LE PRIN­TEMPS DES BAS­TONS

Les fêtes de Pâques sonnent le glas de l’hi­ver et des va­cances des wind­sur­feurs pros. Les choses in­té­res­santes dé­butent pour les ri­deurs avides de confron­ta­tions. Dif­fi­cile de trou­ver une place dans un ca­len­drier sur­char­gé tant les évé­ne­ments se suc­cèdent

Wind Magazine - - LES BOUÉES FLEURISSENT… - Texte et pho­tos : Jean Sou­ville sauf men­tions.

CONTESTS DE MASSES

En l’es­pace de 10 jours, le wind­surf vient nous rap­pe­ler qu’il est en ex­cel­lente san­té : les com­pé­ti­tions font le plein, il faut même re­fu­ser du monde. Tous les âges sont pré­sents. Contrai­re­ment aux croyances de cer­taines mau­vaises langues, les kids se mul­ti­plient dans l’eau et sont aus­si avides de ti­rages de bourre que les grands. Autre mo­tif de sa­tis­fac­tion, le wind­surf s’en­ri­chit de nou­velles pra­tiques qui sont plus que pro­met­teuses. Le foil n’en est qu’à ses bal­bu­tie­ments, mais ob­ser­va­teurs et pra­ti­quants ne le quittent pas des yeux. Afin de ne rien gâ­ter, le ciel était avec les wind­sur­feurs. Le vent n’a pas pris de va­cances dans le sud-est. Du­rant les com­pètes, Éole n’a mar­qué qu’une jour­née de pause pour les ins­crip­tions de l’IFCA! Pour com­men­cer, re­tour sur la pre­mière étape du Cham­pion­nat de France de Fun­board qui se te­nait à Ma­ri­gnane du 14 au 16 avril. Une étape test pour les meilleurs Fran­çais en sla­lom. Hor­mis quelques ab­sents re­te­nus à Maui pour les pho­to­shoots, le gra­tin fran­çais était là. À com­men­cer par Pierre Mor­te­fon, Pas­cal To­sel­li ou en­core An­toine Ques­tel le te­nant du titre 2016. Chez les filles, Del­phine Cou­sin était pré­sente, bien dé­ci­dée à at­ta­quer la sai­son par­fai­te­ment. Pour le Cham­pion­nat de France, il a même fal­lu com­po­ser avec pas mal d’in­ter­na­tio­naux, des Belges, Po­lo­nais, Hol­lan­dais, Da­nois… Bref, cette pre­mière épreuve a fait le plein et res­sem­blait à un évé­ne­ment eu­ro­péen. Pour­quoi un tel en­goue­ment? Eh bien, nous avons de­man­dé di­rec­te­ment à quelques ri­deurs en quoi cette étape est im­por­tante et ce qu’ils en re­tirent.

Pas­cal To­sel­li F916 32 ans Club Nau­tique Ma­ri­gna­nais. Spon­sors : Loft Sails, No­veNove, Chop­per Fins Uni­fi­bers.

