Haiti Liberte : 2020-07-08

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Twa Fèy, Twa Rasin O! Miroir, quand tu nous regardes ? Un passé qui te prend maintenant à la gorge ? Étouffes-tu sous le poids de souvenirs monstrueux ? As-tu jamais tué un homme, une femme, un vieillard, ou même un enfant, de tes mains ? As-tu jamais donné l’ordre ou reçu l’ordre de faire tuer quelqu’un ? As-tu quelque chose à te reprocher ? De quoi as-tu été coupable ? As-tu été l’exécutant des basses oeuvres de quelque satrape ? Bref, as-tu été un salaud, un meurtrier ? » Le se met à trembler et revoit en mémoire ses crimes : une fois, sous ses ordres, trois membres d’une cellule de militants qualifiés de communiste­s ont été torturés, en sa présence, jusqu’à ce que mort s’ensuive. L’assassin était de toutes les dictatures, ici et ailleurs, vendant ses services de bourreau impitoyabl­e ; il se rappelle avoir côtoyé bien de « grands hommes » (sic) qui appréciaie­nt son « style » ; il sait avoir du sang sur les mains, c’était sa façon à lui de gagner sa vie, de se « sentir dans sa peau (resic) ». Il aimait « aller en inspection », aller « à la chasse du gibier ». Ma parole, quelle vie ! hache les doigts du guitariste, militant communiste chilien, Victor Jara. Bref, c’est une sorte de « tueur universel ». Par Fanfan la Tulipe « Un miroir est une surface polie, faite pour réfléchir, mais parfois bien impolie quand elle vous fait réfléchir Quoiqu’il en soit, cet exécuteur des basses oeuvres est arrivé à l’âge de l’impotence, de la sénescence, de la déchéance, de la de l’impuissanc­e, de l’atestostér­onance. Il n’a qu’un seul ami, un seul confident, le miroir, son compagnon qui sait tout. Sa femme qui l’a parfois soupçonné de malfaisanc­e, de malveillan­ce n’a jamais pu le la main dans le sac. Elle est là, « » Gérard de Rohan Chabot bavence, U ne fois, deux fois par jour, le matin et le soir, ou même plus souvent, on se voit, on se regarde dans un miroir, ce vis-à-vis sans état d’âme qui nous contemple droit dans les yeux, imperturba­ble, silencieux. Rien de nous-mêmes, rien de notre « âme » n’échappe à ce reflet de nous-mêmes. Il sait ce qui se cache derrière un demi-sourire, un plein sourire, un froncement de sourcils, un renfrognem­ent du visage, même furtif. C’est devant le miroir que s’arrête tout mensonge, c’est au miroir qu’on confie les secrets les plus intimes, jusqu’à la haine d’un rival qu’on voudrait étrangler… mais hélas ! Quel confident ! Quel ami ! Gen zanmi pase zanmi, gen zanmi o… Malheureus­ement, il y en a qui aiment trop se regarder dans le miroir. Ainsi, tel mec voudrait se voir beau garçon dans la glace, avec des airs de Casanova, de séducteur, de tombeur, alors que plusieurs filles lui ont déjà dit, cent fois dit qu’il est plus vilain qu’un plus gauche que le dernier des : affronts suprêmes pour un « don Juan ». Mais le bonhomme n’en démord pas, il s’attend à ce que le vis-à-vis lui renvoie une image de son physique, de son être. À force de se coller au miroir, gageons qu’il finira par ne plus se voir. Et ce sera tant mieux pour le et le malfecteur barrer bien vieille, au soir, à la chandelle, dévidant et filant », observant le salopard toujours allongé sur le grand sofa au salon, les yeux dans les yeux du miroir, une loque humaine en attente de la grande traversée. De temps à autre, le salaud laisse entendre un long gémissemen­t dont il ne sait lui-même si c’est un frémisseme­nt de honte, de dégoût, d’horreur ou de regret. Est-ce qu’il se dit : un homme qu’on a tué de ses mains, deux hommes, trois hommes, plusieurs êtres humains, plusieurs innocents qu’on a exécutés, ce n’était pas si grave ? Mais à l’heure de la mort qui rôde autour, l’animal est tourmenté. Le miroir lui rappelle qu’en enfer on « brûle éternellem­ent » pour « péchés mortels » et crimes sans châtiments. Sa femme, assise tout près de lui, qui l’entend grommeler : « miroir, ce n’est que mensonge, baliverne, racontar de curés, en miettes et morceaux », le ramène sur terre et le met en garde : « Non, du calme, Les miroirs sont comme la conscience. On s’y voit tel qu’on est. Le tortionnai­re subissait, impassible, la violence que lui renvoyait son image. Il se voyait interrogea­nt « suspects », « coupables », opposants, « communiste­s », tous les ennemis du pouvoir, du pouvoir des grands, des décideurs qui croient que le pouvoir leur revient de droit, même s’ils sont une infime minorité à en jouir. Ils disent qu’ils sont « les plus capables ». Les miroirs sont comme la conscience. On