Mé­di­ta­tion Zen : che­mi­ner (as­sis) vers la sé­ré­ni­té Vrai/Faux

Si la pra­tique de la mé­di­ta­tion fait par­tie de la tra­di­tion orien­tale, elle fas­cine de plus en plus les Oc­ci­den­taux, sou­cieux de se dé­faire de pen­sées en­va­his­santes et an­xio­gènes

Monaco-Matin - - Santé - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR NAN­CY CATTAN ncat­tan@ni­ce­ma­tin.fr

Elle a dé­jà conquis des mil­lions de Fran­çais en quête d’apai­se­ment dans un monde stres­sant, agres­sif. Quels sont les bien­faits de la mé­di­ta­tion zen? Le point sous forme de quiz, avec Ro­land Rech, maître boud­dhiste zen fran­çais et en­sei­gnant au Do­jo de Nice(

Mieux vaut être ini­tié avant de pra­ti­quer la­mé­di­ta­tion zen. FAUX. C’est très bien d’ar­ri­ver avec un es­prit vierge, neuf. Pour une pra­tique de sa­gesse qui consiste à ap­prendre à se connaître soi-même, c’est même pré­cieux de com­men­cer en n’ayant pas d’idées pré­con­çues, On nomme ce­la l’es­prit du dé­bu­tant.

On peut pra­ti­quer za­zen (la­mé­di­ta­tion zen) dans la po­si­tion que l’on sou­haite. FAUX. L’es­sen­ce­même du zen, c’est la pra­tique de la mé­di­ta­tion, as­sis, jambes croi­sées, en po­si­tion du lo­tus, avec une at­ten­tion pré­cise por­tée à la pos­ture, à la res­pi­ra­tion et à l’ap­pa­ri­tion- dis­pa­ri­tion des pen­sées. On est vrai­ment in­ci­té à se concen­trer sur le corps.

Le corps est contraint dans une at­ti­tude d’im­mo­bi­li­té ri­gide contraire à sa phy­sio­lo­gie na­tu­relle FAUX. La pos­ture per­met une ré­par­ti­tion cor­recte des contraintes mus­cu­laires, os­seuses et gra­vi­taires. Elle en­traîne une ré­or­ga­ni­sa­tion du corps ain­si que le montrent l’en­re­gis­tre­ment de l’ac­ti­vi­té mus­cu­laire des su­jets en za­zen et le contrôle de leur mé­ta­bo­lisme de base. Za­zen as­sure ain­si l’équi­libre op­ti­mal du corps et éli­mine les in­con­vé­nients dus aux mau­vaises at­ti­tudes dans les­quelles le corps a pu se fixer.

Le contrôle de la res­pi­ra­tion est fon­da­men­tal. VRAI. La prin­ci­pale dif­fi­cul­té vient du fait qu’on ne peut pas res­pi­rer cor­rec­te­ment si la pos­ture est mau­vaise. Pen­dant za­zen, la concen­tra­tion porte sur l’ex­pi­ra­tion qui doit être longue et pro­fonde. Ain­si, l’air vi­cié ré­si­duel est ex­pul­sé des pou­mons et le pra­ti­quant peut plei­ne­ment uti­li­ser sa ca­pa­ci­té pul­mo­naire. Par consé­quent, le rythme car­diaque, le sang et les or­ganes in­ternes sont mieux oxy­gé­nés. L’ex­pi­ra­tion qui exerce une pous­sée vers le bas sur toute la masse ab­do­mi­nale, dé­ve­loppe une grande éner­gie dans la taille, les reins, les hanches. De cet­te­ma­nière le centre de gra­vi­té du corps s’abaisse et le corps de­vient plus stable. Il est en­suite pos­sible de conser­ver cette res­pi­ra­tion dans la vie quo­ti­dienne, le corps fi­nis­sant par l’adop­ter in­cons­ciem­ment.

Pra­ti­quer za­zen aide à se concen­trer. VRAI. La pra­tique de za­zen, qui in­cite à une concen­tra­tion sur l’as­sise, per­met d’être plus at­ten­tif à chaque chose que l’on fait. Une aide fon­da­men­tale, alors que l’époque est plu­tôt pro­pice à l’épar­pille­ment, à la dis­trac­tion. Pen­sées chao­tiques, pré­oc­cu­pa­tions mul­tiples abou­tissent sou­vent à des souf­frances psy­chiques graves, voire des burn- out quand les gens sont ob­sé­dés par des pro­blèmes qu’ils n’ar­rivent pas à ré­soudre. On ne pra­tique za­zen­que­dans cer­taines cir­cons­tances. FAUX. Quan­don est ini­tié au zen, tout de­vient une oc­ca­sion de pra­tique dans la vie quo­ti­dienne : on se concentre sur ses gestes, sur son corps, sur la réa­li­té de la vie et sur­tout, sur le contact avec les autres.

Cette concen­tra­tion fa­vo­rise l’in­tro­ver­sion. FAUX. Dans la pra­tique du zen, on est plu­tôt ame­né à réa­li­ser que nous n’exis­tons qu’à tra­vers nos re­la­tions avec les autres. Dans l’in­ter­dé­pen­dance. Notre soi, n’est pas une en­ti­té fer­mée, mais un moyende contact.

Une des grandes re­com­man­da­tions, c’est d’être ici et main­te­nant, le plus pos­sible. VRAI. Ici et­main­te­nant est notre vie réelle. Le­men­tal fa­brique un monde ima­gi­naire. Re­ve­nir à la réa­li­té per­met d’apai­ser beau­coup de choses : le stress, l’agi­ta­tion, etc.

Les gens ar­rivent à la­mé­di­ta­tion zen pour des mo­tifs très dif­fé­rents. VRAI. Cer­tains viennent avec des ma­laises phy­siques : in­som­nies, ten­sions, dou­leurs, ils se sentent mal dans leur corps… D’autres se sentent per­dus, et ont une at­tente plu­tôt spi­ri­tuelle. Ils as­pirent à une meilleure com­pré­hen­sion du sens de la vie. Les jeunes ne voient plus ce qui peut fon­der les va­leurs mo­rales et éthiques. Réus­sir, s’en­ri­chir, faire car­rière, c’est ce qui est pro­po­sé. Il existe peu d’idéaux. Or, l’être hu­main a be­soin de sens. 1. Do­jo Zen de Nice. 27, ave­nue Jean-Mé­de­cin à Nice. Rens. 04.93.80.81.49.

(Pho­to DR/Do­jo de Nice)

Pas be­soin de pré­pa­ra­tion pour s’ini­tier à la mé­di­ta­tion.

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