Il par­ti­cipe ré­gu­liè­re­ment au tour AFF de­puis 2005, tou­jours bien clas­sé, il a ga­gné plu­sieurs étapes et fait par­tie des bons sla­lo­meurs fran­çais. Au ni­veau mon­dial, Pas­cal pro­gresse, mais reste en­core trop ir­ré­gu­lier. C’est le lo­cal du Jaï, les condi­tions sont taillées pour lui. Il est très dif­fi­cile à battre dans son jar­din, il a fal­lu un très grand Pierre Mor­te­fon pour en ve­nir à bout lors de la der­nière jour­née. Dans un baston mé­mo­rable, Pas­cal ter­mine deuxième der­rière Pierre et de­vant le Po­lo­nais Ma­ciek Rut­kows­ki. Voi­là ce que Pas­cal re­tient de cette com­pé­ti­tion. « Sur l’AFF, il y a un gros ni­veau en gé­né­ral et sur Ma­ri­gnane il ne manque pas grand monde des meilleurs Fran­çais. En plus, on a quelques très bons étran­gers. On pour­rait dire qu’une fi­nale ici res­semble à une de­mi­fi­nale de coupe du monde. Tous ceux qui étaient en fi­nale ont dé­jà fait des fi­nales en PWA. Pierre est vice-cham­pion du monde de­puis deux ans, donc la barre est haute! Cette étape est su­per bien pla­cée dans la sai­son, c’est pour ça qu’elle est ap­pré­ciée. Elle per­met de se jau­ger et de voir le tra­vail qui a été fait cet hi­ver. On peut bien se ca­ler sur les dé­parts, on est en condi­tions de course. En plus, à chaque fois on a des condi­tions avec un bon coup de mis­tral. Je me suis pré­pa­ré tout l’hi­ver, mais Ma­ri­gnane per­met de bien ache­ver la pré­pa­ra­tion, même si on a l’im­pres­sion de n’être ja­mais prêt. Ce qui est bien, c’est que sur trois jours on a eu tous les vents, j’ai pra­ti­que­ment uti­li­sé tout

mon ma­tos. Ça per­met de voir là où on est prêt, sur quoi on est bien ré­glé, là où il reste un peu de tra­vail, pour le ma­tos c’est très im­por­tant. Je vois que le ma­tos est bien, je suis content, mais pour mes dé­parts je ne suis pas sa­tis­fait, j’ai en­core des pro­grès à faire. Heu­reu­se­ment, j’ai une bonne vi­tesse et un bon jibe, à chaque fois j’ai ga­gné des places. On a eu de belles ba­garres en médium et pe­tit ma­tos, on a fait de belles luttes avec Pierre. Une place de mieux et c’était par­fait, mais j’ai fait deux pe­tites er­reurs, Pierre en a fait un peu moins. »

Va­len­tin Brault, Fra 823 27 ans, So­cié­té des Ré­gates de La Ro­chelle. Spon­sors : Sim­mer, Sell­sy, Lo­ke­foil, Chop­per fins.

Va­len­tin tourne sur le cir­cuit de­puis dé­jà quelques an­nées. Ori­gi­naire de La Ro­chelle, il tra­vaille dans une voi­le­rie qui lui laisse as­sez de temps pour par­ti­ci­per à l’en­semble du tour. Son meilleur clas­se­ment sur l’AFF est une cin­quième place au gé­né­ral. Il ter­mine 13e sur Ma­ri­gnane après des hauts et des bas. « Cette pre­mière étape est va­che­ment im­por­tante. Le ni­veau est très éle­vé, il y a une belle dy­na­mique avec l’AFF, on a de belles épreuves tout au long de l’an­née qui sont su­per bien or­ga­ni­sées. Se­lon moi, le titre qui est dé­cer­né est un titre de qua­li­té. Quoi qu’il ar­rive, c’est im­por­tant de faire une course. Il vaut mieux al­ler se confron­ter que res­ter chez soi à s’en­traî­ner. Il faut des an­nées pour tou­cher le haut du clas­se­ment. Le sla­lom est un sport d’ex­pé­rience, il faut pas­ser du temps sur l’eau. Cette épreuve sert sur­tout à me ré­gler, car j’ai re­çu le ma­tos un peu tard. Elle me pré­pare un peu pour la suite. Mon am­bi­tion était d’être dans les dix pre­miers, je sais qu’il y a des bons, le ni­veau est haut, mais il faut être am­bi­tieux, même si c’est com­pli­qué. J’ai eu de la casse, ce sont des choses qui ar­rivent, ça m’a en­voyé en fi­nale per­dante, ça fait par­tie de notre sport. Le for­mat de sla­lom avec 12 ri­deurs dé­pend des condi­tions, quand le vent est un peu li­mite, à 12 dans une poule on force au dé­part, il n’y a plus de PMS, donc ça ra­len­tit la course au fi­nal. Cette an­née, je vais pro­fi­ter de ce que les bons fassent la Co­rée et le Ja­pon pour es­sayer de faire un po­dium. »

