Aé­ro­port deNice : un « ra­di­ca­li­sé » en­fer­mé en psy­chia­trie

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CH­RIS­TOPHE PER­RIN chper­rin@ni­ce­ma­tin.fr

C’était au Ter­mi­nal 1 de l’aé­ro­port de Nice-Côte d’Azur le 16 oc­tobre. Roc­co Ma­cri, 32 ans, do­mi­ci­lié à Ben­de­jun, hurle au comp­toir Avia Part­ner. Il ne com­prend pas qu’il n’exis­te­pas de ré­ser­va­tion à son nom pour un vol à des­ti­na­tion de Bar­ce­lone, lui qui se pré­sente comme foot­bal­leur pro­fes­sion­nel. L’in­ter­ven­tion de­po­li­ciers ne le calme pas, bien au contraire. Il re­double d’agres­si­vi­té, tente de frap­per les po­li­ciers, comme le prouvent les en­re­gis­tre­ments de vi­déo-sur­veillance. Il les me­nace: « Je vais tous vous tuer avec une Ka­lach­ni­kov. Je vais mettre une bombe, la France paie­ra. » L’in­ter­pel­la­tion se passe mal, l’in­di­vi­du se re­belle, tombe au sol avec deux gar­diens de la paix. Ju­gé hier pour ou­trages, vio­lences et apo­lo­gie du ter­ro­risme, Roc­co Ma­cri pa­raît cal­mé dans le box des pré­ve­nus. Lau­rie Du­ca, la pré­si­dente du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, lui de­mande de com­men­ter les pa­roles de chan­sons qu’il a écrites. « Je sou­tiens mes frères et mes soeurs qui prient dans l’Is­lam en mode full-contact, mus­lims ( 1) sec­tion nique tout. » « C’est ma li­ber­té d’ex­pres­sion » , ré­torque le pré­ve­nu­qui al­terne en­tre­dé­lire et lu­ci­di­té se­lon les mo­ments. « Re­con­nais­sez que vos chan­sons mises en pers­pec­tives avec vos pro­pos te­nus à l’aé­ro­port sont in­quié­tantes » , ob­serve la pré­si­dente. Un pre­mier psy­chiatre qui avait ra­pi­de­ment ex­per­ti­sé Roc­co Ma­cri lors de la gar­deà­vue n’avait pas dé­ce­lé la moindre ano­ma­lie men­tale. Or l’in­di­vi­du est re­con­nu han­di­ca­pé à 80 % et souffre d’une pa­tho­lo­gie dé­li­rante an­cienne. Ma­la­die confir­mée par une se­conde ex­per­tise de­man­dée­par la jus­tice. L’ex­per­tise conclut à son ir­res­pon­sa­bi­li­té pé­nale.

« Sen­sible et in­fluen­çable »

Les hommes de la po­lice aux fron­tières, vic­times des vio­lences et des me­naces de mort, sol­li­citent des dom­mages et in­té­rêts. Très mar­qués par l’as­sas­si­nat du com­mis­sai­reG­rout lors de l’at­ten­tat du 14 juillet, le nu­mé­ro2de laPAF des Al­pesMa­ri­times, ils in­diquent par l’in­ter­mé­diai­rede leur con­seil qu’ils re­ver­se­ront l’ar­gent à des as­so­cia­tions de vic­times du ter­ro­risme. Le pro­cu­reur Syl­vie Ca­no­vas re­quiert l’hos­pi­ta­li­sa­tion d’of­fice de Roc­coMa­cri « vu sa dan­ge­ro­si­té ». « Avec ce genre d’in­di­vi­du qui jette son pas­se­port dans une pou­belle, qui fait al­lé­geance à l’État is­la­mique, on peut s’at­tendre à tout. C’est aus­si une proie fa­cile puis­qu’il vit dans son monde ima­gi­naire » , ob­serve le ma­gis­trat. « Psy­cho­tique, ce­la le rend sen­sible et in­fluen­çable » , ad­met l’avo­cat de la dé­fense, Me Nia­ga­ra, qui s’ap­puie sur les conclu­sions mé­di­cales. Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel a sui­vi à la fois l’avis du se­cond psy­chiatre et du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. Le pré­ve­nu, qui pré­fé­rait la­pri­son à l’hô­pi­tal psy­chia­trique, n’a pas eu le choix. Il a été pla­cé en­hos­pi­ta­li­sa­tion d’of­fice à Sainte-Ma­rie. 1-mu­sul­mans en an­glais

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