Fran­çois Ga­bart, l’in­sa­tiable!

Après le Ven­dée Globe, la Route du Rhum et la Tran­sat Jacques Vabre, Fran­çois Ga­bart a rem­por­té The Tran­sat Bakerly le 10 mai. Il s’at­taque dé­sor­mais au re­cord de l’At­lan­tique Nord.

Voile Magazine - - Course Et Regate - Texte : Axel Ca­pron.

IL NE S’ARRETE

ja­mais de ga­gner ! De­puis son titre de cham­pion de France de course au large en so­li­taire (en 2010), date à la­quelle il a dé­ci­dé de pas­ser de la classe Fi­ga­ro à l’IMOCA, Fran­çois Ga­bart semble tou­ché par la grâce. S’il a connu quelques re­vers de for­tune – deux dé­mâ­tages, avec Mi­chel Des­joyeaux, sur la Bar­ce­lo­na World Race 2010-2011 et la Tran­sat Jacques Vabre 2013 – le skip­per de Ma­cif a sur­tout en­ri­chi consi­dé­ra­ble­ment son pal­ma­rès, rem­por­tant en moins de quatre ans ce qui se fait de mieux en ma­tière de course au large : le Ven­dée Globe en 2012-2013, au terme d’un ma­no a ma­no épique avec Ar­mel Le Cléac’h, et la Route du Rhum 2014 sur son mo­no­coque IMOCA, la Tran­sat Jacques Vabre 2015 pour sa pre­mière course sur son nou­veau tri­ma­ran de 30 mètres avec Pas­cal Bi­dé­gor­ry puis The Tran­sat Bakerly, au­tre­ment dit l’his­to­rique Tran­sat an­glaise, le 10 mai der­nier. Certes, pour ces deux der­nières, le pla­teau était ré­duit à peau de cha­grin, puisque dans la ca­té­go­rie des Ul­times, ne concou­raient que quatre ba­teaux ( Ma­cif, So­de­bo, Ac­tual et Prince de Bre­tagne), mais ce­la n’en­lève rien au mé­rite d’un skip­per qui dé­cou­vrait son ba­teau en so­li­taire et a eu fort à faire pour re­pous­ser la me­nace in­car­née par Tho­mas Co­ville. Sur une route in­ha­bi­tuel­le­ment sud (4 631 milles par­cou­rus contre 3 050 pour la route di­recte !) en rai­son du contour­ne­ment, au por­tant, de l’an­ti­cy­clone des Açores, Fran­çois Ga­bart a réus­si un pe­tit dé­ca­lage par rap­port au skip­per de So­de­bo qui lui a per­mis de prendre une cen­taine de milles d’avance au mo­ment d’at­ta­quer une re­mon­tée vers New-York par­ti­cu­liè­re­ment éprou­vante, avec du vent fort au près et de la mer. Ma­cif a fi­na­le­ment cou­pé la ligne le 10 mai à 18h24’39 (heure lo­cale), après 8 jours 8 h 54 mn et 39 se­condes et avec 9 h et 37 mn d’avance sur So­de­bo. Le re­cord ab­so­lu de l’épreuve – dé­te­nu de­puis 2004 par Mi­chel Des­joyeaux sur le tri­ma­ran ORMA Géant en 8 jours 8 h 29 mn sur le par­cours Ply­mouth-Bos­ton – n’est pas bat­tu, mais ce­la n’a en rien gâ­ché le bon­heur du ma­rin de trente-trois ans, épui­sé mais conscient de faire un pas de plus avec cette vic­toire dans la lé­gende de son sport : « C’est sûr que spor­ti­ve­ment, les ré­sul­tats s’en­chaînent bien, j’en suis très heu­reux. J’aime tel­le­ment la course au large en so­li­taire... Il n’y a au­cun autre mo­ment dans la vie où tu ar­rives à at­teindre un tel ni­veau d’en­ga­ge­ment. Au-de­là des ré­sul­tats et des vic­toires, je prends un im­mense plai­sir à ap­prendre tou­jours plus sur mes ca­pa­ci­tés à re­pous­ser mes li­mites. » Et il va sans doute de­voir en re­pous­ser de nou­velles, puisque Fran­çois Ga­bart s’est mis en stand-by le 1er juin à New-York, prêt à s’at­ta­quer à son pre­mier re­cord en so­li­taire sur Ma­cif, ce­lui de l’At­lan­tique Nord, pro­prié­té de­puis juin 2013 de Fran­cis Joyon en 5 jours 2 heures 56 mi­nutes et 10 se­condes.

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