Re­tour à l’eau :

Ça sent dé­jà le prin­temps !

Voile Magazine - - SOMMAIRE - Texte : Fran­çois-Xavier de Cré­cy. Pho­tos : Jean-Yves Poi­rier et l’au­teur.

LE RE­TOUR A L’EAU,

c’est for­cé­ment un mo­ment sym­pa. On bi­chonne le bé­bé, on le rha­bille, on lui rend son équi­pe­ment et son pe­tit confort in­té­rieur... Et sur­tout, on le re­met dans son élé­ment fa­vo­ri, ce qui est en soi une pro­messe de belles ba­lades fu­tures. Mais avant d’en ar­ri­ver là, nous l’avons na­tu­rel­le­ment ins­pec­té de la pointe du lest au bal­con avant (pour chan­ger, on vous épargne la pomme de mât, ex­pres­sion énig­ma­tique s’il en est).

AN­TI­FOU­LING SI­LI­CONE : UN PRE­MIER BI­LAN

A vrai dire, nous n’avons pas at­ten­du les pré­misses du prin­temps pour nous in­té­res­ser à l’état de sa ca­rène, cou­verte quelques mois plus tôt d’un an­ti­fou­ling adhé­sif à la si­li­cone Uni­flow (voir VM n°244). Avec à la clé de bonnes et de mau­vaises sur­prises. La bonne, l’ex­cel­lente nou­velle, c’est que la formule si­li­co­née du sti­cker Uni­flow semble ex­cel­lente contre les sa­lis­sures. Après quatre mois dans l’eau, la ca­rène est ni­ckel, et ce sans la moindre émis­sion pol­luante. La moins bonne, c’est que le sti­cker ap­pa­raît re­la­ti­ve­ment fra­gile. Trop fra­gile par exemple pour sup­por­ter le contact d’un ap­pen­dice mo­bile comme notre quille dont le bord de fuite, en po­si­tion haute, vient au contact de la ca­rène. Contact par­ti­cu­liè­re­ment vi­ru­lent à l’échouage, quand l’es­sen­tiel du poids du ba­teau re­pose sur cette bande étroite... Pour notre part, nous n’avons échoué qu’une seule fois – à l’île de Sein –, mais ce­la a suf­fi à ar­ra­cher cette fa­meuse bande de contact, lais­sant la ca­rène à nu sur une sur­face cor­res­pon­dant à l’em­preinte de la quille (notre pho­to ci-contre). On note aus­si qu’au ni­veau du brion, une zone dif­fi­cile à cou­vrir, un joint si­li­cone a sau­té. C’est re­la­ti­ve­ment anec­do­tique. Ce qui nous en­nuie da­van­tage, c’est la dé­cou­verte que nous fai­sons au mo­ment de pla­cer le ba­teau dans sa re­morque hy­drau­lique. A l’em­pla­ce­ment des pa­tins du ber, le sti­cker a été plis­sé, bour­sou­flé. Le re­lief, pour­tant as­sez tendre, du pa­tin, s’est im­pri­mé sur l’adhé­sif en une sé­rie de lignes bour­sou­flées. Pas grand-chose à faire, à part chan­ger tout un pan­neau d’adhé­sif, ce que nous n’en­vi­sa­geons pas pour l’ins­tant. Ces pe­tits plis ne posent du reste pas de réel pro­blème d’an­ti­fou­ling, ils peuvent gé­né­rer un peu de traî­née ; rien de dra­ma­tique au vu de notre pro­gramme... Mais la fra­gi­li­té du sys­tème nous laisse quand même per­plexes, et je n’ose ima­gi­ner ce qu’il en au­rait été si nous avions trans­por­té le ba­teau sur route. L’es­sen­tiel du ma­té­riel em­bar­qué avait été mis au sec et au chaud chez Océan Nau­tic. Les ma­te­las et cous­sins réa­li­sées chez All Pur­pose Sel­le­rie (VM n°253), les voiles In­ci­dence, les sa­frans, le mo­teur re­joignent le bord qui re­prend peu à peu un tour ci­vi­li­sé. Pen­dant ce temps, l’équipe d’Océan Nau­tique s’af­faire sur deux pe­tits éclats sur le lest, sou­ve­nir d’un bord tac­ti­que­ment brillant mais

géo­lo­gi­que­ment au­da­cieux lors du Tour de l’Ile-aux-Moines. Qui ta­lonne sou­vent na­vigue mal, mais qui ne ta­lonne ja­mais ne na­vigue pas ! Tou­jours est-il qu’il faut ab­so­lu­ment re­faire un peu d’en­duit époxy sur ces deux éclats après les avoir soi­gneu­se­ment grat­tés pour évi­ter que la rouille ne se pro­page sous l’en­duit. Un peu d’huile de coude, un peu d’époxy (voir ci-des­sous), et le lest re­trouve la peau de bé­bé qui lui a été faite l’an der­nier chez Rol­land Yach­ting (sa­blage et ra­gréage). Ça y est, notre 210 est prêt à re­tour­ner à l’eau : le reste n’est qu’une af­faire de ma­nu­ten­tion. A nous les per­tuis ! Nous comp­tons bien faire quelques ronds dans l’eau et dé­cou­vrir un peu l’ar­rière-pays cha­ren­tais sans at­tendre les beaux jours. Et la suite ? Nous avons dû re­non­cer à mul­ti­plier les trans­ports rou­tiers, lo­gis­ti­que­ment trop com­plexes. Un ba­teau, c’est fait pour na­vi­guer, non ? Alors c’est par voie ma­ri­time et flu­viale que nous met­trons cap au sud. Avec évi­dem­ment une idée der­rière la tête, une idée comme une grande île mon­ta­gneuse qui sent bon le ma­quis ! Mais ça, ce se­ra une autre histoire.

A la sor­tie d’eau, nous avons dé­cou­vert que le sti­cker à la si­li­cone avait été ar­ra­ché par le bord de fuite de la quille, qui vient à son contact en po­si­tion haute.

Mau­vaise sur­prise : le sti­cker a mal sup­por­té le ber et ses pa­tins, qui ont créé des bour­sou­flures.

Les sa­frans avaient été sto­ckés au sec, tout comme les sel­le­ries et les voiles : re­tour à poste.

Dû­ment hi­ver­né et ré­vi­sé (voir VM n°255), le Su­zu­ki 6 ch re­trouve la chaise mo­teur.

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