de­ve­nus ex­trê­me­ment proches. « C’est une sorte de fi­gure pa­ter­nelle, confie la réa­li­sa­trice de 39 ans. Une per­sonne on ne peut plus or­di­naire, et c’est ce que j’aime chez lui. Ce n’était pas le plus grand ni le plus beau ni le plus sûr de lui. Ga­min, il était un peu pau­mé. » Elle s’in­ter­rompt. « Mais le prin­ci­pal mes­sage [du film], c’est com­ment on choi­sit de vivre sa vie. Et qu’il y a de la no­blesse en cha­cun de nous. »

En ce mo­ment, Jo­lie filme les scènes qui té­moignent de la bru­ta­li­té de l’époque. Compte te­nu de la triste réa­li­té que le film dé­peint, l’at­mo­sphère sur le plateau n’en est que plus sombre, lu­gubre même. Tous ces types sque­let­tiques semblent tour­men­tés. Et à l’in­té­rieur de leur ca­ra­vane, les ac­teurs prin­ci­paux sont eux aus­si à fond dans leur per­son­nage. Dans la vie, le bour­reau de Zam­pe­ri­ni s’ap­pe­lait Mut­su­hi­ro Wa­ta­nabe. Pour ce rôle de ser­gent sa­dique, Jo­lie a choi­si Miya­vi, un ex­tra­va­gant chan­teur pop ja­po­nais. Il se rap­pelle que Jo­lie a beau­coup in­sis­té pour qu’il se mette dans la peau du garde. Après une scène par­ti­cu­liè­re­ment bar­bare dans la­quelle il de­vait rouer Zam­pe­ri­ni de coups, il a éprou­vé un dé­goût si fort qu’il a fi­ni par vo­mir. « Dé­tes­ter les autres ac­teurs était un vrai supplice pour moi. Quand il fal­lait que je les frappe, je de­vais faire comme si c’était pour pro­té­ger ma fa­mille. Mais je ne vou­lais pas être seu­le­ment le mé­chant. Je vou­lais mettre de l’hu­ma­ni­té dans ce per­son­nage. [Mut­su­hi­ro] était fou et sa­dique, mais aus­si faible et trau­ma­ti­sé. » Quand Miya­vi a ren­con­tré la réa­li­sa­trice à To­kyo (« Dans une dis­co­thèque ! » dit-il pour bla­guer), il n’était pas con­vain­cu de pou­voir as­su­mer ce rôle. « Cette his­toire est tou­jours très dou­lou­reuse pour mon pays. Mais elle m’a dit que son but était de je­ter un pont entre les dif­fé­rentes na­tions en conflit. Elle s’est mon­trée très per­sua­sive. Mal­gré tout, ad­met-il, après avoir tour­né cer­taines des scènes de tor­ture les plus vio­lentes, j’avais du mal à ar­rê­ter de pleu­rer. »

« Je veux lais­ser quelque chose à mes en­fants : un mes­sage de vie. »

Pro­duit par Uni­ver­sal, In­vin­cible est un film à 65 mil­lions de dol­lars (50 mil­lions d’eu­ros), un sé­rieux pré­ten­dant aux Os­cars au pe­di­gree im­pres­sion­nant (Joel et Ethan Coen ont tra­vaillé le script en pro­fon­deur). Très loin donc de la pré­cé­dente réa­li­sa­tion de Jo­lie, Au pays du sang et du miel (2011), qui, bien que sur­pre­nant et per­cu­tant, était beau­coup moins spec­ta­cu­laire et hol­ly­woo­dien. Ce plateau, Clint East­wood au­rait pu l’ima­gi­ner pour son dip­tyque de 2006 sur la Se­conde Guerre mon­diale, Mé­moires de nos pères et Lettres d’Iwo Ji­ma. (East­wood a di­ri­gé Jo­lie dans L’Échange. L’ac­trice y livre l’une de ses per­for­mances les plus re­mar­quables.) Mais la réa­li­sa­trice dit s’être moins ins­pi­rée d’East­wood que de Sid­ney Lu­met et de La Col­line des hommes per­dus (1965). L’ac­tion de ce film de guerre cap­ti­vant, in­ter­pré­té no­tam­ment par Sean Con­ne­ry, a pour cadre une pri­son mi­li­taire bri­tan­nique en Afrique du Nord.

