Moi, j’aime ma boîte. Et vous?

Jeu­di 13 oc­tobre, vous pour­rez dé­cla­rer votre flamme à votre en­tre­prise à l’oc­ca­sion de la 14e édi­tion de J’aime ma boîte. L’oc­ca­sion de par­ta­ger un mo­ment de co­hé­sion et convi­via­li­té

Monaco-Matin - - L’économie - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR KA­RINE WENGER kwen­ger@ni­ce­ma­tin.fr

On passe 253 jours par an au bou­lot. Cer­tains sont sou­riants et pro­duc­tifs, d’autres sont stres­sants et dif­fi­ciles. Quoi qu’il en soit, 64 % des sa­la­riés fran­çais dé­clarent ai­mer leur en­tre­prise. Et ce n’est pas So­phie de Men­thon, pré­si­dente du mou­ve­ment ETHIC (En­tre­prises de taille hu­maine, in­dé­pen­dantes et de crois­sance), à l’ori­gine de la ma­ni­fes­ta­tion J’aime ma boîte, qui di­ra le contraire.

Comment vous est ve­nu l’idée de J’aime ma boîte? Il y a quinze ans, j’étais à New York dans un drug­store et re­gar­dais les cartes hu­mo­ris­tiques quand j’en aper­çois une sur la­quelle est ins­crit I love my boss, et une autre You’re the grea­test boss… On m’a alors ex­pli­qué que c’était Boss Day, le jour du pa­tron, et que c’était – presque – aus­si im­por­tant que la Saint-Va­len­tin. J’ai trou­vé ça gé­nial. Plus tard, j’ai pro­po­sé l’idée au Me­def où l’on m’a ré­pon­du que quand on fait la fête aux pa­trons en France, c’est pour les sé­ques­trer… Fi­na­le­ment, mon fils m’a sug­gé­ré de faire la fête de l’en­tre­prise.

La pre­mière édi­tion a eu lieu en . Ça a mar­ché tout de suite? Oui et tous les ans, de­puis le dé­but, je fais réa­li­ser un son­dage de­man­dant aux sa­la­riés s’ils aiment leur boîte. La ré­ponse est oui même si pour cette édi­tion, le ré­sul­tat est à un des ni­veaux les plus bas. Ils ne sont que  % à ai­mer leur boîte.

Comment l’ex­pli­quez-vous? Il est cor­ré­lé à l’am­biance gé­né­rale, à l’in­sé­cu­ri­té, la po­li­tique, le dé­goût des chiffres et des im­pôts… Tout un cli­mat qui, for­cé­ment, re­jaillit sur l’en­tre­prise.

Pour­tant, ce­la fait de­puis  qu’on est en crise… Oui, mais cette an­née, il y a eu les at­ten­tats! Même si  % seule­ment des sa­la­riés aiment leur boîte, il y a près de  en­tre­prises qui y par­ti­cipent à la jour­née du  oc­tobre. Elles sont gé­né­ra­le­ment dans le pri­vé. À no­ter que l’idée ne vient ja­mais du pa­tron: il a trop peur qu’on ne l’aime pas. À ce su­jet,  % des em­ployés dans des boîtes de  per­sonnes pensent que “Mon pa­tron ne m’aime pas parce qu’il ne me connaît pas.” Je ne sais pas comment fait le di­ri­geant: il doit ra­ser les murs!

Qu’est-ce que cette jour­née re­pré­sente pour vous? C’est un jour où on ou­blie tous ses griefs quels qu’ils soient. Chaque boîte met en place ce qu’elle veut: des pots, des ac­ti­vi­tés spor­tives, des chal­lenges… Il y en a qui font des lip dubs. Cette an­née, Pu­ri­na pro­pose d’or­ga­ni­ser dans les en­tre­prises qui le sou­haitent la jour­née #PetsAtWork, d’em­me­ner son chien au tra­vail. Tan­dis que les conseillères beau­té de Gui­notMa­ry Cohr se dé­pla­ce­ront à l’heure du dé­jeu­ner dans les so­cié­tés qui en font la de­mande afin de don­ner gra­tui­te­ment des conseils de beau­té. Pour être la plus belle pour al­ler bos­ser!

Le bon­heur est dans la boîte… Oui. Plus l’en­tre­prise est pe­tite, plus l’am­biance y est bonne et plus elle rend heu­reux. En re­vanche, je suis tom­bée des nues en ap­pre­nant qu’il exis­tait dans cer­taines en­tre­prises des chief hap­pi­ness of­fi­cers à la DRH; des res­pon­sables du bon­heur dans l’en­tre­prise ! Je pense que c’est une er­reur et que l’on est en train de tom­ber dans un Club Med de l’en­tre­prise. Parce qu’une boîte, ça reste du tra­vail, avec des obli­ga­tions et une hié­rar­chie.

L’en­tre­prise, c’est du lien so­cial, c’est un corps so­cial. Ça fait ou­blier les sou­cis… même si ça en crée d’autres!

La fête s’étend hors de France… Oui, l’Ita­lie, l’Au­triche et la Li­tua­nie l’ont adop­tée. Et les DOM-TOM vou­draient y par­ti­ci­per l’an­née pro­chaine. Mon rêve, ce se­rait qu’il y ait la fête des en­tre­prises d’Eu­rope avec des ju­me­lages. Il n’est pas trop tard pour or­ga­ni­ser la fête de votre en­tre­prise. Il suf­fit de vous connec­ter sur jai­me­ma­boite.com qui pro­pose plein d’idées, un kit de com­mu­ni­ca­tion (af­fiches, flyers, ban­nières per­son­na­li­sables) à té­lé­char­ger.

«L’idée ne vient ja­mais du pa­tron : il a trop peur qu’on ne l’aime pas.»

(D.R.)

«La fête des en­tre­prises est une fa­çon de cé­lé­brer l’at­ta­che­ment des sa­la­riés à leur boîte; un cô­té af­fec­tif ra­re­ment pris en compte dans le monde éco­no­mique», confie So­phie de Men­thon.

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