Maé Da­vi­co FRA 1026 14 ans, Voile Fun Sète. Elle a dé­jà quelques com­pé­ti­tions à son ac­tif, mais c’est la toute pre­mière fois qu’elle se frot­tait aux ri­deuses de haut ni­veau. Maé fai­sait par­tie des plus jeunes ins­crits sur cette com­pé­ti­tion. Li­cen­ciée de Sète, elle est ve­nue avec quelques per­sonnes de son club. Elle se classe 22e.

« Ce que je re­tiens, c’est que les autres sont vrai­ment forts, c’est un moyen de me com­pa­rer à des filles meilleures et de voir si ma vi­tesse est bonne. J’es­saie de me dé­pas­ser, mais je pense que je peux en­core faire mieux. Je suis vrai­ment ve­nue pour voir et je sais que je n’ai pas en­core le ni­veau, y’a des gens net­te­ment meilleurs, qui ont beau­coup plus d’ex­pé­riences. Je ne me suis pas fixé d’ob­jec­tif pour com­men­cer. Mon dé­but de course n’est pas ter­rible, j’ai fon­cé dans une autre per­sonne et j’ai cas­sé sa planche ! Je ne m’at­ten­dais pas à grand-chose, mais je ne pen­sais pas du tout que ça se pas­se­rait comme ça. C’est dur, je suis fa­ti­guée phy­si­que­ment. Heu­reu­se­ment, c’est bien, on a du vent et c’est bien or­ga­ni­sé. Je vais faire d’autres AFF, cer­tai­ne­ment celles dans le Sud. »

Sté­phane Jan F971 48 ans, SPI d’Oc. Sté­phane est un pur ama­teur sur l’AFF. Il tra­vaille sur Tou­louse, mais dès qu’il le peut, il se dé­gage du temps pour par­ti­ci­per à des étapes AFF. Pré­sent de­puis 2008, il fait ra­re­ment tout le tour. Il est clas­sé 67e de la com­pé­ti­tion hommes.

« Je me fais plai­sir ! Le jour où je ne prends plus mon pied, j’ar­rête. J’ai du vieux ma­tos, je ne m’en­traîne pas, donc for­cé­ment je n’ai pas de ré­sul­tat. Per­so, si je passe un tour je suis content. Mais des jours comme au­jourd’hui où on a 30 noeuds sur l’eau, où tu te bats avec le ma­tos, là ça me plaît. En 8,3 je n’ai pas le phy­sique, ça ne me fait pas plai­sir. Je suis sur­pris du ni­veau qu’a pris l’AFF cette an­née. On est nom­breux et il faut se battre par­tout et tout le temps. Même le pre­mier tour est dur, pour être dans la poule de clas­se­ment des bons on se bat aus­si, avec des gens de mon ni­veau, mais il faut se battre. Même si je n’ai pas d’ob­jec­tif, pas­ser un tour me per­met de me dire que j’ar­rive en­core à faire des choses. »

Del­phine Cou­sin Fra 775. 25 ans, Saint Bar­the­le­my Yacht-Club. Spon­sors: Star­board, S2 Maui, Soo­ruz, Mer­cedes Benz et Her­cule