S’at­ta­quer à une his­toire aus­si com­plexe sur le plan his­to­rique et aus­si nuan­cée sur le plan po­li­tique était presque une for­ma­li­té pour Jo­lie. Les conflits, les ba­tailles et le trau­ma­tisme lais­sé par la guerre sont des su­jets que connaît bien l’en­voyée spé­ciale du Haut Com­mis­sa­riat des Na­tions unies pour les ré­fu­giés (HCR). Elle sillonne les mêmes che­mins de terre pé­rilleux que les tra­vailleurs hu­ma­ni­taires, les mé­de­cins et les cor­res­pon­dants étran­gers. Ici, pas de ta­pis rouges, ni de robes Ver­sace. Non, sa tâche consiste à dif­fu­ser

la cam­pagne de sen­si­bi­li­sa­tion du HCR et à en­tre­prendre des mé­dia­tions de haut vol dans des si­tua­tions d’ur­gence com­plexes. Un gros dos­sier, comme on dit dans le monde di­plo­ma­tique.

Ces qua­torze der­nières an­nées, elle a par­ti­ci­pé à plus de cin­quante mis­sions de ce genre, en com­men­çant par être am­bas­sa­drice de bonne vo­lon­té. Ce rôle oc­cupe dé­sor­mais une très grande place dans sa vie. Elle reste as­sise pen­dant des heures sur le sol dur comme la pierre des camps de ré­fu­giés, calepin à la main. En étu­diant cartes et do­cu­ments, elle peut lo­ca­li­ser pré­ci­sé­ment où les exi­lés sy­riens cherchent re­fuge. Avec elle, la conver­sa­tion saute de l’État is­la­mique en Irak et au Le­vant à la fa­mine qui me­nace le Sud Sou­dan, en pas­sant par l’épi­dé­mie d’Ebo­la qui sé­vit en Afrique de l’Ouest. Avec le temps, ces ré­gions du monde sont de­ve­nues son ter­ri­toire. « Vous et moi, on connaît les hor­reurs de la guerre », me di­telle plus tard, ins­tal­lée dans sa tente au mi­lieu du plateau, en train de re­gar­der un écran. Elle avale une soupe de lé­gumes dans un go­be­let en po­ly­sty­rène et un jus de fruits frais (pas le temps de dé­jeu­ner tran­quille­ment, elle es­père tour­ner avant que la lu­mière dé­cline). Elle ne porte pas de ma­quillage, seu­le­ment une bonne couche de crème so­laire. Ses che­veux longs – lé­gè­re­ment blon­dis par le so­leil aus­tra­lien – sont ra­me­nés sous un cha­peau souple. « Je veux que les en­fants voient ce film. Je veux lais­ser quelque chose aux miens – un mes­sage de vie. » Un de ses fils, Mad­dox, au­jourd’hui âgé de 13 ans, se ba­lade sur le plateau, ob­serve ce qui se passe et parle avec les ac­teurs. Il se­ra as­sis­tant de pro­duc­tion sur le pro­chain film de sa mère, By the Sea, dans le­quel elle di­rige son tout nou­veau ma­ri, Brad Pitt. Pour le mo­ment, ses cinq autres en­fants – Pax, qui a fê­té son on­zième an­ni­ver­saire fin no­vembre, Za­ha­ra, 9 ans, Shi­loh, 8 ans, et les ju­meaux Vi­vienne et Knox, 6 ans – ré­sident dans une spa­cieuse mai­son de lo­ca­tion à Syd­ney, à quelques mi­nutes de route, où elle les re­trouve presque chaque soir pour dî­ner.

40 jours, 40 nuits

An­ge­li­na Jo­lie n’est pas du genre à pleur­ni­cher. Je l’ai ac­com­pa­gnée plu­sieurs fois dans des zones de conflit (en par­tie en ma qua­li­té de consul­tante au­près du HCR) et j’ai pu voir qu’elle ne joue pas les di­vas. Elle ar­rive sou­vent en avance aux réunions et at­tend sa­ge­ment, avec un livre ou ses notes. Elle n’a pas de garde rap­pro­chée. Elle voyage lé­ger, sou­vent avec un seul sac – pré­cieuse le­çon qu’elle a re­te­nue de ses mis­sions hu­ma­ni­taires dans des en­droits re­cu­lés, où il ar­rive de bon­dir d’un hé­li­co­ptère en vol. Elle se montre tou­jours d’une grande po­li­tesse et dé­teste se plaindre, même si elle est fa­ti­guée ou souf­frante. Ses prio­ri­tés ont tou­jours été claires. Son en­tou­rage n’est consti­tué que d’une as­sis­tante per­son­nelle (une de ses plus proches amies) et de pro­fes­seurs par­ti­cu­liers. Les en­fants ont l’ha­bi­tude de s’oc­cu­per les uns des autres et quelques per­sonnes de confiance se chargent des cours à do­mi­cile. Mais sou­vent, An­ge­li­na Jo­lie et Brad Pitt res­tent en fa­mille, à par­ta­ger un re­pas ou à re­gar­der un film dans une suite d’hô­tel ou une vil­la. Leur vie est tout ce qu’il y a de plus nor­mal. Ce sont tous les deux des pa­rents très im­pli­qués : quand elle ne tra­vaille pas par exemple, elle em­mène ses en­fants au zoo de Ta­ron­ga, à Syd­ney, et ils y passent la nuit quand il reste ou­vert au pu­blic.

