Créa­ti­vi­té ou or­ga­ni­sa­tion? Club de l’éco

Pour­quoi fau­drait-il choi­sir ? L’inau­gu­ra­tion des nou­veaux lo­caux de la chambre de com­merce ita­lienne à Nice a per­mis d’échan­ger sur nos dif­fé­rences trans­fron­ta­lières

Monaco-Matin - - L’Économie -

Fan­tai­sia Pa­tri­zia Dal­mas­so, pré­si­dente de la chambre de com­merce ita­lienne: « Dans notre ADN » « Pré­sente dans tous les sec­teurs, tra­di­tion­nels ou non, la créa­ti­vi­té ita­lienne ap­porte une forte va­leur ajou­tée à notre éco­no­mie et fait par­tie de notre ADN. Mais at­ten­tion, nous, Ita­liens, sommes trop ha­bi­tués à vivre dans la beau­té et on en ou­blie par­fois notre sa­voir-faire et créa­ti­vi­té. Nous de­vons tout mettre en oeuvre pour les faire sor­tir du cadre aca­dé­mique et des mu­sées. A nous d’ex­por­ter et de faire re­con­naître des exemples de notre créa­ti­vi­té dans le monde. »

Gé­rard-Louis Bo­sio, vice-pré­sident de la chambre de com­merce ita­lienne : « Pas de créa­ti­vi­té sans or­ga­ni­sa­tion » « Par tra­di­tion, l’Ita­lien est un na­vi­ga­teur et un ex­plo­ra­teur tan­dis que le Fran­çais est un ter­rien. À la CCIt, nous avons beau­coup de mal à mo­ti­ver les en­tre­prises lo­cales à al­ler trans­po­ser leur sa­voir-faire en Ita­lie. Tan­dis que les Tran­sal­pins le font na­tu­rel­le­ment. Preuve qu’ils n’ont pas peur dans leur créa­ti­vi­té. Mais la créa­ti­vi­té n’existe pas sans or­ga­ni­sa­tion. L’Ita­lien fait et se de­mande en­suite si c’est pos­sible. Le Fran­çais, c’est l’in­verse. Un al­lant ita­lien qu’on ne re­trouve pas dans notre éco­no­mie car­té­sienne et or­ga­ni­sée. Pour au­tant, la France et l’Ita­lie sont deux na­tions la­tines qui se re­trouvent sur bien des points. Dans l’éco­no­mie mon­dia­li­sée, chaque pro­duit doit ex­por­ter son au­then­ti­ci­té et culture et de ce point de vue, nos deux na­tions sont à éga­li­té. »

Fer­ruc­cio Dar­da­nel­lo, pré­sident CCI de Cu­neo : « Va­lo­ri­ser les Alpes de la Mer » « La Côte d’Azur et le Pié­mont font par­tie des Alpes de la Mer, une ré­gion qui a un grand ave­nir si on tra­vaille en­semble. Une étude réa­li­sée par Google dans les  chambres de com­merce ita­liennes dans le monde montre que le Made in Ita­ly est la marque la plus connue dans le monde après Co­ca-Co­la. La créa­ti­vi­té ita­lienne dans tous les sec­teurs a créé une grosse marque de va­leur pour ai­der les en­tre­prises ita­liennes dans leur ave­nir. Pour construire ce fu­tur, il ne faut pas mi­ser sur la quan­ti­té mais sur la qua­li­té et sur­tout sur la créa­ti­vi­té, la fan­tai­sie qui sont notre force. Et par­des­sus tout, il faut va­lo­ri­ser en tra­vaillant en­semble, les Alpes de la Mer, ce ter­ri­toire sur le­quel nous vi­vons, Fran­çais et Ita­liens, et qui est unique au monde. » « La CCIt étant mixte, moi­tié ita­lienne, moi­tié fran­çaise, nous pre­nons tou­jours le meilleur des deux pays. Nous tra­vaillons donc avec des so­cié­tés fran­çaises car elles sont or­ga­ni­sées et créa­tives. Quand nous fai­sons l’Ita­lie en fête sur la Prom’, il faut être très or­ga­ni­sé mais ces en­tre­prises savent aus­si s’adap­ter et faire preuve de créa­ti­vi­té. »

J.-Ma­rie Gal­lo, Ga­zelle Com­mu­ni­ca­tion: «Les Ita­liens aus­si sont or­ga­ni­sés ! » « Les pro­duits ita­liens ven­dus en France jouissent d’une très bonne image de marque, à la fois luxueuse et créa­tive. Mais les Fran­çais pensent à tort que les en­tre­prises ita­liennes ne sont pas or­ga­ni­sées. Ga­zelle Com­mu­ni­ca­tion tra­vaille pour de grandes marques ita­liennes comme Gal­va­ni, Mot­ta qui sont très struc­tu­rées. »

Bru­no Va­len­tin, UPE : « L’or­ga­ni­sa­tion de la créa­ti­vi­té » « La créa­ti­vi­té ne va pas sans l’or­ga­ni­sa­tion. Il existe même une or­ga­ni­sa­tion dans la créa­ti­vi­té et une culture de la créa­ti­vi­té qui se construit. À l’ins­tar des GAFA qui en­cou­ragent la créa­ti­vi­té et créent des en­vi­ron­ne­ments de tra­vail pour l’in­ci­ter. Sur la Côte d’Azur, on a en com­mun avec les Ita­liens d’avoir su en­cou­ra­ger cette créa­ti­vi­té. Ce qui ex­plique pour­quoi Toyo­ta a im­plan­té son centre de de­si­gn à So­phia Antipolis ou Louis Vuit­ton à Grasse. Les star­tups sont mieux dans la ré­gion qu’à La Dé­fense car la ma­tière grise tra­vaille mieux au so­leil! »

Isa­belle Gra­niou-Mar­ni­quet, Ed­hec: « Créa­tifs et af­fec­tifs comme les Ita­liens » « L’Ed­hec est une école par­ti­cu­lière en ce sens que nous sommes très créa­tifs avec peu de hié­rar­chie et des dé­ci­sions vite prises. Notre in­cu­ba­teur Eye est dy­na­mique et nos étu­diants aus­si… On fa­vo­rise au maxi­mum la créa­ti­vi­té grâce à des sé­mi­naires et on fonc­tionne à l’af­fec­tif. Comme les Ita­liens! »

Anis Nas­sif, Ca­bi­net Con­cer­tae : « Rai­son­ner en es­pace eu­ro­péen » « Nous avons une créa­ti­vi­té du XXIe et une or­ga­ni­sa­tion du XXe. Cer­taines en­tre­prises ont évo­lué mais les trois quarts sont tou­jours dans une or­ga­ni­sa­tion an­crée dans les an­nées -. Ce­la ne du­re­ra pas car l’in­no­va­tion n’est plus une op­tion et la jeune gé­né­ra­tion re­fuse cette or­ga­ni­sa­tion ri­gide. La créa­ti­vi­té existe ici et l’or­ga­ni­sa­tion évo­lue­ra vite. Il faut juste ar­rê­ter de rai­son­ner en pays mais en es­pace eu­ro­péen. »

Agos­ti­no Pesce, di­rec­teur gé­né­ral chambre de com­merce ita­lienne : « La créa­ti­vi­té des en­tre­prises lo­cales»

(Pho­to Cin­zia Cor­bet­ta)

Les par­te­naires du club de l’Eco Nice-Ma­tin ac­cueillis par la chambre de com­merce ita­lienne.

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