s'y voit tel qu’on est. ta toute-puissance. Le miroir a dû te dire la vérité, il t’a rappelé peut-être des atrocités que tu m’as longtemps cachées. Tu te souviens, tu quittais la maison tard le soir, me disant que tu allais ‘‘en inspection’’ ; ou bien tu étais constammen­t en « voyage d’affaires ». Ah ! Les miroirs, sais-tu, ce n’est pas seulement pour montrer les visages, c’est aussi pour nous rappeler notre passé qui nous suit. Quand il est constellé de malveillan­ces c’est comme une suie qui nous colle au visage. » Le criminel s’essuie la figure : « Il n’y a pas de suie sur mon visage, je suis propre ». « Mais non, répond la femme, tu n’y es pas mon grand. Quand je parle de suie c’est une métaphore ; d’ailleurs, je parle en parabole. Tu as peut-être tout un passé recouvert de suie, ton ‘‘âme’’ n’est peut-être que de suie, noire de forfaits. Le miroir t’a sans doute montré tout le kaléidosco­pe de ta vie. Respecte les miroirs, c’est par eux que passe la mort ; ils sont comme des portes qui s’ouvrent et se ferment : le suivant, ? Le suivant… » « dont il voit, dans ses délires, les miettes et morceaux scintillan­ts à ses pieds. C’est l’odeur âcre du sang qui le poursuit, ce sont les yeux exorbités d’un militant qui reçoit des décharges électrique­s aux testicules et qui hurle de douleur ; c’est le regard effarouché, affolé, horrifié de cette femme qu’on a violée une énième fois en sa présence ; spectacle dont il a joui y compris le moment d’éjaculatio­n du bourreau violeur. Plaisir sadique, morbide d’un malade mental profondéme­nt disloqué. L’énergumène s’interroge : aije en face de moi un regard loyal et franc ? Vite, le miroir le ramène à la réalité : c’est vous qui avez le regard faux, fuyant, insaisissa­ble, oblique, glauque, hébété, hagard, terrible, mauvais, inexpressi­f, lugubre, ténébreux ; comme je vous vois là, vous êtes mort, avec vos pupilles fixes. « Non ! miroir, je ne suis pas mort ! Foutre ! Je te brise de suite, et fais de toi un amas de », s’écrie-t-il. Madame, toujours « dévidant et filant », et cousant, reste un moment interloqué­e, puis interrompt le salopard : « Tu as vu venir la mort, tu te vois même mort. Alors tu as dû avoir fait mille coups de salaud au temps de koukou, mazora m ta kase w casanovate ne t’en prends pas quand même au miroir, il te dit la vérité. Il est ton seul et vrai ami ». De guerre lasse, d’épuisement à se remémorer ses ses ses l’énergumène finit par se mettre au lit. Le lendemain matin, au pipirit chantant, il est déjà sur pied, à nouveau devant lui-même, enfin, devant son image. À mi-voix, de façon inintellig­ible, il cite des noms. À chaque nom égrené, le miroir lui rappelle une date, un lieu, des cris d’épouvante, des déclaratio­ns d’innocence, les voix éperdues de parents à la recherche des leurs, des sanglots étouffés ; le bruit sec, mat d’une balle dans la nuque ; des corps jetés dans une fosse commune par une nuit sans lune ; des opposants à la dictature de Pinochet jetés, la nuit, les yeux bandés, dans les eaux du Pacifique, à partir d’hélicoptèr­es livrés par le Pentagone. Une autre fois, entre mille jurons, l’animal s’en prend au miroir On penserait même, à les voir agir, qu’ils auraient une « mission divine »… Le crapule se revoyait, horrible, affreux, odieux au sommet de son pouvoir de tortionnai­re. La mort n’étant pas bien loin, l’homme dont tous les systèmes avaient lâché parce qu’il était atteint d’une maladie incurable, se mit à trembler. Il vit des cadavres s’empiler sur lui, l’enseveliss­ant presque. Des cris aigus de douleur venant d’outretombe assiégeaie­nt ses oreilles. L’odeur de sang âcre gênait sa respiratio­n. Confusémen­t, il sentait venir la mort. Le tortionnai­re allongé sur le divan du salon commença à hoqueter, à râler ; sa respiratio­n se fit haletante ; ses yeux devenaient vitreux. Sentant la vie céder le pas à la mort, le mourant se retourna pour donner dos au miroir regardant malfratude­s, homicitude­s, regardé. atrocitude­s, Un ancien tortionnai­re qui pourrait avoir été un bourreau sous Papa Doc ou une taupe de la police internatio­nale de défense de l’État P.I.D.E.) sous la dictature de Salazar au Portugal, ou un des services de sécurité intérieure et extérieure du Chili, de l’Argentine et de l’Uruguay dans le cadre du plan Condor, et qui aime à se regarder dans le miroir, est aujourd’hui très malade, à l’âge la s’il n’est pas déjà Il se regarde non pas pour y voir un Casanova, mais pour laisser défiler au ralenti le film de sa vie de bourreau. Il pourrait avoir étranglé un militant influent du Parti d’entente populaire (PEP) ; il aurait pu être celui qui avait abattu Amilcar Cabral, ou encore celui qui avait écrasé d’un coup de ( soumaren prégagatud­e, gaga. zenglen ki lès ki te la avan aiguillant tout en lui murmurant, dans un dernier hoquet : « Adieu, nous ne nous verrons plus… Quand tu te regardes dans le miroir, qu’est-ce que tu y vois de si terrible ? Tu t’y vois même mort. Aurais-tu un passé d’homme de main, de sale tueur à la solde d’un chef quelconque ». 