En août 2014, pour que le ma­riage sur­prise dans leur mai­son du sud de la France soit pos­sible, tout le monde a dû mettre la main à la pâte pen­dant deux se­maines. « Nous al­lions tous cé­lé­brer un ma­riage, ex­plique-t- elle. Il n’y avait pas de gâ­teau, alors Pax en a fait un. Les en­fants ont confec­tion­né des pe­tits cous­sins pour les al­liances et Knox [le por­teur des an­neaux] s’est en­traî­né avec un gland qui n’ar­rê­tait pas de tom­ber ! La mère de Brad [Jane Pitt] est al­lée cueillir des fleurs et a com­po­sé le bou­quet. » Les en­fants ont éga­le­ment par­ti­ci­pé à l’écri­ture des voeux. « Ils savent bien qu’il y au­ra des dis­putes mais ils nous ont fait pro­mettre de tou­jours dire par­don. Du coup, ils nous ont de­man­dé : “Le vou­lez-vous ?” et nous avons ré­pon­du : “Oui, nous le vou­lons !” » Pour ceux qui les connaissent bien, Jo­lie et Pitt avaient dé­jà tout d’un couple ma­rié : ils ont tou­jours été proches, res­pec­tueux et af­fec­tueux l’un en­vers l’autre, ils s’ap­pellent sou­vent « ho­ney ». Mais a- t- elle l’im­pres­sion que leur re­la­tion a chan­gé main­te­nant ? « Oui, c’est dif­fé­rent, confie-t- elle, son­geuse. C’est agréable d’être ma­ri et femme. »

Il y a un peu plus d’un an, Brad Pitt n’était en­core que son fian­cé : il jouait dans un autre film sur la Se­conde Guerre mon­diale, Fu­ry, à l’autre bout de la pla­nète, en An­gle­terre. Ils s’écri­vaient des lettres – qu’ils s’en­voyaient par la poste – parce que c’est ain­si que les couples fai­saient pen­dant la guerre. Ce genre de dé­tails, et l’au­then­ti­ci­té, sont pri­mor­diaux aux yeux de Jo­lie. En Bos­nie, sur le tour­nage d’Au pays du sang et du miel, elle a lon­gue­ment consul­té des jour­na­listes qui avaient cou­vert le conflit pour s’as­su­rer que les re­por­tages ra­dio qui fi­gu­raient dans le film étaient fi­dèles à la réa­li­té. Elle a étu­dié l’his­toire de l’ex-You­go­sla­vie et s’est en­tre­te­nue avec Ri­chard Hol­brooke, émi­nent di­plo­mate qui fut l’en­voyé spé­cial du pré­sident Clin­ton dans les Bal­kans et, plus tard, l’émis­saire pour le Pa­kis­tan et l’Af­gha­nis­tan quand Hilla­ry Clin­ton était se­cré­taire d’État. De même, Jo­lie pré­pare mi­nu­tieu­se­ment ses mis­sions hu­ma­ni­taires : elle se fait brie­fer par des conseillers des Na­tions unies en qui elle a confiance, des ex­perts en po­li­tique étran­gère et des col­lègues du think-tank amé­ri­cain Coun­cil on Fo­rei­gn Re­la­tions, dont elle est membre. Au sein de la Guilde des réa­li­sa­teurs d’Amé­rique, rares sont ceux qui peuvent en dire au­tant.

