Le châ­teau rê­vé de Pi­cas­so

Dans le Gard, le châ­teau de Cas­tille est à vendre pour près de 9 mil­lions d’eu­ros. Fresques de Pi­cas­so in­cluses.

Vanity Fair (France) - - Vanity Case -

En 1950, le cri­tique et his­to­rien d’art bri­tan­nique, grand spé­cia­liste du cu­bisme, Dou­glas Cooper, ac­quiert le châ­teau de Cas­tille, à Uzès, pour y ins­tal­ler sa col­lec­tion d’art contem­po­rain. Mais il fau­dra plu­sieurs an­nées de tra­vaux avant que la pro­prié­té soit prête à ac­cueillir les oeuvres. Georges Braque, Fer­nand Lé­ger, Paul Klee, Ni­co­las de Staël et Pa­blo Pi­cas­so y sé­journent ré­gu­liè­re­ment. Pi­cas­so, sous le charme de l’en­droit, tente même à plu­sieurs re­prises d’ache­ter le châ­teau de son ami. En vain. Ja­mais il ne pos­sé­de­ra les murs de Cas­tille. Qu’im­porte, le maître es­pa­gnol les mar­que­ra de son em­preinte. Au dé­but des an­nées 1960, il réa­lise le long d’une pro­me­nade abri­tée, avec l’aide du sculp­teur Carl Nes­jar, cinq fresques ins­pi­rées des Sa­bines de Jacques-Louis Da­vid et du Dé­jeu­ner sur l’herbe d’Édouard Ma­net. Le ma­riage entre les oeuvres par­ache­vées en 1963 et les co­lonnes néo­clas­siques est sai­sis­sant.

Bap­ti­sée le « Châ­teau aux mille co­lonnes », la bâ­tisse ini­tiale date du xiiie siècle et a été agran­die au xviie siècle. Vers 1785, Ga­briel Jo­seph de Fro­ment, ba­ron de Cas­tille, en de­vient pro­prié­taire. Neuf ans plus tard, pen­dant le ré­gime de la Ter­reur, il est ar­rê­té et em­pri­son­né. À sa li­bé­ra­tion, il re­trouve le châ­teau pillé et la bi­blio­thèque in­cen­diée. Les 560 m2 (com­pre­nant plus de 180 m2 de pièces de ré­cep­tion et seule­ment sept chambres) sont en­tiè­re­ment à res­tau­rer. Très mar­qué par ses voyages, no­tam­ment en Ita­lie, le ba­ron dé­cide d’in­tro­duire au sein de sa pro­prié­té les modes

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