Var-Matin (La Seyne / Sanary)

La menace du loup entre Bormes et Collobrièr­es

Un mouton et une chèvre ont été dévorés, de nuit, dans le quartier Manjastre. À La Môle récemment, trois autres moutons avaient été attaqués. Une enquête est ouverte

- F. DUMAS fdumas@varmatin.com

Propriétai­re et chasseurs sont unanimes : les blessures infligées, il y a quelques jours, à la chèvre et au mouton de Bormes ne peuvent être que l’oeuvre d’une bête sauvage : un loup, selon toute probabilit­é. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, une chèvre appartenan­t à Anaïs Giraud, propriétai­re de chevaux, près de la piste de la Vertanelle, à Manjastre, a été sauvagemen­t attaquée en pleine nuit. Au petit matin, son cadavre gisait au milieu du champ.

Des carcasses au petit matin

« La nuit suivante, c’est un mouton – que la bergère de Bormes m’avait confié –, qui a été dévoré de la même façon. Nous avons retrouvé son corps éventré. Comme si on s’était acharné sur lui… Chaque fois, il ne restait quasiment plus que les carcasses des animaux après le passage de cette bête » ,se désole-t-elle. «Tous deux ont été attaqués à la gorge ». Pour Anaïs, pas de doute : « C’est un loup qui a agressé les animaux. À proximité, dix chevaux étaient également présents mais n’ont pas été attaqués. Mais je les connais bien : au réveil, ils étaient très nerveux et apeurés. Il faut faire quelque chose », ajoute-t-elle. Alertés, plusieurs chasseurs de la société borméenne Lou Pardigaou, se sont rendus sur place et ont installé sur le même champ une caméra infrarouge afin de tenter de surprendre l’intrus pendant la nuit. « Sans succès », réagit Francis Giorgi, son président. « L’appareil a capté le passage de sangliers et de renards mais pas de traces d’un loup. Pourtant, l’observatio­n des blessures sur les bêtes parle d’elle-même. Cela ne peut pas être un cochon sauvage ou un chien errant. Au Fenouillet à Hyères, une caméra infrarouge avait réussi à capter, de nuit, un loup. Sur place, le loup a tout dévoré jusqu’à l’os. Tout sauf la tête de la chèvre… et encore ! » Les gendarmes de la brigade territoria­le de Bormes ont été alertés et les agents de l’Office national de la chasse ont entamé des recherches pour déterminer la cause exacte de ces deux morts successive­s. Ils ont réalisé des prélèvemen­ts sur les cadavres des animaux.

« Prévenir tous les bergers »

Enfin, des chasseurs assurent avoir repéré à deux reprises la présence d’un loup dans le massif des Maures, ces derniers jours. « Un loup se déplace très vite, surtout la nuit où il est craint de tous les animaux. On a immédiatem­ent pensé à l’attaque survenue au domaine de la Siouvette, à La Môle », raconte Francis Giorgi. « L’important, à présent, est de prévenir tous les bergers de notre secteur pour qu’ils protègent leurs bêtes », conclut Anaïs Giraud. « En soi, je n’ai rien contre les loups mais j’ai très peur pour mes chevaux. L’une de mes juments refuse de sortir de son enclos depuis la nuit de l’attaque ». S  janvier : trois moutons avaient été tués éventrés au domaine de Siouvette, à La Môle. Pour les chasseurs varois, il pourrait s’agir du même loup. Le gérant du domaine, Guy Sauron, n’avait pas pointé du doigt directemen­t le loup, pensant à l’éventualit­é de chiens de chasse, et avait alerté les services de la DDTM. S  janvier : A Gassin dans une propriété privée, une habitante avait découvert cinq brebis éventrées dont deux étaient en gestation. Le troupeau comptait  bêtes et  d’entre elles s’étaient enfuies. La cause des attaques n’a pas été déterminée. S  janvier : Toujours à La Môle, trois animaux d’une chèvrerie avaient péri dans le quartier Gattué. Le propriétai­re avait émis de sérieux soupçons sur une attaque perpétrée par des loups. Pas de confirmati­on. Chaque fois, les faits se déroulent la nuit.

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