 pistes pour ré­vo­lu­tion­ner

Monaco-Matin - - Nice-Matin Des Solutions - JÉ­RÉ­MY COLLADO jcol­la­do@ni­ce­ma­tin.fr

Les Fran­çais ne veulent pas d’un match re­tour entre Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Hol­lande. Ils sont en­vi­ron quatre sur cinq à re­fu­ser l’idée que ce bi­nôme soit en­core en course en . Et pour­tant, c’est bien ce duel qui se pro­file à l’ho­ri­zon. Du moins au­jourd’hui... Ajou­tez à ce pa­ra­doxe que les deux hommes pa­rient mu­tuel­le­ment sur la can­di­da­ture de l’autre, es­pé­rant pro­fi­ter du re­jet de leur ad­ver­saire pour rem­por­ter la mise. Ain­si se dé­roule la pré­si­den­tielle, en France, confis­quée par deux pri­maires qui en­ferment les can­di­dats dans un camp par­ti­san, alors que l’élec­tion ma­jeure sup­pose de gou­ver­ner au nom du peuple. Sans par­ler d’Alain Jup­pé en tête des son­dages, qui fut Pre­mier mi­nistre en... . Face à cette ab­sence de re­nou­vel­le­ment à la fois gé­né­ra­tion­nel et idéo­lo­gique, sur fond de consen­sus idéo­lo­gique entre droite et gauche, cer­tains scandent un « re­nou­veau » qui se fait at­tendre. De Bru­no Le Maire à Em­ma­nuel Ma­cron, quelques têtes dé­jà connues veulent faire im­plo­ser le « sys­tème ». Le pre­mier dé­nonce l’ENA, le se­cond cherche une ma­jo­ri­té cen­trale, là où Fran­çois Bay­rou a dé­jà échoué. Et s’il fal­lait ren­ver­ser la table pour faire ai­mer de nou­veau la po­li­tique aux Fran­çais ? Sept mois avant l’élec­tion pré­si­den­tielle, nous ex­plo­rons des pistes ra­re­ment en­vi­sa­gées, mais dont cer­taines existent pour­tant à l’étran­ger : ti­rage au sort pour dé­si­gner les can­di­dats aux élec­tions, ré­fé­ren­dums lo­caux et na­tio­naux sur des su­jets ma­jeurs, man­dat im­pé­ra­tif, vote obli­ga­toire ou re­con­nais­sance du vote blanc... En , le gé­né­ral de Gaulle était re­ve­nu au pou­voir en ré­di­geant une nou­velle consti­tu­tion, en op­po­si­tion au pou­voir dé­li­ques­cent d’une IVe Ré­pu­blique qui n’avait pas su ré­gler le conflit en Al­gé­rie. Au­jourd’hui, De Gaulle n’est plus là. Et les po­li­tiques, qui sont les pre­miers concer­nés par cette re­com­po­si­tion, re­chignent à chan­ger. Et si le sur­saut ve­nait d’abord du bas? C’est-à-dire de nous tous...

Et si on vo­tait plus sou­vent comme en Suisse ?

En , les Suisses ont vo­té pour le pla­fon­ne­ment de l’im­mi­gra­tion à l’oc­ca­sion d’un large ré­fé­ren­dum qui agi­ta toute l’Eu­rope. Les élites hur­lèrent. Le peuple, lui, tran­cha. En France, au­cune vo­ta­tion de ce type n’a eu lieu, si bien que les Fran­çais – pour qui l’im­mi­gra­tion est un su­jet cen­tral, ré­ac­ti­vé no­tam­ment par la crise des mi­grants qui s’ins­tallent par­fois dans nos ré­gions, – n’ont ja­mais rien dé­ci­dé. De­puis , les Suisses se sont ex­pri­més près de  fois par ré­fé­ren­dum (prix des loyers, adhé­sion à l’ONU ou na­tu­ra­li­sa­tion des im­mi­grés, les su­jets sont va­riés), contre seule­ment  fois pour la France! Il y au­rait donc de quoi s’ins­pi­rer face à une telle dé­mo­cra­tie di­recte quand le trai­té eu­ro­péen, re­fu­sé par ré­fé­ren­dum en , fut im­po­sé en  via l’As­sem­blée na­tio­nale par le trai­té de Lis­bonne. Au­jourd’hui, il est dé­jà pos­sible pour

Et si on vi­rait les élus qui tra­hissent leurs pro­messes ?

Mer­cre­di  août , les sé­na­teurs bré­si­liens ont dé­ci­dé de des­ti­tuer la pré­si­dente Dil­ma Rous­seff par  voix contre . C’est-à-dire plus que les deux tiers né­ces­saires... En avril, % des Bré­si­liens s’étaient pro­non­cés pour son dé­part. Et si cette me­sure voyait le jour en France ? Fi­dèle de Jean-Luc Mé­len­chon, can­di­dat de la « France in­sou­mise » pour l’élec­tion pré­si­den­tielle, Ra­quel Gar­ri­do pro­pose ain­si la ré­vo­ca­bi­li­té des élus qui tra­hissent leurs pro­messes, c’est-àdire la pos­si­bi­li­té de les ren­voyer chez eux à la fa­veur d’une pé­ti­tion ou d’un grand ré­fé­ren­dum « ré­vo­ca­toire » : « Les ci­toyens re­pren­dront une par­tie de leur pou­voir ! », s’en­flamme-t-elle. Au Ve­ne­zue­la ou aux ÉtatsU­nis, ce type de pro­cé­dure existe dé­jà. Pour les par­ti­sans de cette me­sure, celle-ci obli­ge­rait à ac­cor­der une plus les ci­toyens de sus­ci­ter une vo­ta­tion ci­toyenne sur un su­jet d’in­té­rêt pu­blic. Mais les règles sont très com­pli­quées. Ain­si en , près de  mil­lions de per­sonnes s’étaient tout de même pro­non­cées sur la pri­va­ti­sa­tion de La Poste... sans pou­voir l’em­pê­cher.

Pos­si­bi­li­té de réa­li­sa­tion:  % Les pré­si­dents peuvent sus­ci­ter un grand ré­fé­ren­dum. Mais c’est une ques­tion de vo­lon­té po­li­tique... grande im­por­tance au pro­gramme, au dé­bat d’idées, à la confron­ta­tion idéo­lo­gique. Me­na­cés d’être chas­sés du pou­voir s’ils ne res­pectent pas leurs en­ga­ge­ments, les po­li­tiques pren­draient-ils des dé­ci­sions en fa­veur de ceux qui les ont élus ? Pos­si­bi­li­té de réa­li­sa­tion:  % En France, c’est le vote qui sert de sanc­tion pour les po­li­tiques. C’est d’ailleurs la rai­son pour la­quelle les gou­ver­ne­ments changent lorsque la ma­jo­ri­té perd des élec­tions in­ter­mé­diaires type mu­ni­ci­pales.

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