Do­nald Trump res­pec­te­ra-t-il le vote des Amé­ri­cains?

En re­fu­sant de s’en­ga­ger à res­pec­ter le ré­sul­tat des élec­tions, le can­di­dat ré­pu­bli­cain a de nou­veau cho­qué l’opi­nion lors de son der­nier dé­bat té­lé­vi­sé face à Hilla­ry Clin­ton

Monaco-Matin - - Monde -

Il avait pour­tant bien dé­mar­ré ce troi­sième dé­bat, dans la nuit de mer­cre­di à jeu­di à Las Ve­gas, en rat­tra­pant ses tra­vers des deux pre­miers duels. Le can­di­dat ré­pu­bli­cain, Do­nald Trump, plus mé­tho­dique, vi­si­ble­ment mieux pré­pa­ré, amul­ti­plié les ap­pels du pied à la base conser­va­trice, sur l’avor­te­ment, l’im­mi­gra­tion ou les armes à feu. Mais ces échanges ont été ba­layés par le re­fus stu­pé­fiant du mil­liar­daire po­pu­lis­tede s’en­ga­ger à res­pec­ter les ré­sul­tats de l’élec­tion au soir du 8 no­vembre, désa­vouant au pas­sage son co­lis­tier, Mike Pence.

La cote de la dé­mo­crate au plus haut de­puis juillet

Une at­ti­tude pro­vo­cante au mo­ment où l’écart se creuse avec Hilla­ry Clin­ton dont la cote dans les son­dages est au plus haut de­puis son in­ves­ti­ture en juillet. Elle re­cueille plus de 45 % des in­ten­tions de voix contre 39 % pour Do­nald Trump et 6,5 % pour le li­ber­ta­rien Ga­ry John­son. Ce dé­bat était la der­nière oc­ca­sion pour Hilla­ry Clin­ton et Do­nald Trump de s’ex­pri­mer de­vant au­tant d’Amé­ri­cains à la fois, pro­ba­ble­ment des di­zaines de mil­lions. « Je ver­rai à ce mo­ment-là » , a dé­cla­ré Do­nald Trump, lors­qu’il a été in­ter­ro­gé en fin de dé­bat pour sa­voir si, le cas échéant, il re­con­naî­trait sa dé­faite. Il a af­fir­mé vou­loir gar­der « le sus­pense » au risque d’ébran­ler la confiance dans le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique amé­ri­cain. La me­nace rap­pelle celle d’août 2015, quand il avait re­fu­sé de s’en­ga­ger à sou­te­nir le fu­tur vain­queur des pri­maires ré­pu­bli­caines. Il jus­ti­fie ce re­fus par l’exis­tence, se­lon lui, de fraudes élec­to­rales mas­sives, contes­tées par son pre­mier cercle. « C’est ter­ri­fiant » , a ré­pli­qué Hilla­ry Clin­ton, bon­dis­sant sur l’oc­ca­sion et le trai­tant de­mau­vais per­dant. « Dès que Do­nald pense que les choses ne vont pas dans son sens, il af­firme que tout est tru­qué contre lui » . Hier, le can­di­dat ré­pu­bli­cain a dé­cla­ré qu’il ac­cep­te­rait « to­ta­le­ment » le ré­sul­tat de l’élec­tion­pré­si­den­tielle amé­ri­caine en cas de vic­toire, ou bien si le ré­sul­tat est « clair » , se ré­ser­vant tout de même le droit de contes­ter le ver­dict des urnes le 8 no­vembre. Avant de quit­ter Las Ve­gas, Hilla­ry et Bill Clin­ton ont sa­vou­ré l’ova­tion de plus de 5000 par­ti­sans réunis en plein air.

Peu de « chan­ge­ments » à ce stade des élec­tions

« Notre pays vaut mieux que Do­nald Trump » , a lan­cé l’an­cienne Pre­miè­re­dame, bras des­sus, bras des­sous avec l’an­cien pré­sident dé­mo­crate, as­su­ré d’avoir un rôle éco­no­mique en cas de re­tour des Clin­ton à la Mai­son Blanche, 24 ans après. À bord de l’avion qui l’a ra­me­née àNew York lors d’un vol noc­turne, la can­di­date « sou­la­gée » adé­plo­ré que son ad­ver­saire « cherche à re­je­ter la res­pon­sa­bi­li­té de sa cam­pagne sur les autres » . « Lors des élec­tions pré­cé­dentes, les der­nières se­maines ont ra­re­ment vu de grands chan­ge­ments » , a ex­pli­qué An­drew Gel­man, spé­cia­liste des pré­dic­tions élec­to­rales à Co­lum­bia.

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