Zé­ro­pa­quet!

Monaco-Matin - - Détente -

Le pro­blème s’agis­sant d’un ta­bac qu’il faut bien conti­nuer à vendre tant qu’on n’au­ra pas re­non­cé à le ma­nu­fac­tu­rer, c’est que s’il tue chaque an­née des mil­liers de braves gens, il en fait vivre presque au­tant. Et que les bu­ra­listes, comme on les ap­pelle, sont en même temps que d’ho­no­rables com­mer­çants de pré­cieux re­lais d’opi­nion. Sur­tout en pé­riode pré­élec­to­rale. Faut-il les re­con­ver­tir dans le né­goce d’autres plantes, par exemple mé­di­ci­nales, ou dans la confi­se­rie fa­ci­li­tant la dés­in­toxi­ca­tion? Car le bu­ra­liste, comme vous et moi, a une femme, des en­fants et un per­cep­teur à nour­rir. Toutes charges moins neutres que les fu­turs pa­quets de ci­ga­rettes. Pour­tant, il existe une so­lu­tion très simple. Il suf­fi­rait que le gou­ver­ne­ment verse une prime pour tout pa­quet non ven­du plu­tôt que de ré­com­pen­ser par une marge chaque bouf­fée meur­trière in­ha­lée. Ain­si, le bu­ra­liste qui, à la fin d’une jour­née, n’a pas « dé­rouillé », réa­li­se­rait-il sa re­cette maxi­male et pour­rait-il pos­tu­ler pour une mé­daille de la San­té pu­blique. Ce qui l’en­cou­ra­ge­rait à dis­sua­der ces pra­ti­cants de leur fu­neste ha­bi­tude. Bien sûr, l’« opé­ra­tion zé­ro pa­quet » coû­te­rait cher à l’Etat. Mais pas da­van­tage que de de­voir ac­cueillir dans ses hô­pi­taux des mil­liers de ma­lades gra­ve­ment at­teints ou de sub­ven­tion­ner les pay­sans à condi­tion qu’ils ne fassent plus rien pous­ser.

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.