Si Jo­lie a vou­lu ra­con­ter l’his­toire de Zam­pe­ri­ni, c’est avant tout parce qu’il avait une grande force de ca­rac­tère, un ins­tinct de sur­vie ex­cep­tion­nel, une foi in­ébran­lable – même dans ces cir­cons­tances ter­ribles – et de fortes convic­tions. Et, ha­sard de la vie, ils étaient voi­sins : de sa mai­son à Hol­ly­wood Hills, elle pou­vait voir la sienne. Après avoir fait pres­sion sur Uni­ver­sal et ob­te­nu leur feu vert pour mettre son his­toire en scène, elle a de­man­dé à Pitt de his­ser le dra­peau amé­ri­cain afin que Zam­pe­ri­ni le voie. Elle lui a té­lé­pho­né, triom­phante, et s’est ex­cla­mée : « Louis, re­garde par la fe­nêtre ! »

Lors des der­niers jours du vieil homme, elle est res­tée ré­gu­liè­re­ment à son che­vet, près de lui et de sa fa­mille. Elle est fière d’avoir pu lui mon­trer la pre­mière ver­sion du film, même si les mo­ments pas­sés en­semble avaient un goût doux-amer. Au dé­but, elle crai­gnait sa ré­ac­tion. « J’étais plus émue que lui, pré­cise-t- elle. Je suis al­lée le voir pour m’oc­cu­per de lui – mais c’est lui qui s’est oc­cu­pé de moi. » Ils ont re­gar­dé se suc­cé­der les scènes de souf­france, de résilience et, en fin de compte, de vic­toire – et dans toutes, la dé­ter­mi­na­tion sans faille de Zam­pe­ri­ni trans­pa­raît. Ici, il était en­fant ; avec son frère qui l’en­cou­ra­gea à ex­ploi­ter ses ca­pa­ci­tés ; ou en train de par­ti­ci­per aux Jeux olym­piques de 1936, à Ber­lin (où Jesse Owens, la star de l’ath­lé­tisme, dé­cro­cha quatre mé­dailles d’or). Là, on as­sis­tait à l’épou­van­table crash qui bou­le­ver­sa son des­tin à tout ja­mais, aux jours et aux nuits dif­fi­ciles pas­sés en mer, à son long cal­vaire dans le camp. « C’était très tou­chant de voir quel­qu’un re­gar­der sa vie dé­fi­ler, confie-t- elle dans un mur­mure, les larmes aux yeux. Quel­qu’un de si fort phy­si­que­ment mais qui est à un stade de son exis­tence où son corps lâche. » Ma­ni­fes­te­ment, elle fait aus­si ré­fé­rence à sa propre mère, l’ac­trice Mar­che­line Ber­trand, em­por­tée par un can­cer des ovaires en 2007, à l’âge de

« Quand on fait de l’hu­ma­ni­taire, on sait bien que la po­li­tique n’est ja­mais très loin. »

56 ans. « Et pour­tant, on a ri tous les deux, et on a par­lé de sa mère. Il avait une telle foi, il par­lait de tous les gens qu’il pen­sait re­voir de l’autre cô­té. Il di­sait que ça l’apai­se­rait. Qu’après avoir me­né une vie de com­bats, il pour­rait en­fin se re­po­ser. » Elle se rap­pelle qu’à un mo­ment don­né, Zam­pe­ri­ni a sem­blé dé­faillir. Mais, comme s’il pui­sait en­core une fois dans des res­sources in­soup­çon­nées, il a re­pris du poil de la bête. « [Les mé­de­cins] ont dit qu’il es­sayait de res­pi­rer tout seul. Et c’est ce qu’il m’a tou­jours en­sei­gné – tu t’en­traînes, tu te bats plus fort que les autres et tu gagnes. Tu peux le sup­por­ter. Tu le fais. » À ce mo­ment-là, elle semble par­ti­cu­liè­re­ment émue, mais elle se res­sai­sit aus­si­tôt. « C’est très poé­tique, il est res­té qua­rante jours et qua­rante nuits [à l’hô­pi­tal]. » Puis Zam­pe­ri­ni s’est éteint. Dès lors, elle était plus que ja­mais dé­ter­mi­née à dif­fu­ser le mes­sage d’In­vin­cible : « Il ne vou­lait pas que les gens re­tiennent du film le fait qu’il avait été ex­tra­or­di­naire mais que tout le monde peut l’être. Sa vie était loin d’être par­faite au dé­but. Ça nous prouve que l’es­prit hu­main – la vo­lon­té de faire le bien et de dé­fendre une cause – est très, très puis­sant. »

