L’ex-édu­ca­teur de l’ASM sur la scène de Ber­cy ce soir

Un temps édu­ca­teur au centre de for­ma­tion, le Men­ton­nais Lu­ca Ben­ni­ci s’est vé­ri­ta­ble­ment lan­cé dans la mu­sique il y a un an. Ce soir, il ou­vri­ra le show­deMaître Gims de­vant… 20000 spec­ta­teurs!

Monaco-Matin - - La Une - Texte : Tho­mas MI­CHEL tmi­chel@ni­ce­ma­tin.fr Pho­to : Jean-Fran­çois OTTONELLO

Dé­tends-toi ga­min, calme-toi ga­min… » Il suf­fit d’un clic. D’une écoute. D’un rien de temps pour que le re­frain du pre­mier single – Ga­min– deLu­ca Ben­ni­ci, alias Lou­ka, s’im­prime dans l’in­cons­cient. Trotte et ré­sonne dans les têtes toute la jour­née. Un po­ten­tiel tu­besque évident dont les ra­dios s’em­parent de­puis­quelques se­maines et qui, ce soir, pour­rait­pren­dreune tout au­tream­pleur grâce à… Maître Gims. Sé­duit par le timbre et la fraî­cheur de la voix de Lou­ka, le roi du­hit-pa­ra­dea­ré­cem­ment si­gné le Men­ton­nais dans son la­bel (Monstre ma­rin). « Il a kif­fé mes sons eta­vou­lu col­la­bo­rer. Il a contac­té mes pro­duc­teurs et le deal s’est fait cet été. J’étais en va­can­cesàMen­to­net onm’a ap­pe­lé pour me dire: “Lu­cas, tu re­mon­tesàPa­ris, tu signes dans le la­bel de Maître Gims, il veut te ren­con­trer pour dis­cu­ter”.» Ni une­ni deux, gui­ta­reen­ban­dou­lière, Lu­ca­trace vers la ca­pi­tale pour s’at­ta­bler avec Gims et Olivier Nusse, di­rec­teur gé­né­ral d’Uni­ver­sal. Une salve de com­pli­ments plus tard, il pose sa griffe sur un contrat en vue d’un al­bum(sor­tie pré­vue dé­but 2017). « Maître Gims m’a dit qu’ilyaen­core une longue route mais que ce que je fais est su­per et qu’il va es­sayer de faire de moi quel­qu’un de connu. Il croit en mon pro­jet et il m’a sé­duit dans sa fa­çon de par­ler. J’ai com­pris qu’il avait vrai­ment in­té­rêt à me si­gner dans son la­bel, d’au­tant plus que mon style de mu­sique per­met d’ou­vrir d’autres portes. » Son style, ce­lui d’un au­to­di­dacte qui, il y a en­core deux ans, n’avait ja­mais chan­té en pu­blic. En­core moins tou­ché un ins­tru­ment. « Mes proches ont com­men­cé à me pous­ser et j’ai tou­jours fait un peu le fier, l’or­gueilleux, en di­sant “Non j’ai pas en­vie”. Et puis, il y a deux ans, j’ai com­men­céà­grat­ter, tout seul dans ma chambre, une gui­tare qui traî­nait dans un coin. En re­gar­dant des tu­tos sur You­tu­beet à l’oreille… » Jus­qu’au dé­clic. « J’ai un oncle pro­duc­teur, qui a no­tam­ment bos­sé sur l’al­bum de Na­dia et de Ch­ris­tophe Wil­hem et créé son la­bel in­dé­pen­dant (Dream’Up). À un re­pas de fa­mille, je lui ai joué un pe­tit mor­ceau. Il m’a dit : “C’est énorme, t’ima­gines que t’as du ta­lent?” » Il a beau être son oncle, l’homme connaît l’in­dus­trie du disque. Les en­cou­ra­ge­ments pa­raissent bien moins sub­jec­tifs et, d’un coup, un rêve se des­sine. « Très ra­pi­de­ment, je me suis dit que je n’avais pas en­vie de faire des cover, que je pré­fé­rais clai­re­ment faire mes propres mé­lo­dies. » Fa­mille, potes, his­toire sen­ti­men­tale, ex­pé­rien­ces­pro­fes­sion­nelles, au fil des mois, Lou­ka couche sur le pa­pier des pa­roles au­to­bio­gra­phiques en­ro­bées de quelques ac­cords mai­son. Tout l’ins­pire, son en­fance men­ton­naise, ses