« Brice de Nice le roi de la casse » est de re­tour

Onze ans après son pre­mier suc­cès au box-of­fice, Jean Du­jar­din re­part à l’as­saut des salles obs­cures au­jourd’hui dans son cé­lèbre cos­tume de « sur­feur win­ner ». Sou­riez : re­voi­ci le pué­ril jaune

Monaco-Matin - - La Une - CH­RIS­TOPHE CIRONE cci­rone@ni­ce­ma­tin.fr

Tou­jours aus­si stu­pide… Et plus ré­jouis­sant que ja­mais. Gare au pué­ril jaune! Brice de Nice «is back», m’sieurs-dames, et ce re­tour de Jean Du­jar­din sous les traits de son per­son­nage fé­tiche an­nonce un vent de fraî­cheur dans les salles obs­cures. Une dé­fer­lante, plu­tôt, pour le cé­lèbre per­son­nage de «sur­feur win­ner» qui fit le bon­heur des cours de ré­cré et des pro­duc­teurs du pre­mier film (4,5 mil­lions d’en­trées). C’était en mars 2005. La co­mé­die réa­li­sée par James Huth dé­joue alors tous les pro­nos­tics. Un car­ton, un vrai. Le film, es­sen­tiel­le­ment tour­né sur la Côte d’Azur, met en scène le faux sur­feur créé par Jean Du­jar­din, ré­vé­lé en 1997 dans Graines de star. Brice gran­di­ra avec la troupe des Nous ç Nous, aux cô­tés de Bruno Sa­lo­mone et Eric Col­la­do, puis connaî­tra une se­conde jeu­nesse avec la dif­fu­sion de ses sketches sur In­ter­net.

Cré­tin at­ta­chant

Le concept Brice? Un ado at­tar­dé qui ar­bore une «vraie-fausse dent de re­quin» et guette une vague qui, en baie des Anges, se fait tou­jours at­tendre. Un my­tho­mane va­ni­teux, mèche blonde et t-shirt «12 ans» as­sor­ti, n’ai­mant rien tant que par­ler de lui-même et «cas­ser» au­trui. Un cré­tin, en somme. Mais un cré­tin at­ta­chant, in­car­na­tion po­tache de l’in­no­cence per­due et du re­fus de la pen­sée unique. Quand Brice de Nice dé­boule sur grand écran en 2005, Jean Du­jar­din a dé­jà conquis le coeur des Fran­çais et d’Alexan­dra La­my dans la peau du Lou­lou d’Un gars, une fille .Or voi­là que Brice de Nice casse la ba­raque au ci­né­ma aus­si. Jean Du­jar­din n’a plus qu’à sur­fer sur le suc­cès ga­ran­ti d’un «Brice 2 Nice», comme le lui sug­gère alors Ni­ce­Ma­tin. Mais non. Trop fa­cile, sans doute. Trop pré­coce, peut-être. Un Os­car, deux OSS et quelques che­veux blancs plus tard, Jean Du­jar­din est de­ve­nu l’ac­teur fran­çais le plus po­pu­laire de sa gé­né­ra­tion. Il a en­chaî­né les tour­nages, les films «sé­rieux» (Un bal­con sur la mer, La French…) et les col­la­bo­ra­tions pres­ti­gieuses, don­nant la ré­plique à Di Ca­prio dans Le loup de Wall street de Mar­tin Scor­sese, ou à son grand pote George dans Mo­nu­ments men et les pubs Nes­pres­so. What else ? Brice de Nice, of course ! Les paillettes d’Hol­ly­wood n’ont pas fait ou­blier à son créa­teur d’où il vient, ni son goût in­al­té­rable pour la «dé­conne» ju­bi­la­toire. En quête du plai­sir de ja­dis, Jean Du­jar­din se ré­sout à res­sor­tir de ses car­tons le t-shirt jaune tou­jours plus court, la vraie dent de re­quin tou­jours aus­si fausse, la mèche blonde et le re­gard ahu­ri de son double ni­çois. Jean Du­jar­din n’ou­blie pas d’em­bar­quer dans l’aven­ture ses vieux com­pa­gnons de route (James Huth, Clo­vis Cor­nillac, Bruno Sa­lo­mone), ni d’in­vi­ter la Ni­çoise Noëlle Per­na à ap­pré­cier le lé­gen­daire tact de Brice: «T’as­sois pas. Je t’ai in­vi­tée, mais pas long­temps.» Cas­séééeee!

Nou­velle vague

Tant pis pour le deuxième opus tant at­ten­du: Jean Du­jar­din est pas­sé di­rec­te­ment à Brice 3 (Parce que le 2, j’lai cas­sé !) Une fan­tai­sie de plus pour ce­lui qui, dé­sor­mais, peut tout se per­mettre. Pos­ter sur YouTube une vraie-fausse ver­sion du film. Puis s’in­vi­ter au jour­nal mé­téo de France 2. Une mé­ca­nique bien hui­lée pour por­ter cette nou­velle vague dans 840 salles, de Nice à Hos­se­gor. À Nice jus­te­ment, le « roi de la casse » a re­çu un ac­cueil im­pé­rial pour l’avant-pre­mière le 19 sep­tembre : hô­tesses Air France à la mode Brice sur le tar­mac, sept salles bon­dées… Nice, ville meur­trie à la­quelle Jean Du­jar­din a vou­lu « re­don­ner un peu de bonne hu­meur», of­frir «un pe­tit baume pour une grosse plaie». Nice, im­pa­tiente de rire à nou­veau, mal­gré tout, des bouf­fon­ne­ries du plus blond de ses am­bas­sa­deurs.

(Pho­to Franck Fer­nandes)

Jean Du­jar­din se re­met dans la peau de son cé­lèbre per­son­nage. Plus de dix ans après le pre­mier vo­let, Brice de Nice  a pour am­bi­tion de réa­li­ser le même car­ton au box-of­fice.

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