L’AFF, elle connaît, elle l’a do­mi­née quelques fois de­puis sa pre­mière par­ti­ci­pa­tion en 2009. Cham­pionne du monde sla­lom en 2013 et 2014, la Bre­tonne de Car­nac n’a fait qu’une bou­chée de ses ad­ver­saires : elle n’a lâ­ché qu’une manche sur quatre cou­rues. Alors qu’elle n’a pas grand-chose à prou­ver au ni­veau na­tio­nal, voi­là pour­quoi cette étape fran­çaise compte dans la sai­son : « C’est une épreuve su­per im­por­tante, c’est la pre­mière com­pé­ti­tion de l’an­née, comme j’ai chan­gé de voiles, ça per­met de se ré­gler, même si nous nous sommes en­traî­nées cet hi­ver avec Ma­rion Mor­te­fon, même si on a fait des stages… Une course c’est tou­jours dif­fé­rent. On a eu des condi­tions ex­trêmes qui sont rares. Per­so, ça me per­met de na­vi­guer dans des condi­tions que j’aime bien et que l’on n’a ja­mais mal­heu­reu­se­ment sur la coupe du monde des filles. La der­nière manche, c’était chaud en 5 m, on ne pou­vait plus bor­der. Chaque an­née, on a le coup au Jaï, mais c’est pa­reil pour tout le monde ! Je me sens bien, ce qui est dom­mage c’est que pour la seule manche en gros ma­tos, ce­lui que l’on va sans doute uti­li­ser le plus sur la PWA, je me suis pris un pa­quet d’algues, donc je n’ai pas pu trop voir. Au ni­veau des dé­parts et de ma vi­tesse, ça va. Comme Ma­rion a aus­si chan­gé de spon­sors, ça per­met de jau­ger nos pro­gres­sions l’une vis-à-vis de l’autre. Ce qui s’est pas­sé ici, c’est po­si­tif, même si en Co­rée les condi­tions sont très dif­fé­rentes. On en­re­gistre le même ma­tos sur l’AFF et sur la Co­rée. »

Tim Tur­pin FRA 8 16 ans, Yacht Club du Ca­lai­sis. Spon­sors : JP/Pryde, Ener­gy mo­bile.

Il sait tout faire, de la vague, du sla­lom et il se met au free­style. Ori­gi­naire du Nord-Pasde-Ca­lais, Tim com­mence à bien se dé­brouiller en sla­lom et compte faire toutes les étapes cette an­née. Il a cou­ru sa pre­mière étape en 2014 avant de tout faire en 2016. Il ter­mine 35e au Jaï.

« Quand j’ai com­men­cé l’AFF, mon ob­jec­tif était juste de fi­nir les manches et voir comment je me si­tuais par rap­port aux autres. La pre­mière étape est im­por­tante pour voir si on est phy­si­que­ment au top. Elle per­met aus­si de voir si on est au point pour les ré­glages du ma­tos. Je vais de­voir faire quelques mo­difs sur les ai­le­rons. Main­te­nant, je com­mence à pas­ser des tours, je vais aus­si vite que pas mal d’adultes. Cette an­née, je passe les hui­tièmes de fi­nale et je ne passe pas les quarts. Si je vais en de­mi, pa­pa me paye le res­to. Il me manque un peu de vi­tesse et le ni­veau est très fort sur cette étape. Tous les su­distes sont là, y’a des Hol­lan­dais, des Po­lo­nais… c’est très dur. Pour le mo­ment, je fais ça pour pro­gres­ser et pour le plai­sir. Mais je veux al­ler en fi­nale un jour… Les poules à 12, c’est par­fait, ça ne me gêne pas. En cham­pion­nat Ex­trême Glisse on est 50 par poule, alors là on di­rait qu’il n’y a per­sonne aux bouées… Non, en fait, à 24 ça com­mence à être un peu ten­du aux jibes dans les poules de clas­se­ment. À chaque fois il y a des bou­chons aux bouées. »

William Hu­pert F330 22 ans, Surf School Saint-Ma­lo. Spon­sors : North, Fa­na­tic, Ion, Lo­ke­foil

