«L’en­fer­me­ment n’est pas une so­lu­tion» se­lon les syn­di­cats

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - L’info Du Jour -

Con­tac­tée par Var-ma­tin ,la co­se­cré­taire ré­gio­nale du syn­di­cat na­tio­nal des per­son­nels de l’édu­ca­tion et du so­cial (SNPES-PJJ/FSU) se garde bien d’abor­der le fond de l’af­faire de Brignoles néan­moins évo­quée dans deux tracts dif­fu­sés en juin der­nier. « Il y a un se­cret de l’ins­truc­tion et nous n’étions pas té­moins », fait va­loir Ni­cole Qui­li­ci. Le SNPES-PJJ s’en­gouffre ce­pen­dant dans la brèche ou­verte dans le Var pour rap­pe­ler son at­ta­che­ment « àla pri­mau­té de l’édu­ca­tif »et son op­po­si­tion aux centres édu­ca­tifs fer­més (CEF) dont le nombre de­vrait aug­men­ter ces pro­chaines an­nées.

Des édu­ca­teurs qui font de la conten­tion

« L’en­fer­me­ment ne ré­pond ab­so­lu­ment pas à de l’édu­ca­tif tel qu’on le conçoit. On conti­nue à ou­vrir des CEF (pré­sen­tés comme une al­ter­na­tive à la pri­son, Ndlr) alors que l’aug­men­ta­tion du nombre de mi­neurs in­car­cé­rés est ex­po­nen­tielle. Au­cun bi­lan n’est fait.» « On ne tra­vaille plus sur l’in­ser­tion mais on est dans la conten­tion. Pen­dant qu’ils sont dans un CEF, les jeunes ne font plus de bê­tise, iro­nise notre in­ter­lo­cu­trice. C’est une vé­ri­table ré­gres­sion au re­gard de l’his­toire de l’édu­ca­tion sur­veillée. » « Il y a une grande souf­france au sein des per­son­nels édu­ca­tifs ame­nés à as­su­mer des fonc­tions non plus édu­ca­tives, mais des fonc­tions de contrainte qui ne cor­res­pondent pas à leur mé­tier », pour­suit Ni­cole Qui­li­ci.

Des pré­cé­dents en France

Bref, les in­gré­dients se­raient réu­nis pour que des in­ci­dents éclatent. Dans un bul­le­tin na­tio­nal, le SNPES-PJJ as­sure que l’af­faire de Brignoles n’est pas un cas in­édit. « Ces der­nières an­nées, plu­sieurs CEF ont vu leur ac­ti­vi­té sus­pen­due suite à des in­ci­dents graves, des vio­lences, des at­teintes aux droits fon­da­men­taux des jeunes, voire des mal­trai­tances (...) La di­men­sion d’en­fer­me­ment, les in­jonc­tions de sur­veillance constante faite aux per­son­nels, la concen­tra­tion d’ado­les­cents en grande dif­fi­cul­té dans un même lieu font de ces struc­tures des “Co­cottes-mi­nute” .»

(Pho­to doc R. R.)

Se­lon le syn­di­cat SNPES, l’en­fer­me­ment se­rait pri­vi­lé­gié au dé­tri­ment de l’édu­ca­tif et gé­né­ra­teur de vio­lences.

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