« Ce­la ne chan­ge­ra pas les re­la­tions fran­co-amé­ri­caines »

Jane Hart­ley, am­bas­sa­deur des États-Unis en France, livre quelques heures après les ré­sul­tats, un pre­mier re­gard sur l’im­pact de cette élec­tion d’ores et dé­jà his­to­rique

Monaco-Matin - - Elections Américaines - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR CH­RIS­TOPHE CIRONE cci­rone@ni­cema­tin.fr

Jane Hart­ley, am­bas­sa­deur des États-Unis en France, a ac­cor­dé un en­tre­tien té­lé­pho­nique à Nice-Ma­tin hier mi­di, quelques heures après l’élec­tion de Do­nald Trump. Cette fran­co­phile s’était ren­due à Nice le 18 juillet der­nier, pour ex­pri­mer la so­li­da­ri­té du peuple amé­ri­cain après l’at­ten­tat sur la pro­me­nade des An­glais. Elle avait alors in­sis­té sur l’im­por­tance de l’en­traide fran­coa­mé­ri­caine dans la lutte an­ti-ter­ro­riste. La di­plo­mate livre au­jourd’hui un pre­mier re­gard sur l’im­pact de cette élec­tiond’ores et dé­jà his­to­rique.

Que va chan­ger l’élec­tion de Do­nald Trump dans les re­la­tions fran­co-amé­ri­caines, et entre les États-Unis et l’Eu­rope? Il est trop tôt pour le sa­voir. Mais je suis confiante – en­par­ti­cu­lier con­cer­nant la France – dans le fait que ce­la ne chan­ge­ra en rien­nos re­la­tions. La France est notre al­lié le plus puis­sant, un par­te­naire in­croyable dans notre com­bat contre le ter­ro­risme, à tra­vers nos ser­vices de ren­sei­gne­ment ou nos en­ga­ge­ments mi­li­taires. ÀWa­shing­ton, par­mi ceux qui m’ont si­gni­fié l’im­por­tance du par­te­na­riat fran­co-amé­ri­cain, il y a un sé­na­teur ré­pu­bli­cain membre du co­mi­té char­gé des re­la­tions ex­té­rieures... Je pense que ce sen­ti­ment est par­ta­gé par les deux par­tis. Et j’es­père que les re­la­tions so­lides que nous avons bâ­ties ne chan­ge­ront pas.

M. Trump ins­pi­re­beau­coup de craintes et d’in­cer­ti­tudes de ce cô­té-ci de l’At­lan­tique. Quel­mes­sage adres­sez-vous à ses dé­trac­teurs ? La force de notre dé­mo­cra­tie, c’est d’ar­ri­ver à nous ras­sem­bler après des élec­tions, aus­si in­tenses soient- elles. À cet égard, la dé­cla­ra­tion de M. Trump, ce ma­tin, était conci­liante : il a af­fir­mé qu’il se­rait le pré­sident de tous. Beau­coup de choses avaient pré­cé­dé aus­si l’élec­tion de M. Rea­gan. Le cas de di­vi­sion le plus dur, nous l’avons vu lors du duel en­treGeorge W. Bush et Al Gore. Et ce der­nier a concluque le pa­trio­tisme de­vait l’em­por­ter sur le par­ti­sa­nisme.

Comment in­ter­pré­ter le fait que Ce­la re­lève de la po­li­tique fran­çaise. Dé­so­lée, mais je ne sou­haite pas m’ex­pri­mer sur cette ques­tion.

Que pen­sez-vous de la ré­ac­tion de l’am­bas­sa­deur fran­çais aux États-Unis, qui a écrit sur Twit­ter : « Un­monde

? Et bien, Trump l’a em­por­té ce ma­tin et a sou­hai­té être le pré­sident de tous. Pour ma part, j’ai tra­ver­sé cinq élec­tions pré­si­den­tielles : j’en ai ga­gné cer­taines avec les dé­mo­crates, j’en ai per­du d’autres... Et j’ai pu ob­ser­ver qu’après des élec­tions pas­sion­nées, les per­sonnes par­viennent à se re­trou­ver, voient ce qui compte réel­le­ment et se mettent à tra­vailler en­semble. J’es­père que nous al­lons y par­ve­nir à nou­veau, et gué­rir ces di­vi­sions dans l’in­té­rêt de l’Amé­rique.

Fran­çois Hol­lande ait at­ten­du plu­sieurs heures avant de s’ex­pri­mer, alors que Ma­rine Le Pe­na­vait sa­lué la vic­toire de M. Trump avant même les ré­sul­tats of­fi­ciels? s’écroule »

Newspapers in French

Newspapers from Monaco

© PressReader. All rights reserved.