Le Graët : bis re­pe­ti­ta ?

Il n’an­non­ce­ra que de­main sa dé­ci­sion de bri­guer ou non un nou­veau man­dat de pré­sident de la FFF, mais le Bre­ton a li­vré un in­dice : il se sent en­core « très jeune »

Monaco-Matin - - Sports -

A74 ans, Noël Le Graët dé­voi­le­ra ses in­ten­tions de­vant les fa­milles du foot­ball de­main, avant France-Suède en éli­mi­na­toires du Mon­dial-2018 au Stade de France. Il en­apro­fi­té pour pas­ser en re­vue l’ac­tua­li­té de l’an­née.

Quel est le bi­lan spor­tif  ? Tous les cli­gno­tants sont au vert. L’équipe de France a fait un très beau par­cours à l’Eu­ro, fi­na­liste c’est très bien. On était en quart de fi­nale il y a deux ans à la Coupe dumonde au Bré­sil, en fi­nale là, la pro­gres­sion est im­por­tante. Nos Es­poirs n’ont pas réus­si (à se qua­li­fier à l’Eu­ro-, ndlr), mais toutes les autres équipes, U, U, U, ont été cham­pionnes du monde ou d’Eu­rope, en gar­çons ou filles : c’est une an­née re­mar­quable. Quand le clas­se­ment UE­FA des jeunes va être fait dans les se­maines qui viennent, on de­vrait être la pre­mière na­tion par le cu­mul des ré­sul­tats.

Quel a été le­mo­ment le plus in­tense ? Battre l’Al­le­magne (-  en de­mi-fi­nale de l’Eu­ro, ndlr), c’est une grande na­tion de foot !

Le but vain­queur d’Eder en fi­nale de l’Eu­ro vous hante-t-il ? Pas à ce point-là. Je pense plu­tôt au po­teau de Gi­gnac, ça se joue à un mil­li­mètre. Mais il ne faut pas trop se plaindre, on a été au bout, dans une pé­riode ex­tra­spor­tive com­pli­quée : la crainte des in­ci­dents, le stress du sport, la sé­cu­ri­té ont han­té nos jour­nées en­tières.

Votre ligne de conduite sur Ka­rim Ben­ze­ma a été par­fois mal per­çue… Çam’est égal, cha­cun prend ses res­pon­sa­bi­li­tés. Je ne de­mande pas à être cru tout le temps, je n’ai pas rai­son tout le temps, mais en tout cas j’ai une ligne de conduite. Je connais ce gar­çon bien mieux que tous ceux qui le cri­ti­quaient. Il y a eu un in­ci­dent (l’af­faire de la sex­tape de Val­bue­na, ndlr), qui n’est tou­jours pas ré­glé, et ça me navre. C’est une af­faire, certes, mais ce n’est pas l’af­faire du siècle quand même! Mais comme bien sûr c’est Ben­ze­ma, qui était dé­jà avant l’af­faire plus cri­ti­qué que les autres, c’est dif­fé­rent…

Mais quand Ben­ze­ma dit que Desc­hamps a cé­dé ‘‘à une par­tie ra­ciste de la France’’ pour ex­pli­quer sa non sé­lec­tion à l’Eu­ro… Quand je vois tous les gens qui parlent tous les soirs à la té­lé, ils fe­raient mieux quel­que­fois de man­ger du che­wing- gum ou de ré­flé­chir. Il a dit ça, mais bon, il le re­grette cinq mi­nutes après. Il a été dé­çu de ne pas être sé­lec­tion­né.

Se­rez-vous can­di­dat à votre suc­ces­sion en­mars ? Je n’en parle pas avant ce ven­dre­di.

« Il ne faut pas quinze clubs avec des ca­pi­taux ve­nant de je ne sais où »

Le  mai , vous dé­cla­riez sur RMC : « C’est le der­nier­man­dat. J’au­rai fait six ans, j’au­rai  ans et il se­ra temps de lais­ser la place à des plus Je me sens très jeune (sou­rire).

Sur un autre su­jet, comment per­ce­vez-vous l’ar­ri­vée de ca­pi­taux étran­gers dans le foot­ball fran­çais ? Pour le mo­ment, l’af­flux d’ar­gent, il n’y a que le PSG, et ça se passe très bien. Il réus­sit à avoir une très belle équipe, très proche des grandes équipes eu­ro­péennes. A Lyon, c’est un ac­tion­na­riat mi­no­ri­taire, cette for­mule me plaît bien. A Mar­seille, il fal­lait faire quelque chose. Ce n’est pas parce qu’il (le re­pre­neur amé­ri­cain Frank McCourt) a fait des choses in­té­res­santes aux EtatsU­nis que ça va for­cé­ment réus­sir, mais c’est le sou­hait com­plet que ça fonc­tionne. Mar­ga­ri­ta (Louis-Drey­fus, ex-pro­prié­taire de l’OM) ne s’en oc­cu­pait plus trop. Mar­seille a trou­vé quel­qu’un, s’il met l’ar­gent qu’il a pro­mis, Mar­seille peut re­trou­ver ra­pi­de­ment de quoi ta­qui­ner le PSG, ta­qui­ner seule­ment. Il est cer­tain que Mar­seille ne peut pas être  Par contre, que tous nos clubs se vendent aux étran­gers de­main, non, je suis plu­tôt fâ­ché. Ima­gi­nons que les vingt clubs soient re­pris avec le même bud­get que le Qa­tar : il y au­rait un der­nier, dix faillites (si les in­ves­tis­seurs re­partent, dé­çus de pas être pre­mier, ndlr), des crises dingues. Il faut quatre grands clubs, de fa­çon as­sez ré­gu­lière, comme dans tous les grands cham­pion­nats, et des out­si­ders qui tra­vaillent, qui peuvent ta­qui­ner. Mais il ne faut pas quinze clubs avec des ca­pi­taux ve­nant de je ne sais où, ce n’est pas jouable. La Ligue al­le­mande a in­ter­dit aux ca­pi­taux étran­gers d’être ma­jo­ri­taires. Çame plaît.

Pour­riez-vous l’en­vi­sa­ger ? On pour­rait mais je ne vais pas le faire. Mais je pré­fère ça à ce que tous nos clubs soient bra­dés. On a l’im­pres­sion que tout à coup il n’y a que des bons Chi­nois et des mau­vais Fran­çais.

jeunes ». Etes-vous tou­jours d’ac­cord avec vous-même ?

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