Dieu­don­né à Vau­gre­nier : pas de plainte mais de l’amer­tume

Monaco-Matin - - Côte D’azur - CHRIS­TOPHE CIRONE cci­rone@ni­ce­ma­tin.fr

lap de fin ? Le spec­tacle « sur­prise » de Dieu­don­né sur la Côte d’Azur, sa­medi der­nier à Ville­neuve-Lou­bet, au­ra sus­ci­té des réac­tions vi­ru­lentes. Mais l’af­faire n’ira a prio­ri pas au tri­bu­nal. L’hy­po­thèse était pour­tant plau­sible. À Rou­baix (Nord), la Condi­tion pu­blique, salle pri­vée où s’était pro­duit Dieu­don­né fin jan­vier, a an­non­cé vou­loir por­ter plainte pour es­cro­que­rie et abus de confiance. Afin de s’évi­ter un re­fus, l’hu­mo­riste contro­ver­sé avait loué la salle pour une so­cié­té de cos­mé­tiques, via L’es­prit de la fo­rêt, la boîte de com’ de sa com­pagne. Bis re­pe­ti­ta sa­medi. Jus­qu’à la der­nière heure, Dieu­don­né M’Ba­la M’Ba­la de­vait se pro­duire à «Nice» ,oùle maire Chris­tian Es­tro­si et les forces de l’ordre l’at­ten­daient de pied ferme. Une heure seule­ment avant l’heure du spec­tacle, les cen­taines de spec­ta­teurs ont ap­pris par SMS le lieu, jus­qu’alors te­nu se­cret : le châ­teau de Vau­gre­nier, à Ville­neuve-Lou­bet.

Pré­ju­dice d’image

Na­dèje le Lé­dan, la pro­prié­taire des lieux, a eu la très désa­gréable sur­prise de voir les lieux in­ves­tis par le sul­fu­reux hu­mo­riste, et non par une pièce de « théâtre An­non­cé à Nice, le sul­fu­reux spec­tacle a fi­na­le­ment été don­né de­vant un châ­teau à Ville­neuve-Lou­bet. Au grand dam de sa pro­prié­taire (Pho­to C. C.)

clas­sique » comme on le lui avait pré­sen­té. En prime, sa prai­rie a été trans­for­mée en par­king sau­vage, avec di­verses dé­gra­da­tions à la clé. Re­mon­tée, la pro­prié­taire a en­voyé un mail lun­di à son in­ter­mé­diaire. «Je­luiai­dit qu’il n’avait pas res­pec­té les règles du contrat, et dé­crit tout ce qu’on avait consta­té. J’ai pré­ci­sé que j’en­cais­sais le chèque de cau­tion à titre de pre­mier dé­dom­ma­ge­ment, en lui de­man­dant de faire mar­cher son as­su­rance. » Pour l’heure, au­cune ré­ponse.

Es­ti­més à 5 000 eu­ros dans un pre­mier temps, les dé­gâts se­raient, au fi­nal, qua­si­ment cou­verts par les 1 500 eu­ros de cau­tion. « Reste le pré­ju­dice d’image », note la pro­prié­taire des lieux, ha­bi­tuée à ac­cueillir des ma­riages et évé­ne­ments cultu­rels au­tre­ment plus consen­suels. « Je ne vais pas dé­po­ser plainte », tranche néan­moins Na­dèje le Lé­dan. De quoi évi­ter de coû­teuses et fas­ti­dieuses pro­cé­dures. De quoi s’épar­gner, aus­si, l’ex­po­si­tion liée à un éven­tuel pro­cès et les foudres d’une « dieu­do­sphère » prompte à vic­ti­mi­ser son cham­pion. Au pas­sage, la pro­prié­taire en­tend mettre les choses au clair, face au tor­rent de réac­tions acerbes lues sur les ré­seaux so­ciaux. « Les gens disent que la châ­te­laine char­rie. Mais je suis une châ­te­laine sans châ­teau, car ce châ­teau est in­ha­bi­table. Une châ­te­laine qui a plu­tôt les em... des riches que ses avan­tages ! »

« J’at­ten­dais un pe­tit mot de M. Es­tro­si... »

Adepte d’un cer­tain franc­par­ler, Na­dèje le Lé­dan a « l’im­pres­sion de faire les frais d’un bras-de-fer entre deux per­sonnes ». À sa­voir : Dieu­don­né et Chris­tian Etro­si, en guerre de­puis une dé­cen­nie. « J’at­ten­dais quand même un pe­tit mot de M. Es­tro­si... », sou­pire l’in­té­res­sée. Cette mésa­ven­ture pas­sée, la pro­prié­taire s’ap­prête à faire vivre, cette sai­son en­core, cette pro­prié­té dont sa « mère a hé­ri­té à l’état de ruine ». Si l’hu­mour de Dieu­don­né est plus que dou­teux, son hôte in­vo­lon­taire, elle, conclut d’une bou­tade iro­nique : « Si des gens veulent louer pour du théâtre clas­sique, là, je suis pre­neuse ! »

« abu­sée ».

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