Ri­vère : « Cette équipe ne lâche ja­mais rien »

Evi­dem­ment sa­tis­fait du dé­but de sai­son de son club, lea­der du cham­pion­nat, le pré­sident Jean-Pierre Ri­vère fait le tour des su­jets et évoque no­tam­ment l’af­fluence dé­ce­vante à l’Al­lianz

Monaco-Matin - - Sports - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR AN­TOINE DELGOULET

Pré­sident, vous al­lez bien, on ima­gine... Oui, oui. Mais vous sa­vez, je re­garde tou­jours un peu plus loin que l’ins­tant pré­sent. Donc, on ne s’en­flamme pas pour au­tant.

C’est tout de même agréable... C’est tou­jours mieux. Mais ce n’est pas la pre­mière place qui me ré­jouit le plus, ce sont les  points ac­quis en huit jour­nées.

Pour re­ve­nir à Nice Lo­rient, l’hom­mage d’avant-match à Re­né Mar­si­glia était très émou­vant... Re­né est un homme qui, à tra­vers son par­cours pro­fes­sion­nel et per­son­nel, a se­mé beau­coup d’amour dans sa vie. Il était non seule­ment com­pé­tent mais aus­si ar­mé d’une gen­tillesse et d’un ca­rac­tère qui ont fait l’una­ni­mi­té. C’était im­por­tant de lui rendre le meilleur hom­mage pos­sible di­manche. Lors de ses ob­sèques ven­dre­di, le dis­cours de ses en­fants a été pour moi le plus bel hom­mage que peut re­ce­voir un père. Quel bi­lan faites-vous de ce dé­but de sai­son ? Il est très bon, évi­dem­ment. A l’en­tame du cham­pion­nat, on avait des joueurs qui n’étaient pas au même ni­veau phy­si­que­ment, avec une for­ma­tion très jeune, un nou­veau coach... Je pen­sais qu’il nous fau­drait deux ou trois mois - et je le pense en­core - pour avoir une équipe qui joue le re­gistre que sou­haite lui faire jouer son en­traî­neur. Fi­na­le­ment, on a eu des ré­sul­tats fa­vo­rables même si on a eu de la réus­site. La réus­site vient aus­si de l’état d’es­prit des joueurs. Elle vient éga­le­ment à do­mi­cile de l’at­ti­tude de notre pu­blic, tou­jours là à nous en­cou­ra­ger, à l’image du pe­nal­ty ra­té par Plea contre Mo­na­co. Tout ça fait qu’on réa­lise un très bon dé­but de sai­son. Mais il y a en­core beau­coup de tra­vail de­vant nous.

Avez-vous éle­vé vos ob­jec­tifs alors que vous êtes lea­ders après  jour­nées ? Non, l’ob­jec­tif est le même. Il n’y a pas d’ob­jec­tif de place mais seule­ment ce­lui de conti­nuer à faire pro­gres­ser ce club et de faire la meilleure sai­son pos­sible.

Vous de­vez être en re­vanche un peu dé­çu du par­cours eu­ro­péen... Le pre­mier match face à Schalke (-), on mé­rite de perdre. Mais le deuxième à Kras­no­dar (-), on a lar­ge­ment la place pour faire un meilleur ré­sul­tat. Les cir­cons­tances n’ont pas été fa­vo­rables, on a fait des er­reurs. On a grillé des jo­kers. Il reste  matchs pour es­sayer de ren­ver­ser la ten­dance.

On a sen­ti l’équipe émous­sée contre Lo­rient suite à l’ac­cu­mu­la­tion des  matchs en  jours... C’est lo­gique. Mais ce qui est in­té­res­sant, c’est que, même en dif­fi­cul­té, cette équipe ne lâche ja­mais rien et trouve des res­sources pour al­ler cher­cher la vic­toire. Si on garde cet état d’es­prit, c’est très in­té­res­sant. Vous at­ten­diez-vous à un aus­si bon dé­but de sai­son de Ma­rio Ba­lo­tel­li ? Là en­core, on ne s’en­flamme pas. C’est un joueur de ta­lent, un buteur, il l’a ex­pri­mé plu­sieurs fois de­puis le dé­but de sai­son. On est très heu­reux de ses dé­buts et heu­reux aus­si de le voir aus­si heu­reux. Ma­rio est quel­qu’un de po­si­tif, et il a l’air de s’épa­nouir dans cette équipe. Les sup­por­ters sont aus­si der­rière lui. Rien que de fê­ter ses buts avec le sou­rire, c’est un signe. Mais la route est en­core longue.

Nice est en tête de la L, pro­pose du spec­tacle, mais n’a at­ti­ré qu’un peu plus de   spec­ta­teurs di­manche face à Lo­rient. Comment l’ex­pli­quez­vous ? On sait qu’on a des pro­blé­ma­tiques d’ac­ces­si­bi­li­té au stade. On est en train de les ré­gler avec la pré­fec­ture, la mai­rie et la po­lice. On a fait une réunion très in­té­res­sante à ce su­jet la se­maine der­nière et j’es­père que pour Nice - Lyon (le ven­dre­di  no­vembre), tout le nou­veau dis­po­si­tif de cir­cu­la­tion va être mis en place. L’ac­ces­si­bi­li­té se­ra bien plus fluide et les gens n’au­ront plus cette ex­cuse pour ne pas al­ler au match. Tous les in­gré­dients sont réunis cette an­née pour que le pu­blic vienne nous sou­te­nir : une équipe jeune, un en­traî­neur de grande qua­li­té, des joueurs hors-norme. Si le pu­blic ne vient pas plus, il fau­dra alors se po­ser la ques­tion de l’évo­lu­tion du foot­ball à Nice.

Nice est-elle une vraie ville de foot ? C’est bien la ques­tion qu’il fau­dra se po­ser. Dans Nice, énor­mé­ment de gens parlent de foot­ball, toute la jour­née. Mais beau­coup ne viennent pas au stade. Les ta­rifs sont quand même très abor­dables, le stade est ma­gni­fique. Il faut que la po­pu­la­tion ni­çoise se mo­bi­lise. Quand le stade est plein, ça gal­va­nise les joueurs. Et ils vont avoir be­soin de sou­tien tout au long de la sai­son, à tous les matchs. Pas seule­ment contre Lyon, Mar­seille ou Pa­ris.

On est heu­reux de voir Ma­rio heu­reux ”

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo)

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