Uber et Lyft ont soif de mil­liards

Uber pour­rait re­ce­voir jus­qu’à 10 mil­liards de dol­lars d’un consor­tium d’in­ves­tis­seurs me­né par SoftBank. En face, Google s’ap­prête à in­jec­ter 1 mil­liard dans son ri­val Lyft

Le Temps - - Economie - ANOUCH SEYDTAGHIA @Anouch

Uber et Lyft ont soif de ca­pi­tal. Les deux so­cié­tés amé­ri­caines de mise en re­la­tion entre chauf­feurs et pas­sa­gers sont sur le point de le­ver plu­sieurs mil­liards de dol­lars pour fi­nan­cer leur dé­ploie­ment. Der­rière ces le­vées de fonds, Google ma­noeuvre pour faire pres­sion sur Uber, avec qui une de ses fi­liales est en conflit.

La plus grosse le­vée de fonds est en train d’être réa­li­sée par Uber, af­fir­mait dans la nuit de jeu­di à ven­dre­di le Wall Street Jour­nal. La so­cié­té en a be­soin pour ses frais de mar­ke­ting, no­tam­ment en Asie et en Rus­sie, où elle fait face à des concur­rents lo­caux dé­jà bien im­plan­tés. Un consor­tium d’in­ves­tis­seurs, me­né par le conglo­mé­rat ja­po­nais SoftBank, s’ap­prête à in­ves­tir jus­qu’à 10 mil­liards de dol­lars (9,6 mil­liards de francs) dans la so­cié­té ba­sée à San Fran­cis­co.

Avec cette opé­ra­tion, SoftBank pour­rait dé­te­nir jus­qu’à 22% du ca­pi­tal d’Uber. Mais pas à n’im­porte quelle condi­tion: le groupe ja­po­nais exi­ge­rait de pou­voir ac­qué­rir des titres – nou­vel­le­ment créés et ra­che­tés à des in­ves­tis­seurs exis­tants – à prix ré­duit. En rai­son, avant tout, des ré­cents scan­dales qui ont af­fec­té la so­cié­té.

La va­lo­ri­sa­tion d’Uber, de 69 mil­liards de dol­lars lors de la der­nière le­vée de fonds, des­cen­drait ain­si à 50 mil­liards de dol­lars. La so­cié­té au­rait le­vé en­vi­ron 15 mil­liards de­puis sa créa­tion en 2009. Uber n’est pas co­té en bourse (comme Lyft) mais pour­rait l’être d’ici 18 à 36 mois, af­fir­mait ré­cem­ment son nou­veau di­rec­teur, Da­ra Khos­row­sha­hi. Ce­la per­met­trait no­tam­ment à cer­tains in­ves­tis­seurs ac­tuels de vendre leurs parts. Fin août, plu­sieurs ac­tion­naires, dont Van­guard Group, Prin­ci­pal Funds et Hart­ford Funds, avaient ré­duit la va­lo­ri­sa­tion de leurs ac­tions de 15%.

Sou­tien à des concur­rents

SoftBank ne mise pas tout sur Uber, loin de là. Le groupe a dé­jà in­ves­ti dans plu­sieurs so­cié­tés si­mi­laires, dont cer­taines sont d’ailleurs ac­tives sur les mêmes mar­chés que lui. Par­mi ses in­ves­tis­se­ments se trouvent le chi­nois Di­di Chuxing Tech­no­lo­gy Co., l’in­dien Ola Cabs, le sin­ga­pou­rien GrabTaxi et le bré­si­lien 99. La plu­part sont concur­rents d’Uber sur le mar­ché asia­tique.

En pa­ral­lèle, Lyft, pre­mier concur­rent d’Uber sur le mar­ché amé­ri­cain, va aus­si se ren­for­cer. Google se­rait sur le point d’in­jec­ter un mil­liard de dol­lars dans cette so­cié­té. Lyft dé­tien­drait en­vi­ron 25% du mar­ché amé­ri­cain, alors qu’Uber dé­tien­drait le solde – il existe quelques ac­teurs lo­caux mi­neurs. Lyft est ac­tuel­le­ment va­lo­ri­sé à 7,5 mil­liards de dol­lars.

Avec cet ap­port de ca­pi­tal, Google au­rait des par­ti­ci­pa­tions dans les deux concur­rents, puis­qu’il est l’un des in­ves­tis­seurs his­to­riques d’Uber. Mais les re­la­tions entre Google et ce der­nier se sont dé­gra­dées ces der­niers mois, Way­mo, fi­liale de Google ac­tive dans les vé­hi­cules au­to­nomes, ac­cu­sant Uber d’avoir vio­lé cer­tains de ses bre­vets.

Pour mé­moire, Uber et Lyft sont dans les chiffres rouges. La perte a été de 600 mil­lions de dol­lars pour Lyft en 2016, contre 2,8 mil­liards pour son ri­val.

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