Tou­risme: l’em­bel­lien’est

Après un mois de sep­tembre mar­qué par une baisse de l’ac­ti­vi­té de l’ordre de 7 à 8 %, les va­cances de la Tous­saint ré­vèlent pour l’ins­tant la même ten­dance. Mais les pro­fes­sion­nels ne lâchent rien

Monaco-Matin - - Côte D’azur - GUILLAUME BERTOLINO

Ils le sa­vaient. Les hô­te­liers, res­tau­ra­teurs et tous les pro­fes­sion­nels et élus qui bossent sur le tou­risme. L’onde de choc post 14-Juillet al­lait af­fec­ter de fa­çon du­rable l’ac­ti­vi­té éco­no­mique prin­ci­pale du dé­par­te­ment. « En plus, est obli­gé de sou­li­gner De­nis Cip­po­li­ni, le pré­sident des hô­te­liers azu­réens, avec des va­cances qui com­mencent en mi­lieu de se­maine, nous avons été pé­na­li­sés d’un week-end. C’est pro­blé­ma­tique pour l’ac­ti­vi­té tou­ris­tique et hô­te­lière » . D’au­tant que cette « faille » du­ca­len­drier s’ajoute à un contexte tou­jours aus­si mo­rose: « Pour la Tous­saint, on reste sur une ac­ti­vi­té sem­blable à celle des mois d’août et sep­tembre. C’est-à-dire avec un taux de fré­quen­ta­tion de moins 7 à moins 8 %. Et un chiffre d’af­faires en re­cul de 20 %. On n’a pas en­core tous les élé­ments d’oc­tobre, mais vu les ré­ser­va­tions on est dans le même ordre d’idées » . Mais pas de quoi dé­mo­bi­li­ser une pro­fes­sion­qui a su, de sur­croît, se mon­trer ré­ac­tive et gé­né­reuse lors­qu’il s’est agi d’ac­cueillir les nom­breuses fa­milles et in­vi­tés de l’hom­mage na­tio­nal ren­du le 15 oc­tobre der­nier.

L’in­sé­cu­ri­té pire que le ter­ro­risme

La preuve? Et n’en dé­plaise au géant de l’échange d’ap­par­te­ments (lire ci-des­sous), beau­coup de res­pon­sables du tou­risme ont pris leur bâ­ton de pè­le­rin pour faire la pro­mo­tion de la des­ti­na­tion Côte d’Azur. En Chine, où il s’est ren­du ré­cem­ment (lire aus­si ci-des­sous), De­nis Cip­po­li­ni a res­sen­ti toute la com­pas­sion de ses in­ter­lo­cu­teurs asia­tiques. « Mais s’ils ont com­pris que per­sonne n’était à l’abri d’at­ten­tat, ils ne sup­portent pas l’in­sé­cu­ri­té. Et les images qui ont fait le plus mal à notre ré­gion mais aus­si à la France, ce sont celles de cet au­to­bus de tou­ristes chi­nois dé­trous­sés à Go­nesse au mois d’août. Il faut les com­prendre, ils ont onze jours de va­cances par an, dont deux dans les avions. Ce qu’ils veulent, c’est être tran­quille le reste de leur sé­jour. Un cir­cuit qui passe en gé­né­ral par Pa­ris, la Suisse et la Côte d’Azur » .

Main­tien des grands ren­dez-vous

Les pro­fes­sion­nels ont éga­le­ment pré­vu de se ren­dre­pro­chai­ne­ment en Is­raël. Qui fait par­tie, avec l’Inde, des pays qui ont main­te­nu leur ac­ti­vi­té en di­rec­tion de la France, en dé­pit de la ré­pé­ti­tion des actes ter­ro­ristes de­puis jan- vier 2015. Mais on le sait, la Côte n’at­tire pas seule­ment la clien­tèle loin­taine. Cet été, il y a fort à pa­rier que des va­can­ciers fran­çais, ont chan­gé d’avis au der­nier­mo­ment après le 14-Juillet. « C’est pour ça qu’il était très im­por­tant de main­te­nir le ma­ra­thon Nice-Cannes. Et on peut consta­ter à ce pro­pos des taux de ré­ser­va­tions si­mi­laires à ceux de l’an der­nier. Le car­na­val aus­si est main­te­nu à 99,99 % puisque les ap­pels d’offres ont été pas­sés il y a dix jours. Nous avons éga­le­ment main­te­nu l’Iron Man qui se dé­rou­le­ra le 23 juillet pro­chain. Et qui res­pec­te­ra aus­si la sanc­tua­ri­sa­tion de la Pro­me­nade sou­hai­tée par les élus jus­qu’au 14 juillet pro­chain » . En­fin, il y a le pou­voir de sé­duc­tion in­trin­sèque à la ré­gion. « On constate cet at­ta­che­ment fort de nos clients à Nice et sa ré­gion. On les ap­pelle les amis de Nice. Et on sent que ces gens-là re­viennent pe­tit à pe­tit. Ils ont com­pris aus­si que le drame qui nous a frap­pés peut concer­ner n’im­porte qui » .

(Pho­tos Pa­trice La­poi­rie et Frantz Bou­ton)

Avec la dou­ceur du cli­mat, les plages du dé­par­te­ment ont des al­lures es­ti­vales. Dans les hô­tels c’est moins la joie avec un chiffre d’af­faires en re­cul de  %.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.