Amé­ri­cains et Azu­réens

Monaco-Matin - - Le Dossier Du Dimanche - E. G.

Dave a 45 ans. Ila vé­cu à San Fran­cis­co, puis à Phoe­nix, avant de ve­nir en France. Cet in­for­ma­ti­cien s’est ins­tal­lé à Mou­gins en 2007. Son épouse est éga­le­ment amé­ri­caine. Ils ont quatre en­fants ici, et de nom­breux frères et soeurs res­tés aux USA. « Nous avons de la fa­mille dans l’Utah, l’Ari­zo­na, en Vir­gi­nie, en Ca­li­for­nie… » , liste Dave, qui leur rend ré­gu­liè­re­ment vi­site. « Une fa­mille très ca­tho­lique, et donc très Ré­pu­bli­caine » , ex­plique cet ex­pa­trié, qui a lui-même adhé­ré au par­ti de Trump avant de prendre ses dis­tances « il y a une di­zaine d’an­nées ».

« Pas la ma­tu­ri­té né­ces­saire »

« Je me suis ren­du compte qu’en fait, je n’adhé­rais pas à ces trois ou quatre idées de base au­tour des­quelles se re­trouvent les Ré­pu­bli­cains. Ils sont contre l’avor­te­ment, contre les droits des ho­mo­sexuels ou en­core pour le droit de por­ter une arme… Ce n’est pas mon cas » , ré­sume Dave qui, au­jourd’hui, « sou­tient presque à 100% Hilla­ry Clin­ton » . Cet in­for­ma­ti­cien ex­pa­trié sur la Côte d’Azur es­time qu’elle pour­rait faire « un bon pré­sident des États-Unis » . Il ne peut pas en dire au­tant de son ri­val. « Trump, ce se­rait juste ca­tas­tro­phique. Tout sim­ple­ment parce qu’il n’a pas la sta­ture d’un chef d’État. Il n’en a pas la ma­tu­ri­té. Il peut ré­agir ins­tinc­ti­ve­ment, juste parce qu’il est en co­lère, sans me­su­rer les consé­quences de ses actes. On pren­drait un gros risque en le lais­sant ac­cé­der à la Mai­son Blanche. Même si je suis sûr que s’il est élu, il ne fe­ra pas le quart de tous les trucs qu’il a an­non­cés. Il peut prendre des décisions ter­ribles contre des pays tels que la Sy­rie ou le Ni­ge­ria, mais en au­cun cas il ne pour­rait s’en prendre à des pays comme la France ou d’autres dé­mo­cra­ties­mo­dernes. D’abord parce que le Con­grès ne le lais­se­rait pas faire. C’est comme l’his­toire du mur qu’il veut construire et de la dé­por­ta­tion de tous les Mexi­cains. Je suis sûr qu’il n’ose­rait ja­mais faire un truc pa­reil, même s’il l’a dit. »

« Comme les at­ten­tats et Ma­rine Le Pen »

De toute fa­çon, Dave en est per­sua­dé: « Trump ne ga­gne­ra pas! » Pour cet Amé­ri­cain­deMou­gins, le risque n’est pas là. « Il s’est dé­jà pro­duit, en réa­li­té: la simple exis­tence de Trump en tant que can­di­dat a dé­jà cau­sé des dé­gâts. Parce que ce­la a en­cou­ra­gé beau­coup d’Amé­ri­cains à dire ce qu’ils pen­saient dé­jà, mais n’osaient pas ex­pri­mer pu­bli­que­ment. » Do­nald Trump, avec ses dis­cours ou­tran­ciers, au­rait ain­si li­bé­ré leur pa­role. « Tout comme, en France, les Dave, in­for­ma­ti­cien, avec sa femme et leurs quatre en­fants : « La simple can­di­da­ture de Trump a dé­jà fait des dé­gâts. »

ré­cents at­ten­tats et, der­rière, les dis­cours deMa­rine Le Pen l’ont fait aus­si » , note Dave, qui trouve ce­la « dan­ge­reux » : « Ça contri­bue à faire mon­ter les ten­sions entre les com­mu­nau­tés. » Pour au­tant, cet in­for­ma­ti­cien for­mé à la pres­ti­gieuse uni­ver­si­té de Stan­ford se veut op­ti­miste: ce dé­bat élec­to­ral qu’il trouve au­jourd’hui un peu « dé­gueu­lasse » va, se­lon lui, « faire mû­rir » son pays. « Dans deux ou trois ans, les Amé­ri­cains re­gar­de­ront en ar­rière et re­gret­te­ront d’avoir été aus­si­mes­quins. »

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