A l’école de la haine

Monaco-Matin - - Détente -

Qu’elle était donc pai­sible, l’époque où les pro­duc­teurs de ci­né­ma épui­saient toutes les res­sources de la­mé­chan­ce­té col­lec­tive en pré­sen­tant Erich von Stro­heim, l’une de leurs plus grandes ve­dettes, comme « l’homme que vous ai­me­rez haïr » ! Or, au­jourd’hui, au­cun tri­bun ne par­ti­cipe plus à un dé­bat sans in­ci­ter ses contem­po­rains à dé­tes­ter les mi­grants, les chô­meurs, les riches, les pauvres, les fonc­tion­naires, les Arabes, les Juifs, les athées et sur­tout les amis po­li­tiques avec les­quels il a tra­vaillé – par­fois du­rant cinq ans! – la­main dans la main. À quoi s’ajoutent les Co­réens du Nord, les Russes ain­si que, d’une fa­çon gé­né­rale, ceux qui ne pensent pas comme nous ou qui, étant du même avis, en tirent des avan­tages qui nous ont été re­fu­sés. Sans ou­blier les voi­sins dont le bal­con est ex­po­sé au sud alors qu’on doit se conten­ter du nord, les dé­ve­lop­pés du QI, les si­nis­trés du bulbe, les mous du ge­nou, les in­cultes qui ignorent tout de ce qu’on croit sa­voir et les cuistres qui ra­mènent leur science à tout pro­pos. Le pire reste ce­pen­dant à ve­nir dans quelques se­maines lorsque, sous la pres­sion pas tou­jours avi­sée des son­dages, les gens de gauche dé­cou­vri­ront qu’il leur manque des voix pour re­mettre le cou­vert, et que les gens de droite stig­ma­ti­se­ront une ex­trême droite qui, de son cô­té, ne leur fait pas de ca­deau. Ce jour-là, re­nouant avec le cli­mat dé­lé­tère de l’af­faire Drey­fus,

il en se­ra fi­ni de la paix des fa­milles.

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