J’ai ren­con­tré An­ge­li­na Jo­lie pour la pre­mière fois il y a trois ans. Elle m’avait contac­tée au su­jet d’un livre que j’avais écrit sur la guerre de Bos­nie, Mad­ness Vi­sible, en re­pre­nant no­tam­ment mes re­por­tages pour Va­ni­ty Fair. Elle m’avait en­voyé un petit mot, quelque chose du genre : « On est sur la même lon­gueur d’onde. » À l’époque, elle ve­nait tout juste de fi­nir son film sur l’abo­mi­nable conflit qui a se­coué la Bos­nie dans les an­nées 1990. Avec Brad Pitt, elle s’était ren­due à Foča, où se si­tuait l’un des « camps de viol » les plus bru­taux, et les ci­toyens bos­niaques n’en croyaient pas leurs yeux. Elle avait aus­si en­ten­du dire qu’un cer­tain nombre de cor­res­pon­dants qui avaient cou­vert cette guerre (dont moi-même) étaient, à son égard, pour le moins scep­tiques. Tout le monde se po­sait la ques­tion : com­ment diable An­ge­li­na Jo­lie – ou La­ra Croft, comme je la consi­dé­rais alors – al­lait- elle bien pou­voir trans­po­ser ce su­jet in­cen­diaire en images ? Et pour­tant, elle a réa­li­sé l’un des films les plus forts sur ce conflit. Elle n’a fait ap­pel qu’à des ac­teurs du coin et tour­né en deux langues : en an­glais et en ser­bo- croate (comme on di­sait alors). Cer­tains de mes col­lègues les plus bla­sés, qui avaient vé­cu le siège de Sa­ra­je­vo, se sont de­man­dé la même chose : com­ment une ga­mine qui avait tout juste 17 ans au dé­but de la guerre avait fait pour si bien l’ap­pré­hen­der ? An­ge­li­na Jo­lie est pleine d’em­pa­thie : voi­là peut- être une par­tie de l’ex­pli­ca­tion. Comme n’im­porte quelle mère, elle peut se mettre à la place des femmes coin­cées dans des camps de ré­fu­giés ou qui ont per­du leurs en­fants. Et, con­trai­re­ment aux of­fi­ciels ou aux émis­saires que l’on voit gé­né­ra­le­ment, elle se laisse émou­voir. Par­fois, quand elle est seule et qu’elle re­pense à ce qu’elle a vu, les larmes lui montent aux yeux – et elle n’en éprouve au­cune honte.

Je lui de­mande sou­vent quel se­ra le pro­chain cha­pitre de sa vie (même si je sais qu’elle vient de si­gner pour un nou­veau long mé­trage, Afri­ca, sur le pa­léoan­thro­po­logue Ri­chard Lea­key et la cam­pagne qu’il a me­née pour sau­ver les élé­phants ké­nyans). Je sens bien qu’un autre, peut- être plus brillant, est sur le point de s’écrire. Fi­ni­ra-t- elle par en­trer en po­li­tique ? Ou, di­sons, en di­plo­ma­tie, comme l’ex- en­fant star Shir­ley Temple ? En gé­né­ral, An­ge­li­na Jo­lie rit de ce genre de ques­tions. Elle as­sure vou­loir conti­nuer à écrire et à réa­li­ser des films. Mais plus elle dé­ve­loppe ses pro­jets per­son­nels pour pro­mou­voir le bien- être hu­main dans le monde, plus sa tra­jec­toire semble évi­dente. « Quand on fait de l’hu­ma­ni­taire, on sait bien que la po­li­tique n’est ja­mais très loin », dit- elle – ce que je prends comme une al­lu­sion au fait qu’à un mo­ment ou à un autre, elle pour­rait en­vi­sa­ger d’être élue ou nom­mée à un poste. « Si on veut vrai­ment chan­ger les choses, il faut prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés. » Elle nuance aus­si­tôt : « Hon­nê­te­ment, je ne vois pas dans quel rôle je pour­rais être la plus utile. J’ai par­fai­te­ment conscience de ce que je fais dans la vie et que ça [pour­rait] être un frein. »

des san­glots sous la douche

Li­ban, fé­vrier 2014. Elle in­ter­rompt le mon­tage d’In­vin­cible à Los An­geles et at­ter­rit à l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal de Bey­routh - Ra­fic-Ha­ri­ri. À l’ar­ri­vée l’at­tendent poi­gnées de mains, pho­tos et pro­to­cole gou­ver­ne­men­tal. Elle sait pour­tant res­ter mo­deste. Elle porte sa te­nue de terrain ha­bi­tuelle : slim, bal­le­rines, che­mise ample. Elle s’en tient au noir, au blanc, au bleu ma­rine et au gris, plus passe-par­tout. Pour quel­qu’un qui est res­té en­fer­mé des heures dans une salle de mon­tage et qui a par­cou­ru 12 000 ki­lo­mètres en avion, elle semble plu­tôt en­jouée. Elle me serre dans ses bras. Quand je lui dis qu’elle a bonne mine, elle hausse les épaules et ré­pond du tac au tac : « J’ai un bon an­ti- cernes. »

