Ma­cron : « La ré­forme du code du tra­vail est pro­fonde »

Var-Matin (Brignoles / Le Luc / Saint-Maximin) - - France/monde -

Le pré­sident Em­ma­nuel Ma­cron as­sure que la ré­forme du code du tra­vail qu’il est en train de me­ner par or­don­nances est « une ré­forme de trans­for­ma­tion pro­fonde », dans un en­tre­tien-fleuve à pa­raître au­jourd’hui dans Le Point. « La ré­forme du mar­ché du tra­vail est une ré­forme de trans­for­ma­tion pro­fonde et, comme je m’y suis en­ga­gé, elle doit être as­sez am­bi­tieuse et ef­fi­cace pour conti­nuer à faire bais­ser le chô­mage de masse et per­mettre de ne pas re­ve­nir sur ce su­jet du­rant le quin­quen­nat », ex­plique le chef de l’Etat, à la veille de la pré­sen­ta­tion des or­don­nances par le Pre­mier mi­nistre Edouard Phi­lippe. « Nous sommes la seule grande éco­no­mie de l’Union eu­ro­péenne qui n’a pas vain­cu le chô­mage de masse de­puis plus de trois dé­cen­nies », rap­pelle M. Ma­cron, par­lant de la France comme d’« un pays de mé­téo­ro­logues : on re­garde la conjonc­ture et, dès que ça va un peu mieux, il ne fau­drait plus de­man­der d’ef­forts (...) ». « Dès que ça va moins bien, en re­vanche, il faut lan­cer en ur­gence une ré­forme qui ne par­vient ja­mais à son terme en rai­son jus­te­ment de la du­re­té de la si­tua­tion ! », dé­plore-t-il

La jus­ti­fi­ca­tion des or­don­nances

Pour le chef de l’Etat, « les prin­ci­pales vic­times de l’im­puis­sance des trente der­nières an­nées à sor­tir du chô­mage de masse, ce sont les jeunes et les moins qua­li­fiés ». Il jus­ti­fie éga­le­ment son choix d’agir très ra­pi­de­ment, par or­don­nances. « Ce­la met du temps à se dé­cli­ner dans les com­por­te­ments et à pro­duire ain­si tous ses ré­sul­tats », as­sure-til, convain­cu qu’ « on ne change pas une so­cié­té par une loi ou un dé­cret, ce­la prend entre dix-huit et vingt­quatre mois pour in­fu­ser ». A ce titre, il place en pre­mier lieu la né­ces­si­té de « sim­pli­fier dras­ti­que­ment la vie des en­tre­prises de moins de 50 sa­la­riés » afin de leur per­mettre de « né­go­cier des ac­cords d’en­tre­prise, y com­pris lorsque les syn­di­cats ne sont pas pré­sents, par l’in­ter­mé­diaire des re­pré­sen­tants du per­son­nel, voire di­rec­te­ment avec leurs sa­la­riés, dans les plus pe­tites ».

Une seule ins­tance du per­son­nel

Pour les en­tre­prises au-des­sus de 50 sa­la­riés, il ré­pète sa vo­lon­té de « sim­pli­fier de ma­nière ra­di­cale les ins­tances de re­pré­sen­ta­tion du per­son­nel », en la ré­dui­sant à une seule ins­tance. « Ce­la at­té­nue­ra les ef­fets de seuil, c’est-à-dire ces si­tua­tions qui voient des en­tre­prises re­fu­ser de gros­sir par crainte des contraintes nou­velles que ce­la en­traîne ». Le pré­sident confirme en outre son in­ten­tion de « mettre en place un ba­rème de dom­mages et in­té­rêts aux prud’hommes ». « Les in­dem­ni­tés lé­gales en France sont in­fé­rieures à ce qui se fait ailleurs en Eu­rope, nous les aug­men­te­rons. En re­vanche, les dom­mages et in­té­rêts, eux, vont du simple au quin­tuple pour la même si­tua­tion. C’est ab­surde et in­juste », ar­gu­mente-t-il.

(Pho­to AFP)

Em­ma­nuel Ma­cron pré­sente son pro­jet de ré­forme dans une in­ter­view à pa­raître au­jourd’hui dans Le Point.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.