Fran­cis Lai, par­rain de “C’est pas clas­sique” àNice

La dou­zième édi­tion de ce fes­ti­val gra­tuit au­ra lieu du 4 au 6 no­vembre avec de nom­breux in­vi­tés comme Re­naud Ca­pu­çon. Un hom­mage se­ra éga­le­ment ren­du à Da­vid Bo­wie

Monaco-Matin - - L’événement - ALAIN MAESTRACCI amaes­trac­ci@ni­ce­ma­tin.fr

Qui n’a ja­mais fre­don­né la mu­sique et/ou la chan­son de Un homme et une femme? La bande ori­gi­nale du film de Claude Le­louch est mon­dia­le­ment connue. Et c’est un Ni­çois, Fran­cis Lai, qui l’a écrite. Quel des­tin que ce­lui de Fran­cis Lai­quia, dès l’âge de6ans, com­men­cé à jouer de l’ac­cor­déon chez ses pa­rents, hor­ti­cul­teurs sur la cor­niche des Oli­viers à Nice! Alors qu’il pour­rait rou­ler des mé­ca­niques – ou des tam­bours en l’oc­cur­rence –, Fran­cis Lai est res­té un homme simple et dis­cret, pas­sion­né de mu­sique. L’oc­ca­sion d’en par­ler avec lui avant sa ve­nue le ven­dre­di 4 no­vembre àNice.

Pour­quoi avez-vous ac­cep­té d’être le­par­rain de C’est pas clas­sique? C’est un hon­neur que me font, dans ma ville na­tale, ÉricCiot­ti, pré­sident duDé­par­te­ment, et Ch­ris­tian Es­tro­si, pré­sident de la Ré­gion. Pour moi, un­pur Ni­çois, c’est un vrai ca­deau. C’est une idée mer­veilleuse. Car le pu­bli­ca­par­fois l’im­pres­sion que c’est un­monde fer­mé et dif­fi­ci­leàé­cou­ter alors que ce n’est pas vrai. Elle s’est d’ailleurs net­te­ment dé­mo­cra­ti­sée grâce no­tam­ment à cer­tains­mu­si­ciens – non clas­siques– qui jouent des grands airs de la­mu­sique clas­sique dans leurs concerts...

D’ailleurs ilya­beau­coup de mu­sique clas­sique au ci­né­ma... Oui, c’est vrai mais main­te­nant on l’ap­pelle en­fin « mu­sique de ci­né­ma ». Elle fait par­tie in­té­gran­te­du film. J’ai écrit la mu­sique de cent qua­rante films mais, évi­dem­ment, je n’ou­blie pas ma pre­miè­re­mu­sique de film: Un homme et une femme. C’est Claude Le­lou­ch­qui m’aof­fert cette chance. C’est pas clas­sique per­met éga­le­ment à des mu­si­ciens de se ren­con­trer, de se­mé­lan­ger, ce­la doit vous plaire? C’est unique. D’ailleurs Le­louch – pour qui la­mu­sique est un im­pé­ra­tif dans ses films – y est pour beau­coup. Par exemple dans Les Uns et les autres il y a le Bo­lé­ro de Ra­vel, la mu­sique de Mi­chel Le­grand et la­mienne.

Pen­dant cette  édi­tion, on va donc vous rendre un hom­mage pour toutes ces bel­les­mu­siques de films. Vous êtes tou­ché? Je suis plus qu’ému. Je suis an­gois­sé, pa­ni­qué, parce que c’est pas trop­mon truc: je suis un so­li­taire qui aime être der­rière son cla­vier. Les­mon­da­ni­tés c’est pas trop­mon trip d’où mon an­goisse pour cette soi­rée. Mais bon, il y au­ra beau­coup d’amis et des mu­si­ciens hors pair se­ront là aus­si, çame ras­sure. Ce­la étant dit, je suis très fier et très tou­ché de cet hom­mage que l’on va me rendre. Ce se­ra un­mo­ment de pri­vi­lège que je n’ou­blie­rai ja­mais.

Vous sem­blez être un homme dis­cret mal­gré tout ce suc­cès? Oui c’est dans mon tem­pé­ra­ment. Je n’aime pas par­ler de moi; je parle avec vous mais c’est un ef­fort sur­hu­main que vous me de­man­dez de faire, je pré­fère que l’on écoute ma mu­sique.

Un autre hom­mage se­ra ren­du àDa­vid Bo­wie... Ah oui le grand Da­vid Bo­wie. C’est là que l’on voit l’avan­tage de la mu­sique: elle n’a pas de fron­tière. L’uni­vers de Bo­wie est très par­ti­cu­lier. Le len­de­main de cet hom­mage, il y au­ra un grand so­liste fran­çais, Re­naud Ca­pu­çon, mais tout ce­la se ma­rie, il n’y a pas de lutte entre les styles de mu­sique. La mu­sique est un lan­gage uni­ver­sel: les gens des dif­fé­rents pays de notre pla­nète n’ont pas be­soin de connaître les dif­fé­rentes langues car la­mu­sique a ce pou­voir de nous don­ner toutes ces émo­tions et de nous faire rê­ver. Sur­tout dans les mo­ments très durs que nous tra­ver­sons en ce mo­ment. Vous sa­vez, j’ai quand même dans mon coeur cette tra­gé­die du -Juillet. Et peut- être que la mu­sique donne un peu d’es­poir à toutes ces per­sonnes qui ont tant souf­fert. D’ailleurs, je leur dé­die le concert qui se­ra ren­du en mon hom­mage. Ah oui, c’est un manque de res­pect to­tal. Car, pour­moi, la mu­sique, c’est sa­cré. Il faut être concen­tré quand on écoute la mu­sique car ce sont des mo­ments de grâce et de bon­heur qu’il ne faut pas gâ­cher. Il est ce­pen­dant vrai que cer­taines per­sonnes ont du­mal à en­trer dans les émo­tions de la mu­sique. Jus­te­ment, il ne faut pas de bruits ex­té­rieurs qui vont contra­rier cette en­trée dans la­mu­sique...

Vous qui êtes, comme vous dites, un pur Ni­çois, avec quel com­po­si­teur clas­sique dé­gus­te­riez-vous une bonne soc­ca? (Rires) J’adore la soc­ca. Vous sa­vez qu’elle est ren­trée dans le dic­tion­naire? C’est une ques­tion dif­fi­cile que vous me po­sez: Stra­vins­ky, c’est trop com­pli­qué, Mah­ler c’est so­phis­ti­qué et très beau... quoi­qu’avec la  de Mah­ler çam’irait as­sez bien.

C’est pas clas­sique. Les 4,5 et 6 no­vembre. Pa­lais Acro­po­lis, à Nice. Gra­tuit. Rens. 0800.740.656 (nu­mé­ro Vert). Pro­gramme dé­taillé sur : cpas­clas­sique.de­par­te­ment06.fr

Je dé­die le concert qui se­ra don­né en mon hom­mage aux vic­times de la tra­gé­die du -Juillet et à leurs fa­milles”

(DR)

Que pen­sez-vous de ce fes­ti­val qui, pen­dant trois jours, pro­pose de la­mu­sique clas­sique au grand pu­blic? Par­fois dans les salles de spec­tacle, on voit aus­si des in­ci­vi­li­tés: des spec­ta­teurs qui mâchent des che­wing- gums ou ta­potent leur por­table en écou­tantMo­zart ou Bee­tho­ven. Ça vous choque?

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