Nous nous met­tons en route pour la plaine de la Be­kaa. La si­tua­tion des ré­fu­giés est déses­pé­rée : plus de deux mil­lions de per­sonnes (dé­jà plus de trois mil­lions au mo­ment où j’écris ces lignes, au dé­but de l’au­tomne) ont fui la guerre en Sy­rie pour se rendre en Jor­da­nie, en Tur­quie, ou ailleurs – beau­coup au Li­ban. Le len­de­main, Jo­lie passe la jour­née avec des en­fants dé­pla­cés. Elle les aide à sim­pli­fier les for­ma­li­tés ad­mi­nis­tra­tives et à iden­ti­fier leurs be­soins prio­ri­taires pour que les dé­ci­sion­naires po­li­tiques soient en me­sure de les se­cou­rir. Le jour sui­vant, alors qu’elle se rend à un ren­dez-vous avec Tam­mam Sa­lam, le pre­mier mi­nistre li­ba­nais, elle tient à s’ar­rê­ter dans un bu­reau du HCR pour prendre le petit- dé­jeu­ner avec le per­son­nel lo­cal. L’un des agents, qui or­ga­nise les na­vettes entre Bey­routh et Be­kaa, ai­me­rait prendre une pho­to avec l’ac­trice – pour sa mère, dit-il. À ce mo­ment-là, alors que de nom­breux membres du per­son­nel et de res­pon­sables po­li­tiques lo­caux at­tendent de lui par­ler, elle s’ap­proche de l’homme, lui adresse un sou­rire jo­vial et prend la pause. « Pour votre mère », as­sure- t- elle.

Bos­nie-Her­zé­go­vine, mars 2014. Jo­lie et moi nous trou­vons à bord du jet de la reine Éli­sa­beth II qui s’est en­vo­lé d’une pe­tite base aé­rienne des en­vi­rons de Londres. Pour des rai­sons hu­ma­ni­taires, l’ap­pa­reil a été prê­té à William Hague, alors mi­nistre des af­faires étran­gères bri­tan­nique. As­sis à cô­té de Jo­lie, il est pen­ché sur une pile de do­cu­ments. Après une jour­née d’es­cale à Sa­ra­je­vo, nous mon­tons dans un hé­li­co­ptère mi­li­taire à des­ti­na­tion de Sre­bre­ni­ca, où 8 000 mu­sul­mans, adultes et ado­les­cents, furent mas­sa­crés pen­dant la guerre de Bos­nie.

William Hague, illustre homme d’État du par­ti conser­va­teur, s’est in­té­res­sé à Jo­lie parce qu’Ar­min­ka He­lic, son conseiller né en Bos­nie, l’a con­vain­cu de re­gar­der Au pays du sang et du miel. Hague ne montre pas fa­ci­le­ment ses émo­tions – il vient du York­shire – mais il a trou­vé le film émou­vant et tou­chant. Ils se sont donc ren­con­trés et ont com­men­cé à tra­vailler en­semble sur ce qui de­vien­dra la Pre­ven­ting Sexual Vio­lence Ini­tia­tive (cam­pagne contre les vio­lences sexuelles). En 2013, ils se sont ren­dus au Rwan­da et en Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go. An­ge­li­na Jo­lie ve­nait de su­bir une double mas­tec­to­mie pré­ven­tive. Au dé­part, stoïque, elle avait dé­ci­dé de ne pas évo­quer son opé­ra­tion. Mais quelques mois plus tard, elle a si­gné une tri­bune dans le New York Times. Elle ne s’api­toyait pas une seule se­conde sur son sort – et c’est ce qui ren­dait son texte si beau. Elle ap­por­tait sim­ple­ment son sou­tien aux femmes qui se re­trouvent confron­tées au même di­lemme. « Per­son­nel­le­ment, je ne me sens pas moins femme, y écri­vait- elle. Avoir fait ce choix im­por­tant, qui ne di­mi­nue en rien ma fé­mi­ni­té, m’a ren­due plus forte. » Cette dé­cla­ra­tion, ve­nant de la part d’une des ac­trices les plus sexy de la pla­nète, n’avait rien d’ano­din. Ce mo­ment a été dé­ter­mi­nant pour son image. Si Jo­lie avait ja­mais été l’en­fant ter­rible de Hol­ly­wood, c’était of­fi­ciel­le­ment de l’his­toire an­cienne. (Pen­dant son voyage au Con­go, elle n’a ja­mais men­tion­né son opé­ra­tion. « Si elle souf­frait, elle n’en lais­sait rien voir », ra­conte un confrère.)

