Au­drey Azou­lay, nou­velle di­rec­trice gé­né­rale

Mi­nistre de la Culture sous Fran­çois Hol­lande, son père est le ban­quier et homme po­li­tique An­dré Azou­lay, conseiller de l’ac­tuel roi du Ma­roc comme il l’avait été de son père Has­san II

La Presse (Tunisia) - - LA UNE -

Mi­nistre de la Culture sous Fran­çois Hol­lande, son père est le ban­quier et homme po­li­tique An­dré Azou­lay, conseiller de l’ac­tuel roi du Ma­roc comme il l’avait été de son père Has­san II

AFP — Femme de gauche mar­quée par une en­fance fran­co-ma­ro­caine où les livres abon­daient, spé­cia­liste du ci­né­ma, la Fran­çaise Au­drey Azou­lay, élue hier di­rec­trice gé­né­rale de l’Unes­co, a été mi­nistre so­cia­liste de la Culture en France pen­dant un peu plus d’un an, jus­qu’en mai 2017. Elle avait dé­po­sé sa can­di­da­ture à la tête de l’Or­ga­ni­sa­tion des Na­tions unies pour l’édu­ca­tion, la science et la culture in ex­tre­mis, en mars der­nier, en fai­sant va­loir que «la France était très lé­gi­time sur la culture, l’édu­ca­tion, les sciences». Pen­dant sa cam­pagne, elle s’est plu à ci­ter l’homme d’Etat fran­çais et fi­gure du so­cia­lisme Léon Blum (1872-1950), se­lon le­quel l’Unes­co de­vait être «la conscience des Na­tions unies». Mais elle ne s’était consa­crée en­tiè­re­ment à l’élec­tion à ve­nir pour la di­rec­tion gé­né­rale de l’agence onu­sienne qu’après avoir quit­té son mi­nis­tère, à la suite de la vic­toire à l’élec­tion pré­si­den­tielle d’Em­ma­nuel Ma­cron en mai. Au­drey Azou­lay avait été dé­si­gnée mi­nistre en fé­vrier 2016. Une no­mi­na­tion sur­prise car cette proche du pré­sident d’alors, Fran­çois Hol­lande, était peu connue du grand pu­blic et sans ex­pé­rience po­li­tique. Mme Azou­lay est née le 4 août 1972 à Pa­ris, dans une fa­mille juive ma­ro­caine, ori­gi­naire d’Es­saoui­ra. Son père est le ban­quier et homme po­li­tique An­dré Azou­lay, conseiller de l’ac­tuel roi du Ma­roc comme il l’avait été de son père Has­san II. Sa mère est la femme de lettres Ka­tia Bra­mi. Une fa­mille bai­gnant dans la culture du livre et des dé­bats. Elle peut se tar­guer d’un CV bien rem­pli : an­cienne élève de l’Ecole na­tio­nale d’ad­mi­nis­tra­tion, qui forme les élites fran­çaises, maî­trises de ges­tion à l’uni­ver­si­té Pa­ris Dau­phine et à l’uni­ver­si­té bri­tan­nique de Lan­cas­ter, Sciences-Po à Pa­ris. Elle a tra­vaillé du­rant ses études dans le sec­teur ban­caire, ex­pé­rience qu’elle dit avoir «dé­tes­tée». Elle a en­suite été ma­gis­trate à la Cour des comptes après avoir oc­cu­pé plu­sieurs fonc­tions à la Di­rec­tion des mé­dias du mi­nis­tère de la Culture. Elle est en­trée au Centre na­tio­nal du ci­né­ma (CNC) comme di­rec­trice fi­nan­cière en 2006, avant de de­ve­nir, de 2011 à 2014, la nu­mé­ro deux de cet or­ga­nisme en charge du sys­tème d’aide à la créa­tion ci­né­ma­to­gra­phique.

Ex­cep­tion cultu­relle

«C’est une femme brillante et pas­sion­née, une amie des ar­tistes et de la créa­tion», avait com­men­té en 2014 la pré­si­dente du CNC, Fré­dé­rique Bre­din. «Ce qui m’a construite le plus pro­fes­sion­nel­le­ment, c’est le ci­né­ma», di­sait Au­drey Azou­lay, qui a sans cesse dé­fen­du l’ex­cep­tion cultu­relle fran­çaise face à la puis­sance amé­ri­caine. Pas­sant pour avoir un tem­pé­ra­ment éner­gique et en­joué, elle a été nom­mée en août 2014 conseillère de Fran­çois Hol­lande char­gée de la culture et de la com­mu­ni­ca­tion. Elle a épau­lé le pré­sident sur les dos­siers comme la pro­tec­tion des droits sur In­ter­net, l’ac­com­pa­gnant lors de ses sor­ties cultu­relles. Elle n’au­ra pas­sé que peu de temps au mi­nis­tère de la Culture, fai­sant es­sen­tiel­le­ment cam­pagne pour le bi­lan cultu­rel de M. Hol­lande, réus­sis­sant tou­te­fois à ob­te­nir du chef de l’État une ral­longe de son bud­get en sep­tembre 2016, alors qu’il avait été lar­ge­ment sa­bré les an­nées pré­cé­dentes. A son ar­ri­vée au mi­nis­tère, con­trai­re­ment à Fleur Pel­le­rin, spé­cia­liste du nu­mé­rique qui l’avait pré­cé­dée à ce poste, Au­drey Azou­lay ne sem­blait pas très «connec­tée»: elle n’avait pas de compte of­fi­ciel sur les ré­seaux so­ciaux. Ce­la a été ra­pi­de­ment ré­pa­ré.

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