Igor et Gri­ch­ka Bog­da­noff: « On est des vi­si­teurs… »

A l’in­vi­ta­tion de l’as­so­cia­tion des Confé­rences d’En­sei­gne­ment Su­pé­rieur, les frères Bog­da­noff évoquent Big Bang: le­mys­tère de l’ori­gine, au­jourd’hui à 18 hau No­vo­tel Mont­fleu­ry de Cannes

Monaco-Matin - - Côte D’azur - ALEXANDRE CARINI aca­ri­ni@ni­ce­ma­tin.fr

Ce sont nos ex­tra­ter­restres à nous. Sur Terre, mais le re­gard tou­jours tour­né versd’autres astres. Des châ­te­lains qui rêvent d’un­royau­mes­tel­laire. Des ve­dettes ca­tho­diques à l’in­tri­gante trans­for­ma­tion phy­sique. Dans un uni­vers té­lé­vi­suel où ils ont sou­vent fait le big bang. Oùils ont mis la conquête spa­tiale à por­tée de tous, même si leur vul­ga­ri­sa­tion froisse cer­tains ex­perts. Par­fois jus­qu’à la ca­ri­ca­ture. En images avec les Gui­gnols, comme en chan­sons avec Di­dier Wam­pa ou Cy­ril Ha­nou­na. Des ju­meaux qui se font per­pé­tuel­le­ment écho. Des vi­sion­naires pas­sion­nés de science-fic­tion, qui conju­guaient dé­jà le fu­tur à l’époque de Temps X. Les frères Gri­ch­ka et Igor Bog­da­noff, qui signent leurs ou­vrages Bog­da­nov. Avant leur con­fé­rence, l’aî­né (Igor) s’est confié. Prêt àdé­col­ler?...

Le Big bang: big buzz? Ce qui n’était qu’une théo­rie entre  et  est de­ve­nu un fait. C’est quand­même la créa­tion de l’Uni­vers! Cen’est pasà­pro­pre­ment par­ler un écla­te­ment, mais la­cons­ti­tu­tion si­mul­ta­née de l’es­pace, du temps et de la­ma­tière. La­mé­ta­phore du feud’ar­ti­fi­ceest le moyen que tout le monde se fasse une idée du phé­no­mène, d’où « Big Bang ».

On parle beau­coupd’es­pace au­jourd’hui, no­tam­ment avec le Fran­çais Thier­ry Pes­quet. As­tro­naute, ça vous au­rait plu? Com­plè­te­ment! J’ai tou­jours été pas­sion­né­par les ob­jets vo­lants. De­puis l’âge de  ans, j’ai pi­lo­té toutes les­ma­chines, pla­neur, avion, hé­li­co… alors vo­ler  km­plus haut, ça­nem’au­rait pas fait peur. Mais avec Gri­ch­ka, on achoi­si une au­tre­voie, en écri­vant des livres et en fai­sant de la té­lé.

Ona­beau­coup­par­lé de la mis­sion Exo­marsà Cannes. La pla­nète rouge exerce tou­jours la­même fas­ci­na­tion? De­puis le mythe des « ca­naux mar­tiens », Mars fas­cine les as­tro­nau­tes­mais aus­si le grand pu­blic, et son pou­voir d’at­trac­tion reste fort. Mars, c’est le mar­che­pied vers les autres pla­nètes. C’est la plus proche de la Ter­rea­près Vé­nus, et on pour­ra s’y rendre dans les an­nées . Et puis Mars abrite sans dou­teune forme de vie ex­tra­ter­restre.

Vous-mêmes, vous êtes sou­vent consi­dé­rés com­medes ex­tra­ter­restres. En­co­re­plus de­puis votre trans­for­ma­tion phy­sique ? Ave­mon frère, ons’est tou­jours sen­ti com­medes êtresà­part. On était dé­jàdes en­fants­qui por­taient des che­veux longs quand les autres les gar­daient courts. On ha­bi­tait une for­te­resse étrange ache­tée par no­tre­grand-mère quand elle est ar­ri­vée d’Eu­rope cen­trale. Alors on s’est ha­bi­tuéà notre « dif­fé­rence », on est un peu des vi­si­teurs… Quant au mys­tère de no­tre­phy­sique, il s’en­tre­tient tout seul sur les ré­seaux so­ciaux.

Àpro­pos de vo­tre­châ­teau d’Es­cli­gnac, da­té du XI e siècle, l’as­so­cia­tion­de­sau­ve­garde, par la voix de son pré­sident, dé­non­ceu­né­tat de ruine faute d’en­tre­tie­na­dé­quat? L’as­so­cia­tionde sau­ve­garde, c’est nous qui l’avons créée! C’est vrai que­nous avons in­ves­ti énor­mé­ment d’ar­gent dans cet en­droit, mais c’est dur à as­su­mer touts seuls. Il nous fau­drait au moins  M€ pour le re­ta­per. Pour­quoi pas­pour qu’il serve de dé­coràun film fan­tas­tique?

Àce­pro­pos, Temps X, votre cé­lè­breé­mis­sion créée en , était dé­jà un OV­NI té­lé­vi­suel? Ah oui! On­sa­vait qu’on fai­sait un tra­vail dif­fé­rent de tout ce qui se fai­sait sur les autres chaînes.

Son re­tour sur I-té­lé? On est ef­fec­ti­ve­ment en dis­cus­sion avec I-té­lé, et ça de­vrait se faire mal­gré les évé­ne­ments ac­tuels sur cet­te­chaîne. Le concept se­ra for­cé­ment dif­fé­rent de l’époque. On y trai­te­raaus­si des nou­velles tech­no­lo­gies, mais l’es­prit res­te­ra le­même: une ren­contre entre la scien­ceet l’ima­gi­naire.

Vous avez contri­buéàa­no­blir le genre SF, et vo­tre­der­nier ou­vrage, Le li­vre­des­mer­veilles tech­no­lo­giques, trai­te­de­notre quo­ti­dien au fu­tur? De­puis Temps X, la SF n’est plus un sous-genre, el­leain­té­gré la lit­té­ra­tu­re­mains­tream. Dans­notre livre, oné­voque le jet­bag, un­sac àdos qui­per­metdes’en­vo­ler pen­dan­tu­ne­de­mi-heure et se pi­lo­te­com­meu­ne­mo­by­lette, de cet­te­voi­tu­re­vo­lante fa­bri­quée en Eu­rope de l’Est, avec un simple bou­ton pour­dé­ployer se­sailes et son sys­tè­me­de­pro­pul­sion, com­me­dans James Bond ou Fan­to­mas. Et­puis­cet­tear­moire, qui lave le linge, le­sèche et le repasse. Sans­par­ler du ro­bot Top­che­fet­deses mille re­cettes!

Des ex­perts, pieds sur ter­re­mais la tête dans les étoiles? On a tou­jours re­gar­déen l’air en rê­van­tàu­nau-de­là, car on est convain­cu­qu’il exis­ted’autres for­mes­de­vie que ter­restres.

Ques­tion chan­sons, vous­pré­fé­rez Bog­da, Bog­da, Bo­ga­da­nov de Ha­nou­na ou Temps X de Di­dier Wam­pa? (Rires) Ha­nou­na a fait un tube po­tache as­sez­drôle…

(Pho­to doc So­phie Lou­vet)

Les frères Bog­da­noff: « On s’est ha­bi­tué à notre dif­fé­rence… »

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