La Bos­nie est un pays cher à la réa­li­sa­trice, et dix-neuf ans après le pire mas­sacre d’Eu­rope de­puis la Se­conde Guerre mon­diale, Sre­bre­ni­ca reste tou­jours aus­si triste. L’en­droit est han­té par le sou­ve­nir des morts et les souf­frances qu’en­durent les sur­vi­vants. À Po­toča­ri, un mé­mo­rial a été éri­gé dans une an­cienne usine de bat­te­ries au­to­mo­biles où des ci­toyens avaient été exé­cu­tés. Ac­com­pa­gnée de Hague et de quelques autres per­sonnes, Jo­lie, un fou­lard sur la tête, par­court les ex­po­si­tions. À un mo­ment don­né, elle blê­mit et Ar­min­ka He­lic la prend par le bras pour la ré­con­for­ter.

Ce pays l’a ma­ni­fes­te­ment bou­le­ver­sée. Le lourd bi­lan de la guerre reste à ja­mais gra­vé dans les consciences tout comme le sou­ve­nir des viols, du trau­ma­tisme et de la vio­lence, trans­mis aux générations sui­vantes. En 2013, lors de la cé­ré­mo­nie des Go­ver­nors Awards de l’Aca­de­my of Pic­ture Arts and Sciences, Jo­lie a in­sis­té sur ce point. Le cadre avait beau dé­ton­ner, son émo­tion était réelle : en re­ce­vant le Jean Her­sholt Hu­ma­ni­ta­rian Award, elle a fait al­lu­sion aux nom­breuses femmes ré­fu­giées qu’elle avait ren­con­trées et eut la re­marque sui­vante au mo­ment d’évo­quer le cas de l’une d’entre elles : « Je ne sais pas pour­quoi ma vie et celle de cette femme sont si dif­fé­rentes. » Par­fois, le fait d’avoir été le té­moin de tant de conflits et de ca­tas­trophes la sub­merge. Quand elle fi­nis­sait son film en Bos­nie par exemple, elle se rap­pelle avoir écla­té en san­glots sous la douche : elle ve­nait de prendre conscience de la gra­vi­té du su­jet au­quel elle s’at­ta­quait et de la res­pon­sa­bi­li­té qu’elle avait en­vers le peuple et les évé­ne­ments qu’elle re­pré­sen­tait.

un mo­ji­to à la main

Londres, juin 2014. An­ge­li­na Jo­lie est avec William Hague : ils co­pré­sentent le som­met mon­dial pour mettre fin aux vio­lences sexuelles dans les conflits. Toute sa fa­mille l’ac­com­pagne et oc­cupe une suite dans un hô­tel de West End. Du­rant ces quatre jours dans la ca­pi­tale an­glaise, Jo­lie court de réunion en réunion avec des re­pré­sen­tants du Li­be­ria, du Con­go ou du Sri Lan­ka. Lors du der­nier jour du som­met, on ap­prend qu’elle est éle­vée au rang de Dame par la reine Éli­sa­beth, l’une des plus hautes dis­tinc­tions ci­viles bri­tan­niques. La presse lo­cale – va­charde même dans les plus belles oc­ca­sions – se montre presque ob­sé­quieuse. Ce soir-là, la fa­mille dîne dans un petit res­tau­rant ja­po­nais. Avec ses en­fants, Brad Pitt fête l’an­ni­ver­saire de son filleul. Tout au long du som­met, Jo­lie a pro­non­cé de nom­breux dis­cours et ren­con­tré une foule de dé­lé­gués mais, ce soir, elle a l’air co­ol et dé­con­trac­tée, un mo­ji­to-vod­ka à la main. Elle est fière de son nou­veau titre (ra­re­ment at­tri­bué à un Amé­ri­cain), mais elle a d’autres pré­oc­cu­pa­tions en tête. La se­maine sui­vante, elle s’en­vo­le­ra pour la Thaï­lande afin d’y me­ner une nouvelle mis­sion des Na­tions unies – la Jour­née mon­diale des ré­fu­giés. Après des mois de ma­ni­fes­ta­tions mas­sives et de vio­lence, le pays est se­coué par une grave crise po­li­tique mais ce­la ne semble pas l’af­fec­ter plus que ça. En com­pa­rai­son, elle fait re­mar­quer que je me rends bien­tôt en Irak – pas vrai­ment un parc d’at­trac­tions.