William est com­mer­cial pour la marque de foil Lo­ke­foil. Il a dé­jà quelques AFF à son ac­tif. Après une belle an­née 2016 où il ter­mine 5e au gé­né­ral, le Bre­ton conti­nue à tra­cer son sillage dans les hommes forts de l’AFF. Il passe un peu à cô­té de cette étape en sla­lom, mais c’est en foil que William épate tout le monde. Après avoir ga­gné le pre­mier titre na­tio­nal l’an­née der­nière, il en­fonce le clou à Ma­ri­gnane. Lors de la pre­mière jour­née, 3 manches ont pu être lan­cées. William rem­porte 2 manches de­vant 20 ri­deurs. « En sla­lom, le ni­veau était très éle­vé, en­core plus que l’an­née der­nière avec beau­coup d’étran­gers et de très bons Fran­çais. Pierre et Pas­cal sont vrai­ment im­pres­sion­nants dans le vent fort, ils ont un su­per contrôle, on se de­mande comment ils font. Les Ca­lé­do­niens m’ont aus­si fait bonne im­pres­sion, même les jeunes vont su­per vite. Je ne suis pas en­tré dans mes ob­jec­tifs, mais je suis content d’avoir na­vi­gué dans toutes les condi­tions pour fi­nir de me pré­pa­rer en vue de la coupe du monde. Au ni­veau pré­pa­ra­tion, on ne peut pas faire mieux. J’ai uti­li­sé toutes les voiles et il y a un gros ni­veau sur l’eau. Pour voir où on en est, c’est par­fait. Il y a du monde et beau­coup de jeunes, c’est très bien même s’il faut plus de temps pour ter­mi­ner chaque manche. Le seul re­gret, c’est que la com­pète de foil m’a vrai­ment épui­sé. Je me suis beau­coup don­né et après j’avais plus de force donc je suis un peu pas­sé à cô­té de la pre­mière jour­née. Mais la der­nière jour­née était bien. En foil, mon ob­jec­tif c’était de ga­gner, ce que j’ai fait, mais c’était pas fa­cile du tout, il y avait beau­coup de gens qui al­laient vite. An­toine Ques­tel al­lait très très vite. Il y avait du tra­vers, mais aus­si une bonne re­mon­tée au vent et des des­centes. J’ai ga­gné par des choix tac­tiques as­sez osés. J’ai sor­ti des su­pers cadres, en plus j’avais une planche que j’es­sayais pour la pre­mière fois et qui a l’air de mar­cher bien. Le ma­tos a beau­coup évo­lué, les foils changent, mais les planches aus­si, elles ont pris du vo­lume et de la lar­geur sur l’ar­rière, tout évo­lue très vite. »

Da­mien Ar­noux Fra 848 18 ans, HWO. Spon­sors: JP Pryde, Ifins. Da­mien est ori­gi­naire du Var, il s’en­traîne beau­coup à l’Al­ma­narre, il a fait sa pre­mière AFF il y a 3 ans, mais fait le tour com­plet de­puis deux ans. Il ter­mine 26e après une der­nière jour­née par­ti­cu­lière.

« Mon ob­jec­tif pre­mier, c’est de faire une étape d’en­traî­ne­ment avant les mon­diaux jeunes. En­suite, ce­la per­met une prise d’ex­pé­rience, de jau­ger le ni­veau gé­né­ral de ses concur­rents di­rects. L’AFF de Ma­ri­gnane est une bonne mise en jambe pour la sai­son, même pour ceux qui font la coupe du monde, c’est la pre­mière com­pé­ti­tion, donc elle sert de ré­fé­rence pour un bon nombre de gens. À chaque fois que l’on vient, il y a du vent et en plus on est su­per bien ac­cueillis. C’est l’étape de ré­glage. Pour les plus jeunes, ça per­met de se confron­ter à plus fort, c’est un bon re­père. C’est l’oc­ca­sion de voir ses forces et ses fai­blesses. Ceux qui font une contre-per­for­mance ont l’oc­ca­sion de se re­mettre en ques­tion, il faut sa­voir ti­rer les le­çons et s’en ser­vir. On voit quand le vent est très fort la dif­fé­rence de ni­veau entre les té­nors et les autres. C’était pas fa­cile de na­vi­guer le der­nier jour et Pierre Mor­te­fon et Pas­cal To­sel­li l’ont fait à mer­veille. C’est tou­jours beau à voir et dur à faire. Ce sont des condi­tions qui sont rares, on na­vigue peu en sla­lom dans ce genre de vent. Je pense qu’au lieu de faire de la vague, il fau­dra s’en­traî­ner quand il y a car­ton. Ça sert de le­çon une jour­née comme ça. J’ai uti­li­sé tout mon ma­tos du­rant ces trois jours, de 9,4 à 5,6, et toutes les planches! C’est ça qui est top, on a pu vrai­ment tout tes­ter, c’est bien pour com­men­cer la sai­son. »

