Un « Na­buc­co » de toute beau­té pour la Fête na­tio­nale

Splen­dide re­pré­sen­ta­tion de l’opé­ra de Ver­di avec son cé­lèbre choeur des es­claves et Leo Nuc­ci dans le rôle du roi de Ba­by­lone

Monaco-Matin - - La Une - AN­DRÉ PEYREGNE

Que le roi de Ba­by­lone dé­bar­queàMo­na­co pour cé­lé­brer la Fête na­tio­nale, et ce­la donne un spec­tacle puis­sant, gran­diose, de toute beau­té au Gri­mal­di Fo­rum! Le roi deBa­by­lone est, bien sûr, le lé­gen­daire Na­bu­cho­do­no­sor, à qui le com­po­si­teur d’opé­raGiu­sep­peVer­di a don­né le di­mi­nu­tif de Na­buc­co. Cet opé­ra, les Mo­né­gasques l’ont vu ven­dre­di soir lors de la gé­né­rale pu­blique et hier lors de la pre­mière re­pré­sen­ta­tion of­fi­cielle. Il se­ra don­né jus­qu’à sa­me­di pour la Fête na­tio­nale. Oh, le beau Na­buc­co! Quatre voix d’élite, un choeur au meilleur de sa forme, un or­chestre ma­gni­fique, des dé­cors ad­mi­rables, des lu­mières qui trans­forment le tout en ta­bleaux­de­maîtres: ce spec­tacle est une to­tale réus­site. Dans le rôle de Na­buc­co, roi qui tient les juifs en es­claves mais qui se conver­tit à la fin et les li­bère, on trouve Léo Nuc­ci. Son ar­ri­vée est spec­ta­cu­laire entre deux pans de mur qui s’ouvrent comme la Mer Rouge de­vant Moïse. Dire que ce chan­teur a com­men­cé sa car­rière in­ter­na­tio­nale il y a un de­mi-siècle et qu’il est tou­jours là à nous im­pres­sion­ner! To­tal res­pect! Àses cô­tés, une so­pra­no de pre­mier ordre, An­na Pi­roz­zi. Ilyade la­py­ro­tech­nie en Pi- roz­zi: sa voix est un feu d’ar­ti­fice. Sa par­te­naire Uria Mon­zon est toute en classe et en mu­si­ca­li­té.

Un hymne à la li­ber­té qui donne le fris­son

Pour gal­va­ni­ser les ar­deurs de ces deux hé­roïnes sur­gies du fond de l’his­toire et des tré­fonds de la tes­si­ture vo­cale, une for­mi­dable basse, Vi­ta­li Ko­wa­liov. Le choeur, à pré­sent. Su­perbe! Sou­te­nu par le ma­gni­fique Or­chestre Phil­har­mo­nique, il vous donne le fris­son en en­ton­nant cet hymne à la li­ber­té qu’est le cé­lèbre « choeur des es­claves ». Là, l’ex­cellent chef d’or­chestre Giu­seppe Fin­zi, au lieu de mar­te­ler ce­pas­sage avec une ar­deur mi­li­taire, fait le­ver la­mu­sique comme au­rore. On se laisse sou­le­ver par la dou­ceur et par la force qui est en elle. La belle le­çon que voi­là: la mu­sique vaut par l’in­ten­si­té de son mes­sage et non par son ta­page! En­fin le dé­cor. Rien de concret, de car­ton-pâte. Tout est dans le sym­bole abs­trait de­pans de mur­sou de ri­deaux­qui se dé­placent. Les lu­mières trans­forment la scène en ta­bleaux de mu­sée. L’ar­tiste de la mise en scène est ici Leo Mus­ca­to. Leo Nuc­ci et Leo Mus­ca­to: deux Leo pour ce beau « Na­buc­co » de Mo­na­co!

Sa­voir + « Na­buc­co » de Giu­seppe Ver­di sous la di­rec­tion de Giu­seppe Fin­zi, or­ga­ni­sé par l’Opé­rade Monte-Car­lo au Gri­mal­di Fo­rum Mo­na­co - Salle des Princes. Rens. : +377.98.06.28.28.

(Pho­to Jean-Fran­çois Ottonello)

Hier après-mi­di, c’était la re­pré­sen­ta­tion of­fi­cielle de cet opé­ra de Ver­di mis en scène par LeoMus­ca­to à l’oc­ca­sion de la Fête na­tio­nale. Il se­ra don­né jus­qu’à sa­me­di au Gri­mal­di Fo­rum.

(Pho­to Alain Ha­nel - Opé­ra de Mo­na­co)

Leo Nuc­ci, im­pres­sion­nant dans le rôle de Na­buc­co.

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