Après le re­pas – sushis et ya­ki­to­ris – elle rentre à l’hô­tel, en­lève ses ta­lons hauts et gri­gnote des tor­tillas en re­gar­dant la Coupe du monde de foot­ball à la té­lé­vi­sion : Pays-Bas - Es­pagne. De temps en temps, Pitt pousse des hur­le­ments. Un ami entre dans la pièce et de­mande à l’ac­trice de pré­pa­rer les ba­gages de la fa­mille. Sa fille Za­ha­ra s’ap­proche et se penche au- des­sus d’elle. « Qu’est- ce qu’il y a, ma chérie ? » de­mande An­ge­li­na. Za­ha­ra lui glisse à l’oreille un se­cret qui l’amuse. Plus tard, elle m’ex­plique en fai­sant mine de chu­cho­ter : « Elle m’a dit que Mad et sa pe­tite co­pine étaient en train de s’em­bras­ser. » En cet ins­tant, An­ge­li­na Jo­lie – la vraie, pas la tra­vailleuse hu­ma­ni­taire ni la réa­li­sa­trice ni la star hol­ly­woo­dienne – est avant tout une mère.

En 2005, l’ac­trice, alors âgée de 29 ans, avait ac­cor­dé un en­tre­tien ex­cep­tion­nel à Va­ni­ty Fair – ex­cep­tion­nel parce que l’An­ge­li­na Jo­lie d’il y a dix ans n’avait rien à voir avec celle qui est as­sise en face de moi au­jourd’hui, se­reine et sûre d’elle sur le plan in­tel­lec­tuel. À l’époque, elle par­lait de sexe, de ses amours pas­sées et de sa re­la­tion tu­mul­tueuse avec son an­cien ma­ri, Billy Bob Thorn­ton. Dé­sor­mais, elle ex­plique com­ment ame­ner les gou­ver­ne­ments à ré­agir et à re­con­naître les vic­times de vio­lence, ou dis­serte sur les moyens de lutter contre l’im­pu­ni­té pour que le viol ne soit plus uti­li­sé comme une arme de guerre. On di­rait rien de moins qu’une sé­na­trice ou une di­plo­mate, mais un mo­ji­to à la main.

Malte, sep­tembre 2014. Jo­lie me passe un coup de fil entre deux prises de son pro­chain long mé­trage, By the Sea. Comme d’ha­bi­tude, elle est au four et au mou­lin. Non seu­le­ment elle di­rige Brad Pitt (« Des amis nous ont de­man­dé si nous n’étions pas com­plè­te­ment dingues. Une his­toire sur un couple ma­rié qui a des pro­blèmes et je suis la réa­li­sa­trice ! »), mais qui plus est, elle joue aus­si dans le film aux cô­tés de Mé­la­nie Laurent. C’est son pre­mier jour de tour­nage, ses en­fants sont là. Et pen­dant le week- end, un contin­gent de l’ONU vient à Malte pour dé­ter­mi­ner com­ment mettre fin au drame des mi­grants qui se noient en mer : Jo­lie ren­con­tre­ra Antó­nio Gu­terres, le haut com­mis­sion­naire des Na­tions unies pour les ré­fu­giés (cer­tains pensent qu’il pour­rait être le pro­chain se­cré­taire gé­né­ral de l’or­ga­ni­sa­tion). Mal­gré tout, elle tient à par­ler – de Louis Zam­pe­ri­ni, du mon­tage fi­nal d’In­vin­cible, du pro­blème des ré­fu­giés sy­riens, de l’État is­la­mique en Irak et au Le­vant et des as­sas­si­nats hor­ribles des jour­na­listes James Fo­ley et Ste­ven Sot­loff. (Elle a in­car­né Mariane, la veuve de Da­niel Pearl, autre re­por­ter exé­cu­té en 2002, dans Un coeur in­vain­cu de Mi­chael Win­ter­bot­tom.) Et voi­là qu’elle veut évo­quer l’ave­nir. La ques­tion re­vient sur le ta­pis : dans un fu­tur proche, se voit- elle jouer un rôle po­li­tique, di­plo­ma­tique ou pu­blic ? « Je suis ou­verte à cette idée », ré­pond- elle, ré­cep­tive, au­da­cieuse et sé­dui­sante comme tou­jours. �

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