UN GROS GROS CHAM­PION­NAT DU MONDE

Le se­cond gros mor­ceau de ces va­cances de fo­lies était les cham­pion­nats du monde IFCA Youth et Mas­ters. La com­pé­ti­tion sui­vait de près l’étape de l’AFF, puis­qu’elle se te­nait du 17 au 22 avril sur le spot de l’Al­ma­narre. Ce cham­pion­nat de sla­lom était ré­ser­vé aux jeunes et aux « vieux » (en gros tout le monde peut y al­ler sauf les 20-34 ans). Cette com­pé­ti­tion a été un énorme suc­cès à tous points de vue. Ni­veau am­biance, les kids ont en­flam­mé le spot, bien épau­lés par les mas­ters. Ni­veau condi­tions, le Var a dé­li­vré tout ce qu’il pou­vait en ma­tière de vent et de ther­miques. Pour que vous pre­niez toute la me­sure de la taille de ce qui s’est pas­sé, on vous donne les chiffres. En tout, 21 pays étaient re­pré­sen­tés pour un to­tal de 180 cou­reurs ! Un re­cord pour une coupe du monde. Pour que tout le monde puisse cou­rir, l’or­ga­ni­sa­tion a pla­cé deux par­cours qui fonc­tion­naient en même temps dans la baie de l’Al­ma­narre. Il y a eu plus de 400 courses lan­cées ! Rien que le der­nier jour, ce ne sont pas moins de 90 dé­parts qui ont été faits. Pour en­ca­drer tout ce­la, l’IFCA a pu comp­ter sur près de 70 bé­né­voles. Il a fal­lu une ving­taine de ba­teaux pour pou­voir en­chaî­ner les courses et as­su­rer la sé­cu de tout ce beau monde. Da­mien Ar­noux nous a confir­mé les dif­fi­cul­tés pour ma­na­ger tout ça ! « On a fait un nombre de na­vettes vers l’aé­ro­port et la gare in­croyable, on se de­vait d’al­ler cher­cher les jeunes ri­deurs. Il a fal­lu pré­voir une place spé­ciale sur le site, tout a été mul­ti­plié du fait du monde. Heu­reu­se­ment, on a eu beau­coup de chance avec la mé­téo. Le vent a été tous les jours-là! En gros, on a eu entre 13 et 35 noeuds pour la com­pé­ti­tion. » En ce qui concerne les courses, il y a eu de belles ba­tailles avec des condi­tions idéales. Comme l’an­née pas­sée, les Ca­lé­do­niens ont tout ra­flé ! Li­lou Gra­nier a tout mas­sa­cré chez les filles. Chez les jeunes, c’était un peu plus ou­vert que l’an­née der­nière, mais Ba­sile Jac­quin a été le plus ré­gu­lier. Der­rière lui, Jim­my Thié­mé s’est conten­té d’as­su­rer. Il n’a pas com­mis d’er­reur et a tou­jours été bien pla­cé, il est lo­gi­que­ment se­cond. En troi­sième, Da­mien Ar­noux re­vient de loin. Il a eu quelques pro­tests dou­teux contre lui qui l’ont bien plom­bé. Heu­reu­se­ment, la der­nière jour­née le sauve et il s’em­pare de la troi­sième place. À no­ter que pour les ju­niors c’est aus­si un Ca­lé­do­nien qui a rem­por­té la com­pé­ti­tion,

