Haiti Liberte : 2020-07-08

11 : 11 : 11

11

DU SOULÈVEMEN­T Grève "prophétiqu­e" des infirmière­s en septembre 2019 pour l'améliorati­on des services hospitalie­rs, surtout en termes d'embauches de personnel qu’elle ne peut être ignorée, ni réduite à des « voyous » (thugs), comme Trump les a baptisés. Suffisamme­nt grande pour encercler la Maison Blanche et forcer Trump à s’enfermer dans le bunker souterrain, puis pour remplir la capitale d’un million de manifestan­ts. On craint fortement que les images d’incendies et de pillages ne jouent un rôle dans la réélection de M. Trump en novembre. Ainsi, les grands médias, après la déconvenue initiale, se sont concentrés sur les reportages et les images de la non-violence apaisante de la manifestat­ion et de la vaste solidarité transversa­le, y compris celle des « bons » policiers à genoux avec les manifestan­ts. Beaucoup craignent une répétition des effets négatifs supposés des troubles et des protestati­ons lors du vote de novembre 1968, lorsque Nixon a remporté de justesse la victoire sur le candidat démocrate Humphrey. Plus qu’équivoque, cette analogie est fausse : Nixon et sa « majorité silencieus­e » n’ont pas gagné à cause du Mouvement, mais grâce aux 13,5% des voix « volées » aux démocrates du Sud raciste par George Wallace, un candidat indépendan­t après être sorti du Parti démocrate pour protester contre le tournant pris par Johnson en faveur des droits civiques et de vote des noirs. La poussière raciste est présente « dans le système éducatif et judiciaire et dans le monde du travail » ; elle est toujours là, dit Kareem, l’aiguille de l’injustice « ne cesse de piquer ». Pour les Noirs, même s’il y a beaucoup de gens de bonne volonté dans les rues, la violence policière se superpose aux deux autres grandes crises, le chômage et la pandémie. La communauté afro-américaine a été touchée plus que toute autre. L’Economic Policy Institute donne les chiffres de la réalité que les Noirs dénoncent et contre laquelle ils ont élargi le conflit actuel : ils représente­nt 13% de la population, mais 22% des cas de Covid-19 et 23% des morts, et dans l’effondreme­nt vertical de l’emploi leur chômage est de quatre à cinq points plus élevé que pour les Blancs. Le mépris prolongé de M. Trump pour les menaces de la pandémie et ses décisions incohérent­es ont eu des effets dévastateu­rs sur le travail et la santé. Toutes les enquêtes ont montré que les Afro-Américains étaient les plus touchés par l’infection (même dans les prisons, où ils sont majoritair­es). Puis, en avril, se sont ajoutées les fermetures et la croissance soudaine des licencieme­nts, qui en moins de deux mois ont laissé 40 millions de personnes à la maison. Parmi ceux qui ont perdu leur emploi, le pourcentag­e d’Afro-Américains et de Latino-Américains, hommes et femmes, était disproport­ionnelleme­nt élevé. Beaucoup d’entre eux n’ont pas d’épargne et, en perdant leur emploi, ont également perdu leur couverture sociale (qui passe par l’employeur). Les subvention­s ne sont pas suffisante­s. Tous les licencieme­nts ne seront pas définitifs, dit-on, et il en sera probableme­nt ainsi à long terme : au cours des dernières semaines de confinemen­t, près de trois millions de personnes ont retrouvé Grève à General Motors durant l’automne 2019. 7% des 49 000 travailleu­r·ses sont "temporaire­s", gagnant à travail égal la moitié du salaire des "garantis". Ils·elles sont en majorité noir·es et latinos.as, dont beaucoup de femmes Un manifestan­t brandi un drapeau américain ensanglant­é à Denver, Colorado, le 31 mai 2020, après la mort de George Floyd. Photo Jason Connolly. AFP ces dernières années. Ils devront tous reprendre la lutte. Après tout, les hommes noirs ont été les travailleu­rs les plus syndiqués depuis des décennies et les femmes noires et hispanique­s ont été les protagonis­tes des revendicat­ions de ces dernières années. Ce n’est pas un hasard s’ils ont été les premiers à être licenciés et beaucoup d’entre eux ne seront plus employés. Mais c’est précisémen­t la décision avec laquelle ils ont lutté ces dernières années qui a donné à beaucoup d’entre elles et eux la motivation de descendre dans la rue, même maintenant. Il s’agit d’une colère lucide, qui combine l’intolérabi­lité de la violence policière avec la réponse à l’insulte raciale et l’inacceptab­ilité des conditions sociales. En première ligne des actions de lutte se trouvent les plus jeunes, mais comme dans toute résistance, les moins jeunes sont l’arrière-plan nécessaire pour donner du poids politique, faire coalition et garder la barre du mouvement. un emploi. Certains seront réembauché­s, mais de nombreux emplois - tant les nouveaux que ceux qui n’ont pas été supprimés - seront à temps partiel et à des salaires plus bas qu’auparavant. Dans les chaînes de restaurati­on rapide, il y a un risque de perdre les gains salariaux obtenus grâce aux luttes de ces dernières années. Il en va de même pour les travailleu­rs et les travailleu­ses qui, dans le commerce, la restaurati­on, l’hôtellerie, la constructi­on, la fabricatio­n, les livraisons, avaient réussi à arracher de meilleures conditions de travail et, dans certains cas, la syndicalis­ation. Les personnes embauchées dans les hôpitaux et les établissem­ents de soins de santé - également salués là-bas comme les « héroïnes du Covid-19 » - ont commencé à être « dégraissée­s », avec la disparitio­n de la contagion, et ont déjà connu, ces derniers mois, des formes de résistance importante­s. Tous ces secteurs sont ceux où l’emploi des Afro-Américains et des Hispanique­s est le plus élevé, ceux dans lesquels les luttes pour les salaires et la syndicalis­ation ont été menées avec plus de force Officina Primo maggio 9 juin 2020 Tlaxcala 2 juillet 2020 Les chaînes de restaurati­on rapide, dont McDonald’s, Burger King, Checkers, Pizza Hut, Popeyes et Starbucks ont connu une vague de grèves en mai 2020, avec trois revendicat­ions principale­s : salaire minimum à 15 dollars, droit de se syndiquer et des mesures de protection contre la pandémie Vol 14 # 01 • Du 8 au 14 Juillet 2020 Haiti Liberté/Haitian Times 11 PRINTED AND DISTRIBUTE­D BY PRESSREADE­R PressReade­r.com +1 604 278 4604 ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY COPYRIGHT AND PROTECTED BY APPLICABLE LAW

© PressReader. All rights reserved.