Le Nor­vé­gien Borge Brende de­vient pré­sident du WEF

L’ac­tuel chef de la di­plo­ma­tie nor­vé­gienne re­tourne dans une or­ga­ni­sa­tion qu’il connaît bien. Il épau­le­ra Klaus Sch­wab, qui fê­te­ra ses 80 ans en 2018

Le Temps - - Economie & Finance - STÉ­PHANE BE­NOIT-GO­DET @SBe­noitGo­det

La ques­tion de la suc­ces­sion de Klaus Sch­wab à la tête du Fo­rum éco­no­mique mon­dial (World Eco­no­mic Fo­rum ou WEF) vient peu­têtre de trou­ver un dé­but de ré­ponse. Ven­dre­di, l’ins­ti­tu­tion a an­non­cé qu’elle nom­mait Borge Brende pré­sident, un poste qui n’exis­tait pas jus­qu’ici. Le Nor­vé­gien est ac­tuel­le­ment mi­nistre des Af­faires étran­gères de son pays. Il quit­te­ra ses fonc­tions pour re­joindre le WEF à Ge­nève dans la deuxième par­tie d’oc­tobre, a an­non­cé ven­dre­di à Os­lo la pre­mière mi­nistre nor­vé­gienne, Er­na Sol­berg. Le gou­ver­ne­ment conser­va­teur au­quel ap­par­tient Borge Brende a rem­por­té les élec­tions le week-end pas­sé.

Ce di­plo­mate de 51 ans connaît bien le WEF, où il a tra­vaillé du­rant deux pé­riodes, entre 2008 et 2009 et entre 2011 et 2013. De tem­pé­ra­ment éner­gique et ami­cal, il avait fait forte im­pres­sion du cô­té des équipes du fo­rum et de ses par­te­naires lors de ses pas­sages pré­cé­dents. Borge Brende a été le plus jeune mi­nistre de son pays. Il a eu un rôle ac­tif dans les pour­par­lers entre le gou­ver­ne­ment co­lom­bien et la gué­rilla des FARC, qui ont si­gné en no­vembre un ac­cord de paix pour clore plus de cin­quante ans de confron­ta­tion ar­mée. Ce­la en fe­ra-t-il le suc­ces­seur dé­si­gné de Klaus Sch­wab, qui conserve le titre de pré­sident exé­cu­tif?

Le fon­da­teur de l’or­ga­ni­sa­tion au­ra 80 ans pour la 48e édi­tion de son évé­ne­ment phare à Da­vos en 2018. De­puis des an­nées, les ob­ser­va­teurs – la presse mais aus­si les par­ties pre­nantes du WEF – s’in­ter­rogent sur la vo­lon­té réelle de Klaus Sch­wab d’or­ga­ni­ser sa suc­ces­sion, ce der­nier don­nant tou­jours l’im­pres­sion de vou­loir re­mettre ce dos­sier à plus tard. Dif­fé­rents di­rec­teurs gé­né­raux se sont suc­cé­dé dans la longue his­toire de la mai­son dont An­dré Schnei­der, ac­tuel di­rec­teur gé­né­ral de l’Aé­ro­port de Ge­nève.

Le WEF s’était fi­na­le­ment ran­gé ces der­nières an­nées au choix d’une or­ga­ni­sa­tion de di­rec­tion plus col­lé­giale pla­cée, dans la gou­ver­nance du WEF, sous l’au­to­ri­té de Klaus Sch­wab. Ce der­nier n’était pas dis­po­nible ven­dre­di pour com­men­ter la no­mi­na­tion de Borge Brende. Le com­mu­ni­qué in­dique que les deux hommes tra­vaille­ront étroi­te­ment en­semble, Klaus Sch­wab res­tant res­pon­sable du dé­ve­lop­pe­ment stra­té­gique du WEF. L’or­ga­ni­sa­tion, qui compte plus de 600 col­la­bo­ra­teurs, ba­sée à Co­lo­gny (GE), fonc­tionne comme un centre de ré­flexion pour ses membres et se dé­fi­nit comme une pla­te­forme où se réunissent gou­ver­ne­ments, en­tre­prises et ac­teurs de la so­cié­té ci­vile. Elle est dé­sor­mais re­con­nue comme une or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale.

Nom­breuses per­son­na­li­tés au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion

Ven­dre­di, dans le com­mu­ni­qué dif­fu­sé par le WEF, Pe­ter Bra­beck, an­cien pré­sident de Nest­lé et vice-pré­sident du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion, écri­vait que l’or­gane se fé­li­ci­tait «de la sé­pa­ra­tion entre les fonc­tions de pré­sident exé­cu­tif et de pré­sident» telle qu’elle avait été po­sée dans les sta­tuts de la fon­da­tion l’an­née pré­cé­dente. Ce con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion compte de nom­breuses per­son­na­li­tés, de la reine Ra­nia de Jor­da­nie à la di­rec­trice gé­né­rale du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal, Ch­ris­tine La­garde, en pas­sant par le fon­da­teur de Sa­les­force, Marc Be­nioff, et de la di­ri­geante de Pep­si, In­dra Nooyi.

(KEYSTONE)

Borge Brende quit­te­ra en oc­tobre son poste de mi­nistre.

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