BEAU­COUP DE COS­TAUDS ONT CHAR­GÉ LA MULE COMME EN SLA­LOM. AL­BEAU A MÊME SOR­TI SA 9,4 LORS DE LA DEUXIÈME JOUR­NÉE !

bien qu’il n’y ait pas de titre of­fi­ciel, on peut quand même dire un grand bravo à Nathan Doom­loy. Il fau­dra lan­cer aus­si une en­quête pour voir à quoi sont nour­ris les wind­sur­feurs de Nou­velle-Ca­lé­do­nie. Pour les mas­ters, on ne change pas le ga­gnant non plus. An­drea Ro­sat­ti a été plus fort, il de­vance Lu­do Jos­sin et Mar­co Ben­gal­li.

L’ES­PRIT NA­TIO­NAL

C’est la sur­prise de ce mois d’avril, trop tard pour faire un pois­son, mais as­sez bien pla­cé pour faire un car­ton. Le Na­tio­nal Foil, Ra­ce­board, Tech­no 293 et RSX se te­nait du 21 au 23 avril à Mar­tigues. L’épreuve a at­ti­ré (est-ce en­core une sur­prise?) une foule de par­ti­ci­pants. 216 ins­crits, sa­chant que le na­tio­nal se te­nait en même temps que l’IFCA, on vous laisse ima­gi­ner le po­ten­tiel de gens ve­nus pour se ti­rer la bourre, si les dates ne se che­vau­chaient pas. C’est le genre d’évé­ne­ment un peu dur à gé­rer dans la me­sure où les ca­té­go­ries sont nom­breuses, ce­la né­ces­site là en­core une or­ga­ni­sa­tion bé­ton et de nom­breux ba­teaux et bé­né­voles pour or­ga­ni­ser ce­la. Dif­fi­cile de suivre la moindre course du bord, les dé­parts s’en­chaînent et les par­cours ba­nane avec jibes et vi­re­ments à go­go sont dif­fi­ciles à suivre pour les néo­phytes. Cô­té vent, il y a eu de tout, de­puis le ther­mique gen­til en pas­sant par le mis­tral bien frais. La Bic Tech­no avait 140 cou­reurs ins­crits, di­vi­sés en 4 ca­té­go­ries : mi­nimes, es­poirs, filles et gar­çons. Pour une com­pé­ti­tion na­tio­nale de France, il faut re­con­naître que le sup­port est ex­trê­me­ment at­trac­tif. C’est le cham­pion du monde Ma­this Ghio qui l’em­porte chez les gar­çons et Louise Le Bars chez les filles. En mi­nimes, ce sont Ma­thilde Ga­ran­deau et Ma­noa Pos­tec qui gagnent. En RSX, filles et gar­çon étaient mé­lan­gés, c’est le Mar­seillais et fa­vo­ri Tom Ar­noux qui gagne lo­gi­que­ment. Il y avait aus­si une ca­té­go­rie race-board pour les amou­reux des longues planches à dé­rive. Un sup­port qui re­vient en grâce avec l’ap­pui de quelques pas­sion­nés. Le cô­té tac­tique et tech­nique fait la part belle aux perfs dans cette ca­té­go­rie-là plus que la vi­tesse pure. C’est Da­mien Du­clos qui s’im­pose au terme de neuf manches très dis­pu­tées.

