HU­MAIN, TROP HU­MAIN

Wider - - ÉDITO - Jo­ce­lyn Cha­vy

Comme le disent les in­ter­net, people are awe­some : les gens sont for­mi­dables. Les hu­mains sont éton­nants. En fé­vrier, Mike Horn a réus­si la se­conde tra­ver­sée de l’An­tarc­tique en so­li­taire. En juin, Alex Hon­nold a réus­si l’un des plus gros ex­ploits de tous les temps en gra­vis­sant El Ca­pi­tan, mille mètres de ro­cher ex­trê­me­ment dif­fi­cile, en so­lo in­té­gral. Ki­lian Jor­net a fait deux fois l’Eve­rest en moins d’une se­maine. Alek­san­der Do­ba vient de réus­sir sa troi­sième trans­at­lan­tique à la rame à l’âge de 71 ans. Les li­mites de ce qu’il était in­ima­gi­nable il y a quelques an­nées semblent re­pous­sées. Fin août, Fran­çois D’Haene s’im­po­sait en pa­tron du trail run­ning mon­dial, rem­por­tant l’UTMB de­vant un pla­teau ex­cep­tion­nel. Bou­clant la course un peu rac­cour­cie, de 165 km, en 19 h 01, réus­sis­sant à ré­duire en­core son temps re­cord de 20 h 11 lors de sa vic­toire de 2014, d’au­tant que le ra­bot ( Py­ra­mides et Tête aux Vents) sur le par­cours 2017 ne vaut pas plus d’une grosse de­mi- heure pour l’élite. Au­tre­ment dit, Fran­çois D’Haene a éta­bli un temps re­cord sur l’ul­tra trail le plus re­le­vé de l’an­née dans des condi­tions éprou­vantes, quoique plus fa­vo­rables que la cha­leur quand on voit le taux d’aban­dons plus faible. Com­ment bâ­tir une plus belle lé­gende qu’en re­lé­guant à la se­conde place l’ul­tra- ter­restre Ki­lian Jor­net, plus de quinze mi­nutes der­rière – un Ki­lian tou­jours aus­si fair- play sur la ligne d’ar­ri­vée. Les hu­mains sont fra­giles, mais in­croyables, je vous as­sure. Quelques jours après cette édi­tion my­thique de l’UTMB, le grim­peur tchèque Adam On­dra a an­non­cé avoir réus­si le pre­mier 9c de l’his­toire de l’es­ca­lade en ve­nant à bout de sa voie bap­ti­sée Si­lence dans la fa­laise de Fla­tan­ger en Nor­vège. En sa­chant qu’il n’y a qu’un seul 9 b+ ré­pé­té par un autre grim­peur que lui ( Ch­ris Shar­ma et la voie La Du­ra Du­ra, en Es­pagne), que l’es­ca­lade culmi­nait au 8a en 1979 et au 8c en 1987, on me­sure l’ex­ploit, une lettre de plus sur l’échelle de co­ta­tions, ce qui cor­res­pon­drait, bien que l’es­ca­lade soit un sport « sub­jec­tif » en termes de per­for­mance, au gain d’une à deux mi­nutes sur ma­ra­thon... 2017 est une grande an­née. C’est aus­si le mo­ment de vous sa­luer, chère lec­trice, cher lec­teur, puis­qu’après avoir créé et pas­sé six an­nées à la tête de WIDER je pour­suis d’autres aven­tures. Après 35 édi­tos, au­tant de bou­clages et beau­coup plus de ren­contres for­mi­dables – ath­lètes, aven­tu­riers, écri­vains, ba­rou­deurs de tout poil – je ne peux que vous re­mer­cier, vous les pas­sion­né( e) s, d’avoir par­ta­gé cette aven­ture en­semble. Je viens de re­lire l’édito du nu­mé­ro 1, qui s’ap­pe­lait WILD Out­door Ma­ga­zine, où étaient ci­tés John Muir et Ch­ris McCand­less. Je n’y chan­ge­rai pas une ligne. Longue vie à WIDER, et n’ou­bliez pas : al­lez jouer de­hors. In­to the wild.

Seul sur Mars ? Wa­di Rum, Jor­da­nie.

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