Da­vid MUNILLA

El Chorro est un pa­ra­dis de l’es­ca­lade, une des ré­gions les plus pri­sées d’An­da­lou­sie. Ses voies cal­caires cé­lèbres dans le monde en­tier per­mettent de grim­per dans une mul­ti­tude de styles, mais jus­qu’à pré­sent rares étaient les grandes voies. Ce n’est dés

Vertical (French) - - Vertical Signatures - Par Da­vid Munilla

Au vu du nombre d’an­nées pas­sées à shoo­ter les meilleurs spots d’es­ca­lade, le pho­to­graphe es­pa­gnol Da­vid Munilla est qua­si­ment né avec un boî­tier Ni­kon et conti­nue à nous faire rê­ver, comme dans ce nu­mé­ro, avec ce caillou et ces am­biances comme seule l’Es­pagne ré­serve au grim­peur. Da­vid est éga­le­ment l’ar­ti­san d’ate­liers pho­to­gra­phiques. www.da­vid­mu­nilla.com

El Chorro est un des ber­ceaux de l’es­ca­lade en An­da­lou­sie. Mal­gré ses 35 ans d’ac­ti­vi­tés, ce­la reste un en­droit à dé­cou­vrir. Cet ar­ticle vous ren­seigne sur les pos­si­bi­li­tés qu’offre une ini­tia­tive qui a émer­gé ces der­nières an­nées : des voies bien équi­pées aux lon­gueurs va­riées. La pas­sion et l’aven­ture existent de­puis la nuit des temps et ont per­mis de ré­in­ven­ter et re­dé­fi­nir l’es­ca­lade. Les cé­lèbres voies des an­nées 90, An­trax (6a, 150 m) ou Poe­ma Ro­ca (7c +, 180 m), étaient deux types de voies que l’on pou­vait trou­ver à Fron­tales, source d’ins­pi­ra­tion pour les voies qui illus­trent cet ar­ticle. Entre An­trax (fa­cile) à gauche de Fron­tales et le ro­cher plus fu­tu­riste de Poe­ma, dé­mar­rant par un som­met en sur­plomb, qui a don­né son nom au com­plexe ou­vert où se trouve une pa­roi d’en­vi­ron 300 mètres, ima­gi­nez qu’il n’exis­tait presque ex­clu­si­ve­ment que des voies spor­tives d’une seule lon­gueur il y a quelques an­nées de ce­la. Il a fal­lu agran­dir cette grande pa­roi de mil­liers de mètres car­rés de roche vierge pour y je­ter un re­gard nou­veau. Le but n’était pas de trou­ver une suc­ces­sion de pas­sages ex­trêmes jus­qu’au som­met. Ce­la exis­tait dé­jà avec des voies telles que Poe­ma Ro­ca (7c+, 180 m), El Fin de Una Vi­da (7c, 200 m) ou Mu­cha­chi­to Bom­bo In­fier­no (7c +, 160 m). Se­lon Ber­nabe Fer­nan­dez, un des idéo­logues no­va­teurs qui fut pro­ba­ble­ment l’un des pre­miers grim­peurs au monde à grim­per du 9 b, il s’agis­sait de cher­cher de bonnes voies de ni­veau moyen qui of­fraient la pos­si­bi­li­té de s’ini­tier à l’es­ca­lade. Créer quelque chose comme une école ou une ten­dance. « Je sou­hai­tais trans­mettre ma pas­sion de l’es­ca­lade sur grandes voies en créant une voie aux lignes propres et évi­dentes ». Se­lon Ber­nabe, El Chorro a tou­jours of­fert un gros po­ten­tiel en termes de voies de 200 à 350 mètres, mais n’a ja­mais su se dé­mar­quer au­tre­ment que comme fa­laise of­frant des voies d’une lon­gueur. Ain­si, se­lon lui, seules An­trax (6a, 150 m) ou Zep­pe­lin (6c +, 210 m) comptent par­mi les voies re­con­nues et pra­ti­quées de­puis leur inau­gu­ra­tion dans les an­nées 90. Ain­si, Ber­nabe et d’autres grim­peurs ont dé­ci­dé de cher­cher par­mi les pa­rois plus ac­ces­sibles du Chorro des voies de dif­fi­cul­té mo­dé­rée. Il leur a suf­fi d’at­teindre le pe­tit village d’El Chorro pour re­mar­quer le mur de La Fron­tales et trou­ver un en­droit ap­pro­prié. C’est le pre­mier mur fai­sant face à EL Chorro et où, jusque ré­cem­ment, seules exis­taient quelques couennes avec des blocs par­se­mant la fa­laise. Elles n’au­raient ja­mais eu le po­ten­tiel de de­ve­nir des voies ré­pu­tées. Les seules zones com­pactes de Fron­tales se trouvent au­près des fa­laises d’An­trax ou de Poe­ma Ro­ca, le reste né­ces­si­tant un tra­vail que peu sou­hai­taient en­tre­prendre. An­trax était une voie clas­sique qui a été conver­tie en voie spor­tive pour de­ve­nir un des iti­né­raires les plus pri­sés d’El Chorro : fa­cile et bien sé­cu­ri­sé. Poe­ma Ro­ca offre une belle ligne, mais de­meure exi­geante : peu de grim­peurs sont ca­pables de pro­fi­ter de son beau cal­caire. Pour as­su­rer un suc­cès à moyen terme, il a fal­lu re­cher­cher, net­toyer et équiper. Le rêve lais­sa donc place à l’ac­tion et il a fal­lu s’en­ga­ger sur un mur rem­pli de blocs in­stables né­ces­si­tant un gros tra­vail de net­toyage. C’est ain­si que Bar­na­bas, Ni­colás Ran­do et un autre géant de l’équi­pe­ment, Mi­guel Moya, au­teur de lignes comme An­trax, Poe­ma ro­ca ou Fin de Una Vi­da, en plus des cen­taines de pa­rois équi­pées dans toute l’An­da­lou­sie, dé­ci­dèrent d’équiper des voies d’es­ca­lade de dif­fé­rentes lon­gueurs avec pour seul ob­jec­tif : per­mettre de faire dé­cou­vrir l’aven­ture dans un Chorro qu’il est pos­sible de contem­pler de­puis les hau­teurs. On pour­rait dire que, de­puis l’inau­gu­ra­tion de ces voies, pas un jour ne s’est pas­sé sans la pré­sence d’au moins une corde. Ce suc­cès les a me­nés à créer le cé­lèbre ral­lye El Chorro, une com­pé­ti­tion d’es­ca­lade qui va bien­tôt cé­lé­brer sa 5e édi­tion. L’en­semble des voies est équi­pé de pla­quettes. 16 dé­gaines suf­fisent. Les plus mo­dernes ne pos­sèdent pas de pas­sages obli­ga­toires et il est pos­sible de grim­per cer­taines d’entre elles à l’aide de cordes de 80 mètres. La pa­roi de Fron­tales est orien­tée vers le sud-est et bé­né­fi­cie du so­leil de Ma­la­ga toute l’an­née.

LE SO­LEIL DE L’AN­DA­LOU­SIE, LES TAPAS ET PLEIN DE NOU­VELLES VOIES.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.