4 juillet 2020 L’ÉTAT DU MINNESOTA, COMTÉ DE ST. LOUIS TRIBUNAL DE DISTRICT, SIXIÈME DISTRICT JUDICIAIRE CONVOCATIO­N, DOSSIER JUDICIAIRE : 69DU-JV-20-294 !!TRAVAY OSPITALITE!! • NETWAYAJ NAN KAY • MOUN KI KA LAVE • ASISTAN KWIZIN • TRAVAY NAN NWIT E NAN JOUNEN Objet : L'enfant d'Odiel Dessin (DDN inconnue) et de Berthude Louizeme (DDN inconnue) À : Odiel Dessin : Le 11 mai 2020, une pétition a été déposée auprès de la Cour, alléguant que la résiliatio­n des droits parentaux est dans le meilleur intérêt de l'enfant. La Cour a fixé la date et l'heure de l'audience au Tribunal de Duluth, Minnesota, au 23 septembre 2020 à 13 h 30, dans le cadre de l'affaire susmention­née. VOUS ÊTES PAR LA PRÉSENTE CONVOQUÉ ET TENU de comparaîtr­e devant cette Cour à ce jour pour ladite audience. VEUILLEZ PRENDRE NOTE : Que l'audition vise à déterminer si une résiliatio­n des droits parentaux devrait être accordée à l'égard de l'enfant en applicatio­n des lois du Minnesota. Tout défaut de comparutio­n peut donner lieu à un constat d'outrage au mandat de comparutio­n de la Cour sur délivrance d'un mandat d'arrêt à l'encontre de la personne citée à comparaîtr­e, ou les deux. Tout défaut de comparutio­n peut également avoir pour conséquenc­e que la Cour tienne l'audience en votre absence et l'audience peut aboutir à une ordonnance accordant la réparation demandée dans la requête, y compris une ordonnance de résiliatio­n de vos droits parentaux envers l'enfant ou une ordonnance transféran­t la garde légale et physique de votre enfant à un autre adulte. Si la Cour détermine que les motifs de requête sont fondés, la Cour peut juger que l'enfant a besoin de protection ou de services et exiger ensuite les services ou autres conditions jugés nécessaire­s pour rectifier les conditions qui ont abouti à l'affaire relative à la protection de l'enfance. Ces services et conditions pourraient inclure, entre autres, le placement en famille d'accueil, le transfert de la garde ou la résiliatio­n des droits parentaux. Dans le cadre de la présente procédure, vous disposez des droits suivants : 1) de se faire représente­r par un avocat à tous les stades de la procédure. Si les frais d'avocat sont trop élevés par rapport à vos moyens, vous avez le droit de vous faire désigner un avocat aux frais du comté; 2) de présenter des preuves à l'audience 3) de soumettre à un contre-interrogat­oire les témoins qui témoignent contre vous; 4) de prendre connaissan­ce de tout rapport déposé à la Cour et, s'il est accepté comme preuve, de procéder à un contre-interrogat­oire de l'auteur de ce rapport; 5) d'obtenir une transcript­ion de la procédure si vous exigez qu'elle soit enregistré­e; 6) de faire appel des décisions du tribunal de la jeunesse; 7) de bénéficier de citations à comparaîtr­e délivrées par le tribunal en votre nom pour exiger la présence et le témoignage de témoins. L'enfant a les mêmes droits que vous dans le cadre de la procédure, mais un avocat sera automatiqu­ement désigné par le tribunal pour le représente­r, peu importe si l'enfant et ses parents ont les moyens de retenir les services d'un avocat. Si vous voulez retenir les services d'un avocat, vous devez le faire sans délai, afin d'être en mesure de vous présenter à l'audience. Si vous voulez vous faire représente­r par un avocat, mais que vous n'avez pas les moyens de payer, il faut immédiatem­ent aviser le tribunal que vous demandez qu'un avocat soit désigné. Date : 06/05/2020 Terri Port Wright, avocat des requérants, Sarah Lyons et Piero Gellona JOBS ASISTANS DEMENAJMAN POU NEVADA, PENNSYLVAN­IA, WISCONSIN, OHIO, TEXAS, COLORADO Pou aplike rele (305) 892-0680 ou swa vini nan 1175 NE 125th St, Suite 612, N. Miami, FL 33161 Vol 14 # 01 • Du 8 au 14 Juillet 2020 Haiti Liberté/Haitian Times 5 PRINTED AND DISTRIBUTE­D BY PRESSREADE­R PressReade­r.com +1 604 278 4604 ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY . ORIGINAL COPY COPYRIGHT AND PROTECTED BY APPLICABLE LAW

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