Les com­bats des trois élus d’UnionMo­né­gasque

La re­traite des fonc­tion­naires, l’usine d’in­ci­né­ra­tion, la­mul­ti­pli­ca­tion des chan­tiers. Mer­cre­di, la mi­no­ri­té UM a dé­taillé ses prio­ri­tés, une se­maine après que le gou­ver­ne­ment a pré­sen­té les siennes

Monaco-Matin - - Monaco - AR­NAULT CO­HEN aco­hen@mo­na­co­ma­tin.mc

Les confé­rences de presse de la mi­no­ri­té UnionMo­né­gasque sont des mo­ments à part dans la vie politique de la Prin­ci­pau­té. Dans une am­biance très dé­ten­due où l’hu­mour le dis­pute à la bonne hu­meur, ces trois conseillers na­tio­naux abordent sans langue de bois, avec fer­me­té et convic­tion, les dos­siers du pays qui leur tiennent à coeur. Et ja­mais sans se dé­par­tir de sou­rires et clins d’oeil com­plices. Mer­cre­di, Jean- Fran­çois Ro­billon, Jean-Louis Grin­da et Ber­nard Pas­quier ont par­ta­gé un long mo­ment avec la presse mo­né­gasque dans un bu­reau lu­mi­neux du deuxième étage du Conseil na­tio­nal. Ils ont es­ti­mé que ce jour était ap­pro­prié pour prendre la pa­role, une se­maine après que le bud­get rec­ti­fi­ca­tif a été adop­té sans leurs voix – ils ont vo­té contre et Da­niel Boe­ri s’est abs­te­nu – et que le mi­nistre d’État a pré­sen­té les grandes lignes du bud­get pri­mi­tif 2017 et ses cinq prio­ri­tés ( nos édi­tions des 11 et 12 oc­tobre).

Ré­duire les dé­penses pour fi­nan­cer les re­traites

Pen­dant plus d’une heure et de­mie, les trois élus ont abor­dé plu­sieurs dos­siers mais se sont ap­pe­san­tis sur deux d’entre eux, ma­jeurs à leurs yeux. Le pre­mier se­ra à l’évi­dence la pa­tate chaude des pro­chaines an­nées ; le se­cond est leur da­da de­puis des an­nées : la re­traite des fonc­tion­naires et l’usine d’in­ci­né­ra­tion des or­dures mé­na­gères de Font­vieille. En pre­mier lieu, l’ave­nir du sys­tème de re­traite des fonc­tion­naires pré­oc­cupe le groupe Union Mo­né­gasque. Mais pas qu’eux. Le gou­ver­ne­ment prin­cier, en ef­fet, a an­non­cé la créa­tion d’une ligne bud­gé­taire de 5 M€ au bud­get pri­mi­tif 2017 pour ali­men­ter un fonds « re­traite et pré­voyance » des­ti­né à com­pen­ser le dés­équi­libre du sys­tème, qui ira crois­sant avec le temps. Ber­nard Pas­quier es­time que c’est bien mais in­suf­fi­sant. Il a fait un pe­tit cal­cul : « Au­jourd’hui, l’État com­pense le dé­fi­cit du ré­gime à rai­son de 55 M€ par an. Si on es­time à 25 ans la du­rée de la re­traite, il en coû­te­ra plus d’1,4 mil­liard d’eu­ros à l’État. Il est donc in­dis­pen­sable de créer, plus qu’un fonds, une vé­ri­table caisse de re­traites in­dé­pen­dante. » « Nous sommes trop dé­pen­siers, en­chaîne Jean- Fran­çois Ro­billon. Nous de­vons ré­duire nos dé­penses et mettre de l’ar­gent de cô­té pour per­mettre aux fonc­tion­naires qui ont tra­vaillé toute leur vie de bé­né­fi­cier de leur re­traite. » Ré­duire quelles dé­penses? « Par exemple, pour­suit l’élu, le par­king des Spé­lugues qui ne ser­vi­ra à rien, la des­truc­tion du bâ­ti­ment de l’of­fice de tou­risme ou en­core les tra­vaux pré­vus sur l’usine d’in­ci­né­ra­tion. » « Les gens n’en peuvent plus de tous ces tra­vaux, em­braye Ber­nard Pas­quier. On vit dans un chan­tier per­ma­nent. Ré­duire la voi­lure ou mieux pha­ser tous ces chan­tiers per­met­trait d’in­ves­tir da­van­tage dans l’ave­nir des re­traites. »

« L’idée la plus stu­pide du monde »

L’usine d’in­ci­né­ra­tion. La ma­rotte d’Union Mo­né­gasque. « Réa­li­ser des tra­vaux dans une usine d’in­ci­né­ra­tion au coeur de Font­vieille, à cô­té d’un col­lège et du nou­vel hô­pi­tal qui se­ra inau­gu­ré par le prince Al­bert II, grand ar­ti­san de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, est l’idée la plus stu­pide du monde » , for­mule Jean-Louis Grin­da. Très re­mon­té contre l’idée du main­tien de l’usine d’in­ci­né­ra- tion à Mo­na­co, l’élu UM dé­fend une autre piste : « La France n’est pas contre l’idée que nous tra­vail­lions en­semble. L’usine de l’Ariane (Nice) a la ca­pa­ci­té de brû­ler les dé­chets de la Carf et de Mo­na­co, en plus de ceux de la Mé­tro­pole. Plu­tôt que dé­pen­ser 100 M€ pour ré­ha­bi­li­ter ou re­cons­truire l’usine de Font­vieille, Mo­na­co pour­rait ai­der à amé­lio­rer l’usine de l’Ariane, en ré­dui­sant ses émis­sions de fu­mée, mais aus­si fi­nan­cer un centre de va­lo­ri­sa­tion des dé­chets dans une com­mune voi­sine. L’in­té­rêt se­rait alors de mieux va­lo­ri­ser tous les dé­chets afin de n’en brû­ler au fi­nal que 10 %. Et nous pour­rions ré­cu­pé­rer du fon­cier à Font­vieille par la même oc­ca­sion. » JeanLouis Grin­da ré­sume ain­si la po­si­tion de l’UM: « Nous de­vons ré­flé­chir à une prise en charge glo­bale et ré­gio­nale des dé­chets. »

« La politique pour les gens »

« On va conti­nuer à se battre sur ce su­jet » , pro­met Ber­nard Pas­quier. Le dos­sier de l’in­ci­né­ra­teur, ce­lui des re­traites et, plus lar­ge­ment, tous ceux qui touchent au quo­ti­dien des Mo­né­gasques. « Dans cet at­te­lage [UM], nous fai­sons de la politique pour les gens, sou­tient JeanLouis Grin­da. Nous met­tons l’hu­main au centre de nos pré­oc­cu­pa­tions, de notre tra­vail, de notre ré­flexion. C’est ce qui nous dif­fé­ren­cie des autres groupes po­li­tiques. » Les autres ap­pré­cie­ront.

(Pho­to Conseil na­tio­nal)

Ber­nard Pas­quier, Jean- Louis Grin­da et Jean- Fran­çois Ro­billon, mer­cre­di de­vant la presse mo­né­gasque.

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