«S’adres­ser à ceux qui ont vo­té Sar­ko­zy»

Le vice-pré­sident du FN, Steeve Briois, a lan­cé le ré­seau « Ma com­mune sans mi­grants », pour s’op­po­ser à la ré­par­ti­tion des de­man­deurs d’asile

Monaco-Matin - - France - PRO­POS RECUEILLIS PAR JÉ­RÉ­MY COLLADO jcol­la­do@ni­ce­ma­tin.fr

Six­mois avant la­pré­si­den­tielle de 2017, Steeve Briois, le maire Front na­tio­nal d’Hé­nin-Beaumont, se rend en terres sar­ko­zystes, dans les Alpes-Ma­ri­times, pour une réunion pu­blique ( 1). Les thè­mes­chers à l’an­cien Pré­sident et ac­tuel can­di­dat à la­pri­maire de la droite – im­mi­gra­tion, identité et sé­cu­ri­té – se­ront au coeur des dé­bats.

Le nou­veau­dis­cours de Ma­rine Le Pen sur la France « apai­sée » n’est-il qu’une pos­ture, alors que la pri­mai­re­de­droi­teoc­cupe tout l’es­pa­ce­mé­dia­tique? De­puis , les choses ont évo­lué. Fran­çois Hol­lande a échoué. La gauche est anéan­tie, sans pro­gramme ni co­lonne ver­té­brale. Il y a donc peu de chance qu’elle soit au se­cond tour. Notre ad­ver­saire au­jourd’hui, c’est la droite, qui est éga­le­ment dé­chi­rée. Or il y a un fos­sé entre ce que pro­pose Alain Jup­pé et ce que dit Ni­co­las Sar­ko­zy. Une seule can­di­date est claire et n’a ja­mais bou­gé sur son pro­gramme: c’est Ma­rine Le Pen.

Ni­co­las Sar­ko­zy­marche sur les plates-bandes du FN. Il veut sé­duire cet élec­to­rat, no­tam­ment po­pu­laire. Est-il une me­na­ce­pour vous? Cet­te­ma­noeuvre n’est pas nou­velle et fi­na­le­ment, c’est une bonne chose pour nous:

ce­la va­lide et lé­gi­time ce que nous di­sons de­puis  ans. Cet­te­ma­noeu­vreest d’ailleurs si­mi­laire à celle de  où il avait em­prun­té les dis­cours du FN en évo­quant l’in­sé­cu­ri­té, l’im­mi­gra­tion… et fi­na­le­ment une fois élu il a fait l’in­verse! Nous sa­vons qu’à droite, il y a de beaux par­leurs. Nous sa­vons aus­si qu’il fau­dra s’adres­ser à ceux qui ont vo­té Ni­co­las Sar­ko­zy à la primaire et qui ne pour­ront pas se re­trou­ver dans les pro­po­si­tions d’Alain Jup­pé.

Ce­lui-cia­pour­tant don­né ré­cem­ment des gages à la droite sur l’État fort, l’école… Alain Jup­pé pro­pose plus d’im­mi­gra­tion, une so­cié­té mul­ti­cul­tu­relle qui a échoué par­tout ailleurs, et plus d’ou­ver­tures des fron­tières. C’est le can­di­dat du centre et de la gauche! S’il gagne

à la primaire, il y au­ra, no­tam­ment en ré­gion Pa­ca, une forte dé­cep­tion des élec­teurs de droite qui pré­fé­re­ront vo­terMa­rine Le Pen­plu­tôt que pour la droite molle et tiède d’Alain Jup­pé.

Vous avez lan­cé ilya deux­mois le ré­seau « Ma com­mune sans mi­grants ». La France n’est-elle pas prête àac­cueillir quelques mil­liers de mi­grants? C’est pour­tant sa tra­di­tion d’ac­cueil… Rap­pe­lons que ce ré­seau fait suite au­plan eu­ro­péen de ré­par­ti­tion des mi­grants, le plan Jun­cker, qui vi­sait à re­lo­ca­li­ser les clan­des­tins [il s’agit en réa­li­té de de­man­deurs d’asile, et non de clan­des­tins, Ndlr] dans l’en­semble des États membres. Ce plan a été va­li­dé par le Par­le­ment eu­ro­péen et vo­té par la­droite! Soyons clairs: je pense que la terre d’ac­cueil de ces clan­des­tins n’est pas la France mais leur pays d’ori­gine. Pour la plu­part, ces gens ne sont pas des ré­fu­giés po­li­tiques qui fuient les bombes mais des mi­grants éco­no­miques qui sont ve­nus de ma­nière clan­des­tine. Au con­seil ré­gio­nal, la droite et le FN ont vo­té en­semble une mo­tion contre l’ar­ri­vée de mi­grants. Le FN peut donc êtred’ac­cor­da­vec la­droite? Sur des su­jets comme ceux-ci, nous vo­tons toutes les me­sures vi­sant à dé­fendre notre ter­ri­toire de toute im­mi­gra­tion clan­des­tine. Mais il faut que la droite aille plus loin. Je re­proche no­tam­ment à Ch­ris­tian Es­tro­si son manque de sin­cé­ri­téet son op­por­tu­nisme lié à des échéances élec­to­rales. Lorsque la droite est au pou­voir, elle lé­ga­lise des clan­des­tins. C’est bien de vo­ter des mo­tions à la Ré­gion, mais celles-ci ne se­ront pas sui­vies d’ef­fets! 1. Steeve Briois tien­dra de­main à 16 heures à An­tibes (salle du8-Mai, square du8-Mai) une réunion pu­blique au cô­té de Lionel Ti­vo­li, conseiller mu­ni­ci­pal d’An­tibes, conseiller com­mu­nau­tai­re­de­laCa­sa, conseiller­ré­gio­nal dePa­caet­se­cré­tai­re­dé­par­te­men­tal­duFN06.

(Pho­to AFP)

« Notre ad­ver­saire au­jourd’hui, c’est la droite » , es­time Stee­veB­riois (ci-des­sus aux cô­tés deMa­rine Le Pe­na­près avoir été élu maire d’Hé­nin-Beaumont).

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