an­nées ba­hut à la Vil­la-Blanche et Saint-Jo­seph, la fac de sport à Nice, ses matches sous le maillot du Ra­pid de Men­ton jus­qu’en DHR, son poste de sur­veillant au ly­cée Pierre-et-Ma­rieCu­rie et ce­luid’édu­ca­teur au centre de for­ma­tion de l’AS Mo­na­co. C’est d’ailleurs de là que naî­tra Ga­min, chan­son grif­fon­née sur une table du Louis-II. « Je l’ai écrite par rap­port à un conflit que j’ai eu avec un jeune au sein du centre. Rien de grave mais un soir, c’est par­ti un peu en vrille. De là, j’ai vou­lu écri­reun truc sur les jeunes parce que je me suis dit que tout le monde pou­vait se re­trou­ver dans mes chan­sons. Mais je n’ai pas en­vie d’être mo­ra­li­sa­teur. Je le dis dans le mor­ceau: “Quand on fait la mo­rale, il s’énerve puis s’em­balle”. C’est cool d’abor­der ce su­jet et de dire à tous les jeunes d’au­jourd’hui qu’on croit en eux. Que même si des fois ils sont chiants, on est tou­jours là pour eux, pour qu’ils réus­sissent et qu’ils soient à leur tour “don­neurs de le­çon” dans le bon sens du terme. » Une fibre édu­ca­tive ti­rée de l’ADN ma­ter­nel, sa ma­man tra­vaillant comme édu­ca­tri­ceàMen­ton de­puis vingt ans. Des mots et des actes aussi, puisque ses col­lègues du ly­cée Cu­rie peuvent té­moi­gner de son fee­ling avec les jeunes, son écoute. Après avoir écu­mé les res­tau­rants de Men­ton, du Nau­ti­lus à La Per­go­la, en pas­sant par le Da Mit­chou, Lu­ca sa­voure un soup­çon de no­to­rié­té. La pu­bli­ca­tion­deP’ti­te­pou­pée sur Fa­ce­book s’ac­com­pagne alors d’un buzz qui as­soit ses nou­velles am­bi­tions. Di­rec­tion Pa­ris! « Avec des potes, on s’est fait une pe­tite équipe et on est mon­té à Pa­ris. On s’est dit on prend une mai­son en col­loc’, on serre les dents et on part à l’aven­ture! » Le camp est ba­sé à Rueil-Mal­mai­son. « On a ins­tal­lé­notre stu­dio­dans la mai­so­net on fai­sait de la mu­sique du ma­tin au soir (...). Ça a été un chan­ge­ment ra­di­cal parce que je suis ha­bi­tuéà­vivre avec ma fa­mille et je suis très “Sud”, j’aime mon Sud et j’ai le mal du pays. Mais je me suis dit que j’avais 26 ans, que c’était le mo­ment où ja­mais. J’avais tou­jours fait les choses à moi­tié entre guille­mets et, là, il fal­lait que j’aille au bout de mes rêves. » Au bout de six mois, Lou­ka ba­lance des ma­quettes au Tout-Pa­ris avec le ré­sul­tat qu’on­con­naît. Ven­dre­di der­nier, il ef­fec­tuait sa pre­mière grande scène au Havre de­vant 6000 per­sonnes, aux cô­tés no­tam­ment de Sli­mane et Vian­ney. « Jeme suis sen­ti à l’aise. J’ai gé­ré mon show, c’était bien pour une pre­mière. » Reste à sau­ter dans le grand bain, ce soir, à Ber­cy. « C’est un truc énorme. Le 1er dé­cembre 2015, j’étais pour la pre­mière fois de­vant un pu­blic au Pa­lais de l’Eu­rope à Men­ton. À 364 jours d’in­ter­valle, je passe du Pa­lais de l’Eu­rope, que je res­pecte et que j’adore, àBer­cy qui est une salle my­thi­queen France. C’est un rêve de fou! J’ai de la chan­cede tra­vailler avec des gens en or. Je leur dois énor­mé­ment, com­meà­ma fa­mille etàmes potes. » À toi de jouer ga­min!

Je n’ai pas en­vied’être mo­ra­li­sa­teur” La chan­cede tra­vailler avec des gens en or ”

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