SACCAGE AU FOIL

Der­nière sur­prise de taille pour ce Na­tio­nal, la pré­sence des foi­leurs. Ils n’étaient pas nom­breux (18), mais compte te­nu du ca­len­drier, c’était dé­jà pas mal. Qua­si­ment tous les meilleurs sla­lo­meurs fran­çais étaient pré­sents. Ma­ni­fes­te­ment, le foil fait des émules dans la dis­ci­pline. On re­trou­vait sur la ligne de dé­part Pierre Mor­te­fon, An­toine Al­beau, An­toine Ques­tel, Del­phine Cou­sin et les frères Bouyer entre autres. On no­te­ra que pen­dant les trois jours, deux An­toine ont don­né une sa­crée le­çon. An­toine Al­beau a ga­gné en rem­por­tant 8 des manches cou­rues et l’autre An­toine a ga­gné le reste et a ter­mi­né deuxième les autres fois ! Di­dier Flamme, en di­rec­teur de course, a tes­té plu­sieurs genres de par­cours, dont un sla­lom clas­sique, mais c’est un par­cours ba­nane qui s’est im­po­sé. Dans ce for­mat de course, les bouées ne servent que pour les chan­ge­ments d’al­lure, pas pour les jibes. Ce­la évite les re­grou­pe­ments un peu tran­chants sur les marques. Le foil étant un bien bel ob­jet avec des bords tran­chants suf­fi­sam­ment grands pour ra­bo­ter les plus grands des pra­ti­quants. Il faut no­ter que le cô­té on se sous-toile pour faire du foil est lar­ge­ment par­ti en fu­mée. Beau­coup de cos­tauds ont char­gé la mule comme en sla­lom. Al­beau a même sor­ti sa 9,4 lors de la deuxième jour­née ! Deux en­sei­gne­ments : un, An­toine n’était pas là pour faire de la fi­gu­ra­tion, deux, on di­rait bien que cô­té course, il va fal­loir être sa­cré­ment cos­taud. À la fin des manches les ri­deurs sont vi­dés !

Le mois d'avril a été fi­dèle à sa ré­pu­ta­tion, le vent a ré­pon­du pré­sent sur tous les contests. Per­met­tant de su­perbes épreuves comme celle du Jaï.

C’est dans un baston de plus de trente noeuds que tout s’est joué le der­nier jour. Pas­cal To­sel­li et Pierre Mor­te­fon ont été au-des­sus du lot dans ces condi­tions.

En haut : Pierre et Pas­cal à la lutte en fi­nale pour sa­voir qui ga­gne­ra cette étape par­ti­cu­liè­re­ment dif­fi­cile.

Ci-des­sus : Va­len­tin Brault à l’at­taque au jibe lors de la deuxième jour­née.

Avant der­nier jibe pour les filles en fi­nale lors de la jour­née de gros mis­tral. Le po­dium se des­sine : Del­phine Cou­sin de­vance Ma­rion Mor­te­fon et Maëlle Guil­baud.

En haut : Del­phine Cou­sin im­pé­riale sur cette AFF, sa vi­tesse est son point fort, elle lui per­met d'as­su­rer aux jibes.

Ci-des­sus: pre­mière étape en foil dans la poche pour William Hup­pert. Avant que le mis­tral ne se lève, l’or­ga a pu lan­cer trois manches de foil.

Da­mien en­tame sa re­mon­tée pour se re­pla­cer sur le po­dium des Cham­pion­nats du monde IFCA. Jim­my Thié­mé et Ba­sile Jac­quin sont en em­bus­cade der­rière. Sur le Na­tio­nal Foil à Mar­tigues, c’est en force et bien toi­lé qu’An­toine est al­lé cher­cher ses vic­toires. Il a don­né une im­pres­sion de fa­ci­li­té, mais les manches sont tou­jours épui­santes. www.wind­mag.com ©Jé­ré­my La­cave

Pas­sage dé­li­cat à la bouée de près pour Mor­te­fon, Bouyer et Ques­tel, Al­beau est dé­jà loin de­vant.

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